Une ambiance de « Bidule » au collège Claude-Debussy

A la demande d’Olivier, les élèves ont pu  imaginer ce que serait la ville d’Aulnay-sous-Bois dans 100 ans, sans l’usine PSA, emblématique d’une France industrielle où, hélas, les hommes sont passés sous le joug des robots. La chronique d’une fermeture annoncée du site de fabrication automobile a inspiré cet artiste qui, avec les élèves de la 3ème du collège Claude Debussy, en a  tiré la trame de 4 courts dramatiques  sur ce ton drôle et ce regard  décalé, mais avec la même causticité de ses « Bidules » diffusés sur Canal Plus en 2000.

« Papa Bob »

10 ans plus tard, appliquée à « Papa Bob », un des trois courts métrages  diffusés lors de  la restitution, la recette reste magique avec, en voix off, André Vims, un grand comédien de théâtre : « Bulletin d’info robotisé du 16 septembre 2112, les robots parlent aux robots. Aujourd’hui, est un grand jour de réjouissance électronique. Nous fêtons les 50 ans de la transformation des usines PSA par Bolt Inc. Corporation. En ce temps-là, les robots étaient des domestiques des humains, et étaient bien souvent maltraités. Des créatures de nos mécaniques nous contrôlaient. Heureusement,  l’un d’entr’eux, Robert Bob Barry, un des ingénieurs du PSA, croyait en nous plus qu’en des humains. Dans ses veines coulaient du sang, mais dans son cœur coulait du mercure. Papa Bob, nous t’aimons bien. Sans toi nous ne serions plus rien. Tu es toujours vivant en chacun de nous. C’est toi qui as fait basculer le monde… C’est grâce à toi que nous avons occupé les emplois dont les humains ne voulaient plus et que nous les avons remplacés. Quel bonheur de vivre dans un monde totalement organisé sans émotion….».

Olivier Babinet

Quatre élèves, Aron, Adama, Illal et Ilies y ont travaillé toute l’année sous la direction de l’artiste. Leur tâche a consisté d’abord à imaginer Aulnay-sous-Bois dans 100 ans et de créer une petite histoire.  La même tâche a été confiée aux 3 autres groupes  qui ont imaginé Aulnay en  « China Town »  en « Zombies sous Bois » ou encore Aulnay devenu  « Le Cerveau du monde ». Ce petit dernier film pourrait se lire aussi comme la chronique d’un scandale annoncé du système d’écoutes « sans frontières » élaboré par une puissante  agence américaine de renseignement. Mais dans le film, ce n’est plus les USA qui « écoutent » tout le monde. C’est  plutôt un puissant  émir arabe qui a racheté Microsoft et toutes les données informatiques pour les installer dans l’usine désaffectée de PSA.

L’air du temps

C’est aussi cette façon particulière de flairer l’air du temps, de l’anticiper au besoin, que l’artiste a voulu partager avec ses apprentis cinéastes. D’abord individuelles, ces histoires ont été mises en commun  et soumises à discussion pour aboutir à 4 synopsis  pour 4 groupes. Chaque groupe devait trouver des photos pour illustrer ses histoires. Les élèves ont mis en scène certaines photos et ont pu  fabriquer des décors et des personnages recourant, quand il le fallait, à des images libres de droit disponibles sur internet.. Ils ont pu également  proposer le générique du film avant de travailler sur le montage son et image. Autant dire qu’en une résidence, la fabrication d’un film n’a plus de secret pour ces adolescents qui ont tissé des liens très étroits avec Olivier Babinet. Autodidacte et fidèle à sa philosophie, l’artiste a préféré mettre tout de suite les élèves  dans la pratique plutôt que dans la théorie. « Le cinéma, il faut le faire pour le comprendre » déclarait-il en début d’année. Comme pour dire que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Dans la même veine, il se propose de réaliser un clip sur la  « sonnerie musicalement détournée » servie en acte inaugural  de sa résidence dans ce collège.

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Même si par moment il s’est senti « perdu en cours de route », Olivier Babinet se dit très satisfait du résultat final obtenu avec les élèves. La résidence In Situ lui a permis de prendre un bain de jouvence. « J’ai l’impression d’avoir rechargé les batteries pour plusieurs projets » affirme t-il. C’était important de capter au maximum leurs idées au vol, d’en faire des liens. Mais aussi de mesurer leurs angoisses, leurs incertitudes et leurs préjugés face à l’inconnu.  Comme pour « China Town », les élèves appréhendaient d’aborder le vendeur  chinois du magasin Paris Store, croyant qu’il était forcément méchant, parce que « trop réservé ». Mais ils ont été surpris par sa gentillesse en l’abordant et en lui demandant de prendre de photos de son magasin. Ils arrivaient toutes les semaines avec leurs clés USB chargées de nouvelles photos et allaient travailler dans l’atelier d’Olivier pour sélectionner les meilleures susceptibles de figurer dans le film. Avec Sarah Logereau, la professeure de français, Olivier les a  encouragés  à regarder quelques films pour trouver l’inspiration de l’écriture. A partir de ce moment, les inquiétudes ont laissé place à l’espoir et la résidence a réellement pris corps. Des ateliers d’écriture ont succédé à des séances de lecture de récits, avant que les élèves ne partent à la recherche des photos. Une démarche totalement pragmatique qui  les a séduits et même suscité des vocations.

Léon KHAROMON

                                    «  In situ, c’est du cousu-main. »

Dominique BOURZEIX est le responsable de la mission la Culture et l’Art au collège. Il nous livre ses impressions sur la résidence In Situ qui s’achève et les perspectives pour 2013-2014. Interview.             

       Nous voici  au terme de l’édition In Situ 2012-2013, quelles sont vos impressions ?

La restitution nous donne l’occasion de prendre la mesure de  la richesse de ce qui s’est passé. La générosité dont ont fait preuve les artistes, les professeurs ; la confiance des élèves…c’est ce qui nous donne envie de recommencer encore. Jusqu’à présent, on a jamais eu l’impression que ça tournait en rond où qu’on touchait aux limites de quelque chose.

L’aventure In situ pouvait paraître au début  de l’année comme une sorte de hors-piste. Avez-vous  eu, à un moment donné, une appréhension particulière  par rapport aux objectifs fixés ?

En fait ça dépend des résidences. On doit être dans une relation de confiance absolue vis-à-vis des artistes et vis-à-vis des collèges. En tous cas, si ce n’est du hors-piste,  je dirais plutôt c’est du cousu-main. Chaque fois il faut vraiment construire un cadre particulier qui va permettre au projet artistique de nos invités de pouvoir s’épanouir et donner sa pleine mesure. On sait par exemple que pour le cinéma, comme le disait Olivier, on ne va pas être  sur  le même que celui d’une création théâtrale ou dans d’autres formes d’arts, comme la photographie par exemple. Pour celle-ci, on a la possibilité dans l’espace d’une année, de partager un processus de création « complet ». Le cinéma, c’est un temps beaucoup plus long. Donc, là, on savait que c’était un temps de poursuite et de développement du scénario d’Olivier. En effet, il n’a pas été au-delà, mais c’était quelque chose qui était déjà identifié. Après surgissent des idées nouvelles. Comme la réalisation d’un clip de la semaine prochaine. Mais aussi ces travaux d’élèves qui n’étaient pas forcément envisagés sous la forme de très courts métrages et se présentent comme une forme intéressante. Parce que ça fait écho à des travaux précédents d’Olivier quand il était réalisateur d’une série qui s’appelle « Le Bidule » sur Canal Plus. Ce travail là , dix années après, tout d’un coups, c’est comme une belle référence à quelque chose qui a eu beaucoup de succès à une époque.

Peut -on dire que les objectifs ont été atteints dans toutes les résidences ?

Les objectifs, quels sont-ils en fait ? Ce n’est pas de respecter à la lettre un cahier des charges, par ailleurs nécessaire à la bonne avancée des projets. C’est d’avoir posé une ambition. On s’est dit que personne ne s’économiserait. Et que chacun irait chercher là où il n’a pas encore été pour essayer de faire de cette année- là une succession de moments singuliers. En cela, chacune des résidences est une réussite, même celles qui ont pu paraître parfois flottantes. Les artistes ont droit à l’hésitation, à ne pas toujours savoir où ils vont. C’est une chose qu’on s’autorise dans In Situ. Sinon, ce n’est pas la peine d’aller inviter des artistes.

Pour l’année prochaine, les choses se mettent-elles déjà en place ?

Oui, tous nos artistes sont choisis et il y a de belles propositions. J’en ai une en tête, comme le groupe Mendelson qui va faire une belle résidence. Nous en sommes à l’étape suivante qui est de prendre contact avec les collèges pour leur proposer de participer au dispositif.

Propos recueillis par Léon KHAROMON

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Du design grand public au collège Jean-Moulin

La classe idéale, c’était un rêve tout  droit sorti de l’imagination de Pierre Brichet et Caroline Ziegler avec les élèves de la section Segpa du collège Jean-Moulin à Montreuil. A ce jour, c’est devenu une réalité. A en juger par la qualité d’une partie du mobilier prototypé et exposé à la restitution de la résidence In Situ. La photo 3D produite avec un réalisme saisissant nous projette dans une vision à la fois futuriste et pratique de la salle de classe.

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Ils ont tenu compte de la faisabilité des pièces en recourant aux matériaux  couramment utilisés  en milieu scolaire pour en faciliter une éventuelle  fabrication en série. Telle cette table d’élève dont toute la structure est en acier laqué. C’est le dessin qui a changé avec quelques détails et accessoires  ajoutés. Les élèves ont demandé d’avoir une tablette pour y ranger des feuilles et autre matériel scolaire. Il y a aussi cette barre sur le dossier de la chaise afin d’y accrocher son cartable, un peu comme au bon vieux temps, mais avec le design en plus. Son plateau est en bois stratifié avec un sous-main en linoléum, un matériau qui  permet d’avoir une surface caoutchouteuse. Ce qui la rend plus agréable quand on écrit à la main et peut faire tapis de souris, puisque la table peut servir de bureau  pour l’ordinateur.

La chaise est également en acier laqué, avec l’assise et le dossier en bois. Du bois massif pour ces pièces uniques, mais qui devrait être remplacé par des contreplaqués beaucoup plus souples et moins coûteux pour une éventuelle fabrication en série. Sur le côté gauche de la salle, un large panneau d’affichage recouvert de tissu surplombe le mur en y apportant gaieté  et convivialité par ses couleurs vives.  Ce panneau mural est en textile acoustique garni d’une mousse qui permet d’absorber le bruit ambiant de la salle de classe. Sa surface en  mousse  permet aussi de faire de l’affichage et de punaiser divers documents. On y trouve aussi des étagères en bois laqué qui permettent d’y déposer des objets. Les élèves ont poussé l’imagination encore plus loin, en demandant à Pierre et Caroline d’y ajouter une horloge. Oui, la bonne vieille horloge de l’époque où le téléphone portable ne faisait pas encore office de montre. C’est drôle que ce soit cette génération amoureuse de gadgets technologiques dernier cri qui ait pensé cet instrument de mesure de temps. Et pour cause : Ils ne peuvent tout simplement pas allumer leurs mobiles en salle de classe. En découvrant cette horloge sur ce panneau, d’aucuns ont cru que c’était juste une fantaisie. Que non. «On a brodé l’horloge  sur du textile. L’ensemble est tendu sur une carcasse en bois très léger. C’est creux à l’arrière et ça fonctionne pour de vrai avec un mécanisme incorporé » nous relate Caroline.

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Fini le bazar

Pour le bureau du prof, non encore prototypé, le plateau et le pied seront  en bois, une tablette en taule laqué permettra de ranger des choses, comme par exemple, un ordinateur. … Une sorte d’habillage à l’avant, également en textile et en mousse apporte un aspect confortable et garantit un espace personnel au prof.

C’est une table haute comme un pupitre qui maintient le prof en station à moitié debout pour plus de souplesse et de mobilité. . La chaise est adaptée en étant un peu plus haute pour bien surveiller en même temps la classe. Les designers ont aussi réduit la taille du bureau du prof, souvent assez imposant alors qu’il ne s’en sert pas énormément.

Il en sera ainsi  pour le meuble de rangement, «on a réduit la taille en concertation avec les profs qui ont reconnu que c’est souvent beaucoup de bazar qui n’a pas été trié » affirme Pierre.  Ils ont réduit  la quantité de rangement possible. « On est un peu sur un format secrétaire avec un gros caisson qui se ferme à clef et dans lequel ils peuvent ranger le matériel. Dedans, il y a des étagères ouvertes  dans lesquelles le prof peut ranger des bouquins, le petit matériel et des outils ».A l’instar d’autres objets, le meuble de rangement sera habillé de tissus sur une structure métallique comme la table.

Touche de douceur

Quant aux lumières, elles n’ont pas été redessinées, mais les designers y ont apporté une touche de douceur et de modernité avec des ajouts très simples en papier blanc, plus agréable à l’œil. « Au-dessus du tableau on vient casser un peu la réverbération du fluo avec des lamelles qui du coup flottent un peu au grès du courant d’air.  Sur le plafonnier on a mis juste une feuille  en dessous qui permet de ne pas avoir la lumière dans les yeux. » explique Caroline. Pierre est content qu’ensemble avec les élèves, ils aient pu mener ce projet à bout. « C’est un challenge qui prouve qu’ensemble avec les élèves  on peut arriver à faire des choses. Le projet est bien fini.» se réjouit-il. A présent se pose la question de la fabrication en série de ce mobilier. Un chiffrage est en cours pour mesurer la faisabilité d’une production, en lien avec le fabricant de mobilier scolaire qui a déjà réalisé les premiers prototypes  aujourd’hui exposés. « Dans tous les cas, ça prouve que le projet a une existence possible ». affirme Pierre.  Aux Designers Days, ce meuble a reçu un superbe accueil, y compris chez des particuliers qui voulaient avoir cette chaise dans leur cuisine.

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Comment va s’appeler cette ligne de mobilier scolaire ? Pierre reconnait qu’avec les élèves, ils n’ont pas trouvé un compromis sur l’appellation. Il aurait pourtant aimé que ça s’appelle « Michto », qui signifie « joli », en roumain, un mot qu’il entendait souvent  les élèves prononcer.  C’est dans cet esprit de collégialité que s’est déroulé la résidence In Situ du Studio Brichet au collège Jean-Moulin. Des difficultés rencontrées ? Pierre préfère plutôt parler de leur propre remise en question par rapport aux élèves : «On imaginait les faire dessiner facilement du mobilier, mais on s’est rendu compte que c’était très compliqué. Du coup, on a réévalué les choses. Et on a mis en forme plutôt leurs envies ».

Léon Kharomon

Ils ont dit

Michel Houy : (Professeur d’habitat).

« Je les ai accompagnés dans la mise en forme du dessin, par rapport à des plans sur papier qu’il faut retranscrire sur du bois, qu’il faut découper, mettre ensemble et coller. Ce qui m’intéresse le plus, c’est montrer le savoir-faire, montrer le geste évident qui au départ ne l’est pas. Pour moi, le premier outil, c’est la main, à laquelle on rajoute plein d’autres outils pour façonner différentes autres matières »

Mme Cassety ( PLP en alimentation , hygiène et service ) 

« Il y a eu une relation affective très forte, ça c’est très positif. Pierre et Caroline ont réussi à être de vrais enseignants, de vrais accompagnateurs, pour partager le projet. Ils n’ont rien imposé. Qu’on ne nous propose plus des heures fixes , avec un nombre d’heures définies où on est obligés de travailler à des rythmes qui ne sont pas adaptés forcément au rythme des élèves. Qu’on soit plus ouverts, comme In Situ, avec cette liberté dans la gestion du temps ».

Léon Kharomon 

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Festival de lignes et de couleurs à Gabriel Péri

Anne-Flore Cabanis nous en a mis plein la vue ! Quel que soit le point de vue d’où l’on regarde, l’exposition de l’artiste avec les élèves au collège Gabriel Péri en impose.

Dès qu’on franchit le seuil de l’établissement, on marche sur le terrain de basket pavé des lignes  multicolores obtenues grâce à un subtil collage de plastiques en couleurs dont elle a le secret. Ces lignes qui s’entrecroisent visuellement sans se mêler réellement, se profilent  dans un flux qui semble se perdre pour, aussitôt, ressurgir dans un faisceau géant en partant du préau jusqu’au toit de l’établissement. Plus de 15 mètres d’architecture «relooké » par un art à la fois visuel et très conceptuel. C’est le bouquet final d’un ensemble de projets lancés un matin d’hiver dans le cadre de la résidence In Situ. L’idée trottait dans sa tête pendant plusieurs mois. Quand elle venait dans cette cour, elle regardait les élèves évoluer dans cet espace, cette architecture et ses volumes qu’elle trouve « très beaux ». Elle a voulu créer un croisement visuel, alors qu’en réalité ce sont des lignes qui ne se croisent pas. Deux lignes parallèles qui partent du préau et qui vont s’accrocher ensuite en se vrillant aux toits de l’école

Anne-Flore

A l’origine, elle avait un autre projet encore plus spectaculaire : Obtenir un dessin avec des hachures, des croix et de petits symboles représentatifs de différentes zones et des différents territoires que chacun apporte dans cette école. Mais dame pluie en a décidé autrement. En tombant deux semaines d’affilée, elle n’a laissé aucune chance à l’esquisse du collage d’aboutir. Qu’à cela ne tienne. L’installation présente n’est pas moins originale qu’elle l’aurait souhaité. Anne-Flore est méticuleuse dans son travail et assume ce côté perfectionniste qui nécessite rigueur et persévérance. A l’instar de ces lignes continues, millimétrées, dessinées sans relâches et qui débouchent sur un tableau harmonieux. Avec les élèves, elle s’était fixé comme objectif entre autres de leur montrer comment, d’une idée, on peut aboutir à une grande installation en les sensibilisant sur les contraintes techniques et esthétiques. Dans la salle de techno-une des quatre choisies pour abriter l’installation-il fallait s’assurer auprès du service technique du collège que le plafond pouvait soutenir le poids de l’installation. Si celle-ci ne gênait pas l’éclairage, le tableau, les dispositifs de sécurité, etc… Dedans, les élastiques multicolores donnent l’impression d’un nouveau faux plafond, tellement c’est dense.

Elastiques sonores

Dans son atelier, on découvre le processus de la création. Des maquettes à l’installation, en passant par le coloriage des élastiques et à la simulation en 3D. Le clou de la visite restera sans doute la découverte des « élastiques qui parlent » au CDI. Ici, le son s’ajoute au plastique. L’esthétique joint subtilement l’utile à l’agréable. Grâce à un procédé de captation,  un logiciel se charge de transformer les vibrations des élastiques en séquences sonores. C’est Nicolas Charbonnier, un plasticien sonore qui a apporté sa touche technique à l’œuvre d’Anne-Flore et des élèves.

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Ces derniers sont surpris et ravis d’entendre leurs voix à travers des poèmes sur le voyage, enregistrés en cours de français. Quand on tire un élastique vers le bas, le logiciel de design sonore modifie le son des élastiques en temps réel. Ainsi peut-on restituer tout l’univers du collège avec les sons de la cour, la sonnerie de l’école, de petites voix de temps en temps qui apparaissent avec des noms de pays figurant dans leurs poèmes. Madame Athéna David, la Chef d’établissement s’est dit ravie d’accueillir cette résidence en remerciant le Conseil général de la Seine-Saint Denis, le 104, la structure culturelle  partenaire du projet ainsi que toutes les équipes pédagogiques, notamment Samira Horri, la professeur d’Arts Plastiques. « Je pense que nos élèves ont beaucoup de chance, même s’ils n’apprécient pas tout à sa juste valeur, l’éducation nationale étant un milieu très fermé »  a-t-elle affirmé.

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Au carrefour de plusieurs disciplines, l’art d’Anne Flore Cabanis a permis aux élèves de comprendre les interactions entre le dessin, les mathématiques, la peinture, la conception en 3D, la musique, la littérature, etc… . « J’espère ouvrir avec eux un nouveau champ de possibles » avait t-elle promis au début de la résidence. Mission accomplie.

Léon Kharomon

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Regards Croisés

L’adolescence, « la plus délicate des transitions » disait Victor Hugo, n’est pas facile à saisir. Tant elle est fugace. Pourtant, c’est ce pari que la photographe et écrivain Sandrine Roudeix  s’est lancé tout au long de cette année dans sa résidence artistique In Situ. En scrutant l’identité de ces ados, filles et garçons de la quatrième B du  collège Pierre Sémard à Bobigny, elle leur a permis de se faire une idée, presque en temps réel, de changements  subis sur le plan physique et mental l’espace d’une année scolaire.De cette expérience, quelle image tirent-ils d’eux-mêmes, de leurs collègues filles et garçons, des adultes et quelle image leur  renvoient-ils ces trois catégories ? Il ressort de ces interrogations une exposition intitulée « Regards Croisés » qui dévoile un pan de leur identité- parfois à la grande surprise d’eux-mêmes,-dans un tableau où les marqueurs laissent encore cette impression d’inachevé, tout en révélant des caractères parfois trempés que seul le temps pourrait confirmer ou démentir.

Sandrine Roudeix

Dans tous les cas, le challenge de cette résidence consistait à saisir ces instants improbables de l’adolescence où l’on cherche à comprendre son identité à travers sa propre expérience, mais aussi à travers le regard de l’autre et ce qu’il vous renvoie de positif ou de négatif.   Chaque panneau raconte une histoire sur l’adolescent, celle de quatrième. Ici, c’est Merveille au début de l’année, souriant, heureux, l’air de dire que tout va bien. Quelques mois après,  il a des  gros ennuis de santé qui font qu’il s’absente beaucoup. « Je n’étais même pas sûre de l’inclure dans l’exposition » affirme Sandrine.  Au final, cela donne un regard dur, et légèrement en biais. Ça raconte quelque chose de sa vie. Dans le texte, il dit que son plus grand défaut c’est qu’il n’en a pas.  Quand on lui demande  quelle est sa plus grande réussite,  « c’est d’avoir emmerdé le monde ». C’est certes de l’humour, mais qui révèle en même temps les moments difficiles traversés  il y a quelques mois. Les panneaux montrent aussi les transformations physiques de chaque élève au courant de l’année. Au début, tous ont encore le visage poupin. Mais au fil de l’an, on voit leur visage s’affirmer et devenir plus adulte. Pour certains élèves, la photographie leur a permis de se révéler.

Pour y parvenir, Sandrine a travaillé avec un comédien professionnel et  un ethnologue. Chacun apportant dans son domaine respectif l’éclairage nécessaire à la compréhension de l’identité. 

Questionnaire de Proust

Il reste qu’une image peut à la fois dire quelque chose et son contraire.Tout comme elle peut être polysémique. C’est pourquoi, chaque panneau est surmonté d’un texte où les regards croisés des élèves  tiennent lieu de commentaires réciproques. « Je pense que l’image prend beaucoup de sens avec le texte », reconnaît Sandrine. « En répondant au questionnaire de Proust, ils ont pu mettre en exergue leurs qualités et leurs défauts et d’en prendre conscience. c’est un marqueur à un moment donné de leur vie. ».

Tanu était au départ plutôt timide, et petit à petit, il a sympathisé  avec les « rouleurs de mécanique, les durs de la classe ». On voit qu’il pose avec assurance vers la fin de la résidence. C’est pareil pour Brandon qui s’est étoffé et a pris des muscles et des épaules. Mais comme souvent, les apparences sont trompeuses et contrastent avec ce que les élèves pensent d’eux-mêmes. Comme cet élève, avec son  allure assez agressive, mais qui

aimerait  être un chat « par ce qu’il ne fait pas de bruit ». On aimerait savoir pourquoi. Mais il n’en dira pas plus. Sans doute pour préserver son intimité et garder une part d’ombre  qui fait le charme de l’adolescence. Cette liberté de ton explique l’atmosphère dans laquelle se sont déroulés les séances photo.

Sandrine Roudeix

 

« Moi, j’ai fait qu’un quart de boulot, le reste, c’est eux qui ont décidé des endroits, de la pose, etc… », explique Sandrine.

Je les ai aidés à devenir eux-mêmes. Qu’ils se posent des questions  sur leurs métiers, dans la façon de se présenter aux autres, dans leurs rapports entre copains et copines, dans la famille. Tout ce questionnement qui fait qu’on se sent mieux une fois qu’on y a répondu ».

Malgré un début de résidence  assez difficile avec  le « baptême de feu » de la séance inaugurale, Sandrine a pu mener son projet à bon port parce qu’elle ne se faisait pas de préjugés sur la banlieue. Mère d’un ado, elle avoue que son enfant l’aidait parfois à décoder certains langages propres à cette tranche d’âge. Aujourd’hui, elle avoue s’être réconciliée et avec la question de l’identité.

Cette expérience lui a apporté une ouverture de manière tout à fait hasardeuse. Les Editions  Gallimard lui ont proposé d’écrire pour 2014 un recueil sur la manière de résoudre les questions de la paix en lui donnant libre choix du sujet. « J’ai donc choisi la banlieue et les nouvelles sur Bobigny. Donc, pour moi, la boucle est bien bouclée ».

Léon Kharomon.

 

Ils ont dit :

Kelly Dumont, 4è B : « j’ai changé de visage par rapport au début de l’année. Là, je trouve que j’ai évolué, je suis plus mature dans ma façon de m’habiller. je me suis rendue compte que je pouvais cacher certaines faiblesses derrière la photo. La photographie m’a permis de découvrir ma personnalité »

 Romane, 4è B : « je ne suis pas boudeuse, je ne sais pas pourquoi elle a mis ça. M’enfin, je boude un tout petit peu, comme tout le monde . Au début de l’année, je n’étais pas en confiance  parce que je venais de la rencontrer.  Mon trait de caractère dominant, c’est l’impatience, j’aime pas attendre, ça me stresse »

 Tanu, 4è B : « Entre les photos du début de l’année et celles de la fin, je trouve que j’ai grandi et j’ai un peu blanchi.  Sur trois photos, je souris. Ça montre que j’ai de l’humour ».

Sandrine Roudeix

Eric Metzdorff, Principal du Collège Pierre Sémard : « Les élèves ont pris une certaine maturité en posant devant l’objectif et en prenant des photos  d’eux-mêmes et de leurs collègues.  C’est une expérience qui soude la classe et crée des liens ; ça les fait réfléchir sur leurs personnalités, l’identité et l’évolution qu’ils ont. »

Aurélie Frébault, bibliothécaire, secteur adultes, à la bibliothèque  Elsa Triolet. « Dans notre bibliothèque, les ados viennent plus pour travailler ou réviser les examens, emprunter des livres. C’est un public qui fait vivre la bibliothèque, vers lequel on est tournés et dont on prend soin »

La Maman de Romane : « On est venu en petit comité parce que Romane ne voulait que papa, maman et Mélian, son petit frère.  Mais au regard de la qualité de l’exposition on se dit du coup, dans le mois, on va venir avec la Grand-mère, tonton, tata, etc.. ».

Propos recueillis par Léon Kharomon.

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Symphonie des sons et des couleurs

Après avoir familiarisé les élèves  avec son langage et son expression graphique,  Anne Flore Cabanis a pu amorcer la dernière phase de son projet : l’installation.  L’expérience des mini-maquettes en boites à chaussures aura permis aux élèves d’expérimenter  leurs propres propositions de tensions et de mises en volume des lignes qu’ils ont décorées.  La salle de techno, l’atelier d’Anne Flore, la salle de musique, et la salle d’arts plastiques serviront ainsi de salles d’installation.

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Procédure

Pour ce faire, ils ont relevé les mesures de chaque local et ont cherché la bonne conversion pour en faire un plan à l’échelle de chaque salle. Pour construire  les maquettes sur des grandes feuilles de carton, ils ont multiplié le plan par deux.  Puis, avec une feuille de calque sur le plan, on leur a fait dessiner une proposition de mise en 3D de lignes, en s’imaginant dessiner leurs boites de chaussures vues du dessus. La dernière étape a consisté à la réalisation dans la maquette du dessin réalisé sur calque.  Les propositions des élèves devraient  s’adapter à différentes contraintes, notamment  celle d’utilisation de la salle. Ne pas gêner le bon déroulement des cours dans les salles choisies pour l’installation. Mais aussi tenir compte des contraintes techniques.

A titre d’exemple, ne pas mettre d’accroches sur les vitres de fenêtres, ou encore sur les plafonds dont la paroi n’est pas solide. Tenir compte des dispositifs de sécurité, ne pas gêner les détecteurs de fumée ou les espaces minimum d’évacuation… Bref, savoir adapter son travail à la configuration de la salle. Avant de passer à la réalisation de l’installation, les élèves ont dû mélanger des pigments avec de l’acrylique pour colorier les élastiques.

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Des pistes sonores

Ils vont coller des capteurs de mouvement sur les élastiques. Une fois touchées, ces dernières créent un évènement sonore.  Chaque capteur est donc relié à un élastique qui lui transmet une information. Celle-ci est ensuite transmise par un câble USB à l’ordinateur. A ce niveau,  un logiciel permet de transmettre les variations de paramètres plus au moins forts en actions. C’est Nicolas Charbonier, un plasticien sonore qui va s’occuper de cet aspect technologique. Ce logiciel ne produit pas que du son à partir de variations de paramètres. Il peut produire des mots, des bruits, etc… Les élèves ont écrit un poème en cours de français que le prof de musique  a enregistré.  Anne Flore va se servir de ce son et de ces mots pour  les insérer dans des pistes sonores. Ils vont donc retrouver leurs mots modifiés par les mouvements élastiques. Il est prévu aussi des enregistrements des univers sonores du collège tels que la sonnerie, les bruits de tables, de chaises, et pourquoi pas ceux de la cantine. C’est ce dispositif qui servira d’installation à la fête de l’école le 15 juin.

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Léon Kharomon

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Modèles réduits pour grande installation

Dans l’atelier d’Anne Flore Cabanis, les élèves s’affairent autour des boites à chaussures.  L’atmosphère quasi ludique n’enlève en rien au sérieux qu’ils mettent  à croiser et entrecroiser des fils  pour obtenir des figures dessinées au préalable. Ace stade, ils ont compris le principe du travail et saisi  les contours du projet  développé par l’artiste : mettre en œuvre le processus de réalisation d’une création. Il s’agit en fait de faire comprendre que toute  œuvre artistique est le fruit de l’imagination à laquelle s’associent des principes techniques très stricts. On part d’une idée, on la dessine telle qu’on l’imagine. S’ensuit une esquisse, avant  la réalisation grandeur nature.

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D’où l’idée de fabriquer ces mini-maquettes en boites à chaussures ramenées par les élèves eux-mêmes. « On a fait du dessin purement graphique à la façon de l’Optic’art. De sorte qu’ils comprennent un peu mes démarches en dessins, très répétitifs, presque obsessionnels.  Ils se sont prêtés au jeu et cela a donné des choses vraiment chouettes » se réjouit Anne Flore. L’artiste reconnait le caractère très conceptuel de son art. Ceci nécessite à la fois introspection  mais aussi projection dans le réel pour aboutir à une installation concrète. Ce double exercice n’a pas toujours été  facilement compris par des élèves qui se sont sans doute laissé emporter par le côté un peu ludique du projet. Tels ces tracés multicolores installés au début de l’année dans le hall de leur bâtiment et qu’ils se sont vite appropriés comme espace de récréation. Mais la partie conceptuelle, qui nécessite concentration, imagination et discipline n’était pas aussi drôle qu’ils pouvaient l’imaginer. Ils commençaient à décrocher, n’eut été le recadrage de Anne-Flore, aidée par Samira Horri, leur professeure d’Arts Plastiques.  Depuis, tout est rentré dans l’ordre. A en juger par l’enthousiasme de  Mohamed Kaba, 5ème B : «Cet atelier me plait par ce que ces maquettes sont virtuelles. On s’imagine tout petit dans une salle avec des fils colorés tout autour de nous. Ma maquette servira pour la salle de techno.  Je me rends compte que c’était pas aussi difficile de prendre les mesures, il fallait juste écouter la professeure ».

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Aussi, chaque élève s’est- il appliqué  à réaliser la plus belle maquette qui devrait remporter les suffrages du groupe. A l’issue du vote, quatre maquettes  sélectionnées vont  servir de modèles pour l’installation d’élastiques dans les quatre salles, à savoir : l’atelier d’Anne-Flore, la salle d’Arts Plastiques, la salle de musique, et la salle de technologie. Les maquettes ne sont pas encore totalement terminées à ce stade. Il manque des fils par ci par là. Anne Flore les leur donne. Elle leur demande d’y mettre tout le soin possible. C’est la meilleure du groupe qui sera retenue pour servir d’expo. « Activez-vous, si vous voulez prendre de l’avance, c’est maintenant »

Léon Kharomon

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La Cité de la musique sous le charme des Joliot-Curie

Restitution de la résidence in situ

Jeudi 23 mai,  17h30. Quelques jeunes filles de la classe de référence attendent patiemment l’arrivée de leurs collègues pour le concert de ce soir. Dix minutes après, les garçons arrivent, la plupart sur leurs trottinettes. Plus que trente minutes les séparent de l’heure de vérité, celle à laquelle, ensemble, ils vont restituer, devant le public, dont leurs parents, le travail de longue haleine abattu durant toute l’année scolaire avec les Dissonances.  8 mois de labeur pour apprendre les rudiments de la musique. Comment tenir un instrument de musique, en prendre soin chez soi à la maison,  gratter quelques notes, apprivoiser l’archer, et s’imposer la discipline et la rigueur nécessaires pour s’imprégner l’esprit d’équipe indispensable à un orchestre. En début d’année, ils étaient venus en spectateurs ici, à la Cité de la musique. Pour la plupart, c’était la première fois qu’ils assistaient à un concert de musique classique. L’ennui se lisait quelque peu sur leurs visages.  Au fil du temps, avec l’aide du violoniste Alain Martinez et de son complice Benoît Faucher, les élèves ont pris goût  à ce genre de musique un peu inhabituel à leur playlist. Mais, ça, c’’était il y a 8 mois.  Ce soir, ils ne sont pas venus en spectateurs. Ce sont eux les acteurs de la soirée. Des petits musiciens en herbe qui prennent très au sérieux le rôle que chacun va devoir jouer dans quelques instants.  L’exercice sera d’autant plus délicat qu’ils vont jouer dans le hall, avec ce que cela comporte comme résonnance sonore. Il faudra faire avec. Comme dans la vie, ce sont des aléas qu’il faut savoir surmonter. Dans les coulisses, ils troquent leurs habits contre des tee-shirts noirs frappés du logo de la Cité de la musique. Ils essayent de surmonter le stress comme ils peuvent. En se lançant mutuellement des vannes. Mais, très vite, le calme reprend le dessus. Dans la salle, plus précisément dans le hall, les invités ont pris place. Il est 19h. On peut y aller.

La première symphonie de Gustave Mahler, jouée sur un ostinato, une sorte de procession d’élèves violonistes, ouvre le concert. Pendant ce temps, les violoncellistes  attendent dans le hall. Une fois les deux groupes réunis dans le lieu, ils enchaînent avec le même morceau, mais au troisième mouvement, sur le thème de « Frères Jacques » en mineur. C’est avec ce thème qu’ils ont débuté les ateliers de la résidence. Ce thème peut se jouer en canon et s’avère très riche dans sa construction.

Il y aura aussi un peu de polyphonie ainsi que des pizzicato, une façon particulière de jouer du violon en pinçant les cordes, avec ou sans l’archer …. Voilà pour l’entrée sur scène. Pour le plat consistant, les « Joliot-Curie » vont jouent  3 morceaux : Deux symphonies, dont une de Mahler, suivie de celle de Georges Frederique  Hendel. Celle-ci est une sarabande, sorte de danse de la Renaissance, qui  aura plutôt servi de thème de variation. S’ensuit après un rythme corporel  (Body clapping) sur une variation de Frank Bridje pour  permettre aux élèves de créer du rythme en frappant juste leurs corps. Ainsi ont-ils pu terminer leur spectacle sur un air irlandais avec quelques musiciens professionnels des Dissonances venus les rejoindre sur scène à la fin de cette programmation musicale à vocation essentiellement pédagogique. Le but était de montrer au public l’évolution des élèves depuis le  début de l’année. Au bout de 20 minutes de prestation, à en juger par les applaudissements, on peut dire que le public est tombé sous le charme.

Léon Kharomon

Ils ont dit :

 

« L’association d’une institution culturelle comme la Cité de la musique à  l’ensemble musical qu’est Les Dissonances, en lien avec les élus politiques du Conseil général et le collège a réellement produit un travail collectif autour de l’art et la culture. Chacun trouve sa place et joue un rôle complémentaire dans ce projet. La Cité a permis aux enfants de découvrir le milieu de l’orchestre à travers des ateliers pratiques, des répétions, des sorties et des concerts éducatifs. C’est la première fois qu’on implantait un ensemble musical au sein d’un établissement. Et c’est quelque chose qu’on a envie de renouveler parce qu’on trouve que c’est extrêmement complémentaire avec l’aspect pratique. La Cité de la musique a la volonté de travailler la saison prochaine avec le collège Joliot-Curie dans le cadre d’un autre projet pédagogique axé sur la pratique vocale et instrumentale. Concrètement, un projet de comédie musicale autour des Misérables de Victor Hugo. Il y a un lien de proximité qu’on doit tisser avec ce collège. On a envie que les enfants et leurs parents viennent régulièrement découvrir ce qu’est la musique ». Julie David, Responsable de concerts éducatifs à la Cité de la musique.

« L’effet est absolument incroyable, au-delà de la production qu’ils ont pu nous montrer ce soir. On est ravi de ce projet qui a eu des effets sur leur scolarité » Mme  Vandard, Principale du collège Joliot-Curie.

« Ce soir, c’est le grand jour. Cela a été un travail de longue haleine. La résidence a permis une ouverture culturelle chez les élèves. Ils ont pu rencontrer plein de musiciens d’horizons différents et qui avaient chacun une histoire particulière. Ils ont vécu de l’intérieur un milieu professionnel. Ce soir, ce sont eux les professionnels. La force de la résidence In situ, c’est le contact entre les élèves et les artistes et la fréquence de ces contacts. On y développe un projet à grande échelle, que nous encadreurs, pouvons suivre. On a retrouvé une cohésion très forte entre les élèves à travers ce projet. On a été vraiment dans le domaine de l’art. J’en suis fier, car c’était un grand honneur pour moi de porter ce projet ». Anne Thunière, Professeure d’éducation musicale.

«  C’était vraiment super. C’est presque la fin de l’aventure. Mais pas totalement. On sera là encore avec les élèves le 21 juin pour la restitution des ateliers organisés par la Cité de la Musique ». Alain Martinez, musicien.

« J’ai l’impression de sortir d’un music-hall, je suis ravi. Les élèves ont très bien travaillé. Il y a avait certes une petite appréhension avant, pour les élèves et pour nous, à savoir si les choses apprises durant l’année allaient être bien rendues. C’était une des meilleures fois que je les voyais aussi concentrés. Pour la suite, on verra si il y en a qui veulent plus tard continuer au conservatoire. On a encore un petit mois où on pourra parler avec eux ». Benoit Faucher, musicien.

« Il y a eu beaucoup de travail de fait. Une belle évolution par rapport au début. C’est impressionnant, la différence avec le début. A la maison, au début, c’était dur pour les oreilles. Et puis, ça s’est amélioré au fur et à mesure. J’espère que pour ma fille, elle aura peut-être envie de continuer ». Parent d’élève.

« J’avais un petit aperçu durant l’année, et là je suis venue pour la finale. Je viens de passer un moment très agréable. C’était un peu difficile au début, mais on s’est vite apprivoisés, parce que j’aime bien la musique classique que j’écoute tous les soirs d’ailleurs. C’est une musique reposante. Si ma fille veut devenir musicienne, je vais l’encourager dans ce sens ». Parent d’élève

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Sur leurs trottinettes, les élèves arrivent à la Cité de la Musique ( Crédit Photo/ Léon Kharomon)

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Dans les coulisses, on se détend comme on peut pour surmonter le trac ( Crédit photo /Léon Kharomon)

Entrée sur scène des « artistes » sur un Ostinato de Gustave Mahler ( Crédit Photo /Léon Kharomon)

Entrée sur scène des « artistes » sur un Ostinato de Gustave Mahler ( Crédit Photo /Léon Kharomon)

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La classe de référence veut en savoir plus

Après avoir raconté son parcours et expliqué démonstration à l’appui, toute la richesse et la subtilité du violon, son instrument de prédilection, David Grimal a bien voulu répondre aux questions des élèves.

Comment travaillez-vous avec les  « Les Dissonances ?

Avec les Dissonances, vous le savez, il n’y a pas à proprement parler de chef d’orchestre, c’est-à-dire quelqu’un qui serait là pour battre de la musique. Donc, cela nécessite beaucoup de concentration. Dans ce groupe, on essaye de travailler sans trop se préoccuper de la hiérarchie. Ce système offre certes de  la liberté  aux musiciens, mais exige de chacun d’eux beaucoup de responsabilité en même temps. En fait, à l’époque de Bach, la musique se jouait sans chef. A ce jour, Les Dissonances sont le seul groupe sans chef.

Pourquoi avoir choisi d’appeler votre groupe  « Les  Dissonances »  alors que Dissonance peut aussi dire « discordance, manque d’harmonie ?

Je l’ai appelé « Les Dissonances », simplement parce que le métier de la musique classique tel qu’il se pratique ne me plait pas beaucoup. J’ai voulu créer quelque chose de différent. C’est Dissonances par ce que ça ne rentre pas en résonnance avec ce qui existe. C’est différent. On a commencé en petit groupe de vingt ou vingt-cinq musiciens, jouant des symphonies de Mozart. Je connaissais plein de musiciens.

Comment devient-on membre des Dissonances ?

On ne fait pas, comme pour les autres orchestres, des auditions ou des concours d’entrée. Aujourd’hui, c’est trop difficile d’intégrer un orchestre. Pour une audition, vous pouvez vous retrouver avec 200 musiciens qui savent tous bien jouer d’un instrument.  J’ai procédé par cooptation. On fait confiance aux gens. C’est l’amitié qui joue. Les gens qui ont du talent, amènent toujours des gens bien avec eux. C’est comme une bande de copains. 

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Plusieurs musiciens se sont succédé aux ateliers. Ici, le hautboïste Alexandre Gattet jouant avec Alain Martinez. ( Crédit photo/ Léon Kharomon)

Pensez-vous avoir atteint vos objectifs avec nous ?

Dans le cadre d’In situ, l’objectif était de créer chez les élèves un désir   d’apprendre et une ouverture sur le monde de la musique classique qui est peut être un petit peu loin de votre vie de tous les jours. Une fois qu’on a senti cet effort chez vous, pour nous (Les Dissonances) c’est formidable, parce que ç’est devenu un échange.

Propos recueillis par Léon Kharomon

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Le Stradivarius de David Grimal

En entrant ce jour- là au collège Joliot-Curie, David Grimal s’est rappelé du sien, à Thiais, dans le 94, en banlieue parisienne. «Il y avait deux classes musicales pour des musiciens en herbe », se souvient –il. «  J’ai fait ça pendant trois ans. Je m’échappais pendant les récrés pour travailler mon violon dans les toilettes ». Pour s’adonner à sa passion, il choisit plus tard un collège où l’on  organisait des classes à mi-temps : Le matin à la maison pour faire du violon et les après- midi, il rejoignait les autres élèves pour suivre le programme « normal ».

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Le virtuose montre aux élèves toutes les subtilités du violon ( Crédit photo / Léon Kharomon)

A 16 ans, il s’inscrit au conservatoire de Paris et en ressort trois ans plus tard, soliste, jouant tantôt avec un orchestre, tantôt seul, «comme je vais le faire ce soir dans une église». L’écho de son talent franchit les frontières de l’hexagone. David est alors invité à se produire dans des salles prestigieuses du Japon, de Chine, des Etats-Unis, etc… En même temps, avec des amis, il a l’idée de créer « Les Dissonances ». « Une bande de potes » qui peuvent se retrouver à 50 ou 60 musiciens sur scène. Son nom et son être sont devenus indissociables de la musique, qu’il enseigne par ailleurs en Allemagne. Il est rare de rencontrer cet artiste sans son instrument de prédilection : un violon. Mais pas n’importe lequel, un stradivarius. Celui que David Grimal sort avec beaucoup de précaution de sa housse est une pièce particulière. De par sa longue histoire. En effet, ce violon date de 1710, époque où le luthier italien Antonio Stradivari, atteint le sommet de son art. Voilà trois cents ans que cette pièce passe de main en main, en gardant toute sa magie. Aujourd’hui, il reste à peine une centaine de stradivarius d’origine dans le monde. Sur ce violon un peu « spécial », David joue avec un archer spécialement fabriqué à Paris par Pierre Grimberger. « Cet homme a compris que l’archer, c’est comme le pinceau du peintre. Il a un rôle très important. Car, c’est avec l’archer qu’on va « peindre » toute la musique » explique t-il. Et d’insister auprès des élèves : « Quoi que vous fassiez, c’est la qualité du travail qui fait la différence. ». Le luthier qui a fabriqué ce violon reste jusqu’à présent le meilleur de tous les temps. Parce qu’il savait sculpter le bois mieux que les autres, il savait y mettre un vernis plus beau que les autres. A cette époque, à Cremone,(en Italie) les architectes construisaient des magnifiques palais décorés par des peintres extraordinaires. Stradivarius fabriquait un violon comme on construisait une église, avec le plus grand soin que cela exige. L’artiste exhorte les élèves à cultiver le goût du savoir et de l’effort. « Plus on s’intéresse, plus on connait, mieux on comprend ». Ne pas se décourager au moindre obstacle. Toujours aller de l’avant. Pour David Grimal, la musique classique, c’est comme un sport. C’est certes difficile, mais ça vous permet de vous dépasser. « Au début, c’est difficile, mais plus on le fait, plus ça devient intéressant, et au bout d’un moment, on ne peut plus s’arrêter ».
Le violon offre tellement de possibilités. On peut jouer avec une seule corde, comme avec plusieurs, et produire plusieurs sons à la fois. Preuve à l’appui, il s’imagine dans un concert et reproduit avec son seul violon tantôt le son d’une harpe, tantôt celui d’une clarinette, et explique comment tous ces sons peuvent se combiner, chacun attendant son tour bien sûr, pour produire une pièce musicale harmonieuse. La fabrication du violon n’a pas changé depuis trois siècles en dépit de l’évolution fulgurante de la technologie du son. C’est dire, combien haut, Antonio Stradivari, dit Stradivarius, a placé la barre pour fabriquer le petit instrument à 4 cordes.

Un conte de fée

Fabriqué en 1710 pour le Roi d’Espagne qui commanda deux quatuors de stradivarius, c’est-à-dire quatre violons, l’exemplaire que détient à ce jour David Grimal fut ramené d’Espagne comme « butin de guerre » par Roederer, un lieutenant de Napoléon, violoniste à ses heures perdues dans la ville du Havre. Ensuite, ce violon fut acheté en 1923 par un Arménien, manager de concert, pour son amoureuse. Cette dernière en a joué jusqu’à la fin de sa vie. Mais le violon a continué de passer de mains en mains à New-York, en Suisse, etc…jusqu’à David Grimal. Comment ? : « Etudiant au conservatoire de Paris à 19 ans, je commençais à faire parler un tout petit peu de moi. Mon prof de musique, Régis Pasquier, allait donner un concert à Bordeaux. Ce jour-là , il est resté bloqué dans les embouteillages. Et tout d’un coup, il voit une autre voiture à côté de lui, avec un archetier qui le saluait. Ce dernier lui dit qu’il connaissait un mécène venu de Suisse acheter un Stradivarius pour un jeune violoniste français. Ils prirent rendez-vous au concert et là le professeur Régis Pasquier me présenta comme son élève. Le prof ne croyait pas trop à ce qui ressemblait à un conte de fée » raconte David Grimal. Et puis, après quelques essais de différents types de violons devant le mécène où David joue avec son prof, c’est à l’hôtel Royal Monceau à Paris que finalement le contrat de cession sera signé. A l’époque, David Grimal joue sur un violon vénitien gagné lors d’un concours. C’était pour un bail de 2 ans. Donc, il n’avait pas de violon à lui. Ce soir-là, avant de dormir, tellement content et ne croyant pas ses yeux ce qui venait de lui arriver, il posa le stradivarius sur le canapé de travail de son oncle, un psychanalyste chez qui il vivait à l’époque. Mais, un jour, après quelques années, son mécène, un Argentin travaillant dans le café, voulut reprendre son violon pour le revendre. Panique ! Que faire pour sauver le musicien Grimal ? In extremis, quelques amis et connaissances réussirent à lui trouver des mécènes, racheter ce bijou à l’Argentin pour permettre à David de garder ce bijou. Ce violon coute si cher pour que, lui, pût l’acheter. « Nous sommes dans une société où on ne parle que d’argent. Finalement ça ne veut plus dire grand-chose. Ce qui fait la valeur d’un violon, ce n’est pas sa valeur pécuniaire, mais plutôt le son qu’on peut produire avec. On n’est pas là pour posséder les choses, on est là pour s’en servir » remarque t-il. David Grimal joue de ce stradivarius depuis 20 ans. Peu importe qu’il ne lui appartienne pas. « J’ai de la chance que mon mécène m’ait rassuré d’en jouer à vie » se réjouit-il.
Léon Kharomon

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La générale avant la Cité de la musique

A la veille des  vacances d’avril, une certaine effervescence règne dans les escaliers qui mènent au deuxième étage du collège Joliot-Curie de Pantin. Après un hiver interminable, ils ont hâte de prendre deux bonnes semaines pour profiter de premiers rayons de soleil du printemps. La  classe de référence In situ voudrait bien en profiter aussi. Mais le printemps en aura décidé autrement. Tant pis. Pour l’instant, les élèves savent qu’avec les Dissonances, ils ont amorcé la dernière ligne droite vers le concert  du mois de mai. L’heure de la restitution approche.

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Ce matin, dans le couloir, nous en rencontrons une partie en file indienne, les violons bien tenus.

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Dans les couloirs du collège, les élèves s’imaginent à la Cité de la Musique. ( Crédit photo : Léon kharomon)

Alain Martinez ne se fait plus trop de souci sur la tenue des instruments. On est loin de premiers ateliers In situ où il devait expliquer et réexpliquer, exemple à l’appui, comment tenir un violon, un violoncelle, une contrebasse…Ils ont fait du chemin, ces élèves ! Faire corps avec l’instrument n’a plus de secret pour eux. Reste à peaufiner le spectacle proprement dit. Benoit Faucher imagine un scénario où le couloir du collège sert d’espace de procession vers la salle. Le premier groupe d’élèves, violonistes, marcheront à l’Ostinato, tandis que l’autre groupe d’élèves violoncellistes attendront dans la salle. « Vous déambulerez dans le couloir en vous dirigeant vers la salle. Chacun doit savoir, dès ce moment, qui sera son voisin le jour du concert »  Tout doit se préparer et se régler à la seconde près. La musique classique ne s’accommode pas trop avec l’improvisation. A son tour,  Alain Martinez rappelle aux élèves du  groupe 1 qu’ils vont jouer la première cellule durant toute la procession, tandis que leurs collègues violoncellistes du groupe 2 joueront le thème musical. « D’ailleurs,c’est quoi la première cellule ? » demande t-il aux élèves : «  Do, ré, mi, fa, sol… » répondent- ils en chœur.   Une fois qu’on sera dans la salle, on restera à côté de sa chaise, debout, pour enchainer directement avec un autre morceau. Une fois que tout le monde est installé, on s’arrête ensemble. Ensuite, le groupe Ostinato va jouer 8 temps, tandis que le groupe 2 renouvelle deux fois le thème musical en canon. L’ostinato, même s’il peut paraître répétitif, n’est pas à négliger. C’est la pierre angulaire de la sarabande.

 

Cerise sur le gâteau

Alain Martinez et Benoit Faucher ont l’habitude d’inviter entre 11h et midi, un musicien des Dissonances pour expliquer et jouer chaque fois d’un instrument nouveau devant les élèves. Au fil des ateliers, la panoplie d’instrumentistes s’est étoffée. Ainsi, ont-ils apprécié la contrebasse jouée par Grégoire Dubruel, avant qu’ Alexandre  Gattet ne les étonne avec son hautbois. La Clarinette de Gaëlle Burgelin, et le saxophone joué par Alexandra Grimal les ont également enchantés. Aujourd’hui, David Grimal est venu « animer » la tranche 11-12h. Pour Benoit Faucher, c’est une « cerise sur le gâteau » que le virtuose du violon, responsable de l’ensemble « Les Dissonances » fasse le déplacement au collège Joliot-Curie, en dépit de son agenda chargé. Plus de doute, à cet instant, on sait que le concert se profile. Les élèves ont bien progressé. Ils savent qui va jouer de quel instrument et à quel moment précis il va jouer sa partition le soir du grand rendez-vous dans le hall de la Cité de la musique. La perspective de jouer devant un public les motive davantage. Ils ont envie de bien faire. Et cela engendre naturellement un peu de trac. « Mais, cela fait partie de leur progrès » rassure Alain Martinez.

Léon Kharomon

 

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