Archives de Catégorie: Olivier Babinet

Cinéma

Une ambiance de « Bidule » au collège Claude-Debussy

A la demande d’Olivier, les élèves ont pu  imaginer ce que serait la ville d’Aulnay-sous-Bois dans 100 ans, sans l’usine PSA, emblématique d’une France industrielle où, hélas, les hommes sont passés sous le joug des robots. La chronique d’une fermeture annoncée du site de fabrication automobile a inspiré cet artiste qui, avec les élèves de la 3ème du collège Claude Debussy, en a  tiré la trame de 4 courts dramatiques  sur ce ton drôle et ce regard  décalé, mais avec la même causticité de ses « Bidules » diffusés sur Canal Plus en 2000.

« Papa Bob »

10 ans plus tard, appliquée à « Papa Bob », un des trois courts métrages  diffusés lors de  la restitution, la recette reste magique avec, en voix off, André Vims, un grand comédien de théâtre : « Bulletin d’info robotisé du 16 septembre 2112, les robots parlent aux robots. Aujourd’hui, est un grand jour de réjouissance électronique. Nous fêtons les 50 ans de la transformation des usines PSA par Bolt Inc. Corporation. En ce temps-là, les robots étaient des domestiques des humains, et étaient bien souvent maltraités. Des créatures de nos mécaniques nous contrôlaient. Heureusement,  l’un d’entr’eux, Robert Bob Barry, un des ingénieurs du PSA, croyait en nous plus qu’en des humains. Dans ses veines coulaient du sang, mais dans son cœur coulait du mercure. Papa Bob, nous t’aimons bien. Sans toi nous ne serions plus rien. Tu es toujours vivant en chacun de nous. C’est toi qui as fait basculer le monde… C’est grâce à toi que nous avons occupé les emplois dont les humains ne voulaient plus et que nous les avons remplacés. Quel bonheur de vivre dans un monde totalement organisé sans émotion….».

Olivier Babinet

Quatre élèves, Aron, Adama, Illal et Ilies y ont travaillé toute l’année sous la direction de l’artiste. Leur tâche a consisté d’abord à imaginer Aulnay-sous-Bois dans 100 ans et de créer une petite histoire.  La même tâche a été confiée aux 3 autres groupes  qui ont imaginé Aulnay en  « China Town »  en « Zombies sous Bois » ou encore Aulnay devenu  « Le Cerveau du monde ». Ce petit dernier film pourrait se lire aussi comme la chronique d’un scandale annoncé du système d’écoutes « sans frontières » élaboré par une puissante  agence américaine de renseignement. Mais dans le film, ce n’est plus les USA qui « écoutent » tout le monde. C’est  plutôt un puissant  émir arabe qui a racheté Microsoft et toutes les données informatiques pour les installer dans l’usine désaffectée de PSA.

L’air du temps

C’est aussi cette façon particulière de flairer l’air du temps, de l’anticiper au besoin, que l’artiste a voulu partager avec ses apprentis cinéastes. D’abord individuelles, ces histoires ont été mises en commun  et soumises à discussion pour aboutir à 4 synopsis  pour 4 groupes. Chaque groupe devait trouver des photos pour illustrer ses histoires. Les élèves ont mis en scène certaines photos et ont pu  fabriquer des décors et des personnages recourant, quand il le fallait, à des images libres de droit disponibles sur internet.. Ils ont pu également  proposer le générique du film avant de travailler sur le montage son et image. Autant dire qu’en une résidence, la fabrication d’un film n’a plus de secret pour ces adolescents qui ont tissé des liens très étroits avec Olivier Babinet. Autodidacte et fidèle à sa philosophie, l’artiste a préféré mettre tout de suite les élèves  dans la pratique plutôt que dans la théorie. « Le cinéma, il faut le faire pour le comprendre » déclarait-il en début d’année. Comme pour dire que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Dans la même veine, il se propose de réaliser un clip sur la  « sonnerie musicalement détournée » servie en acte inaugural  de sa résidence dans ce collège.

olivier

Même si par moment il s’est senti « perdu en cours de route », Olivier Babinet se dit très satisfait du résultat final obtenu avec les élèves. La résidence In Situ lui a permis de prendre un bain de jouvence. « J’ai l’impression d’avoir rechargé les batteries pour plusieurs projets » affirme t-il. C’était important de capter au maximum leurs idées au vol, d’en faire des liens. Mais aussi de mesurer leurs angoisses, leurs incertitudes et leurs préjugés face à l’inconnu.  Comme pour « China Town », les élèves appréhendaient d’aborder le vendeur  chinois du magasin Paris Store, croyant qu’il était forcément méchant, parce que « trop réservé ». Mais ils ont été surpris par sa gentillesse en l’abordant et en lui demandant de prendre de photos de son magasin. Ils arrivaient toutes les semaines avec leurs clés USB chargées de nouvelles photos et allaient travailler dans l’atelier d’Olivier pour sélectionner les meilleures susceptibles de figurer dans le film. Avec Sarah Logereau, la professeure de français, Olivier les a  encouragés  à regarder quelques films pour trouver l’inspiration de l’écriture. A partir de ce moment, les inquiétudes ont laissé place à l’espoir et la résidence a réellement pris corps. Des ateliers d’écriture ont succédé à des séances de lecture de récits, avant que les élèves ne partent à la recherche des photos. Une démarche totalement pragmatique qui  les a séduits et même suscité des vocations.

Léon KHAROMON

                                    «  In situ, c’est du cousu-main. »

Dominique BOURZEIX est le responsable de la mission la Culture et l’Art au collège. Il nous livre ses impressions sur la résidence In Situ qui s’achève et les perspectives pour 2013-2014. Interview.             

       Nous voici  au terme de l’édition In Situ 2012-2013, quelles sont vos impressions ?

La restitution nous donne l’occasion de prendre la mesure de  la richesse de ce qui s’est passé. La générosité dont ont fait preuve les artistes, les professeurs ; la confiance des élèves…c’est ce qui nous donne envie de recommencer encore. Jusqu’à présent, on a jamais eu l’impression que ça tournait en rond où qu’on touchait aux limites de quelque chose.

L’aventure In situ pouvait paraître au début  de l’année comme une sorte de hors-piste. Avez-vous  eu, à un moment donné, une appréhension particulière  par rapport aux objectifs fixés ?

En fait ça dépend des résidences. On doit être dans une relation de confiance absolue vis-à-vis des artistes et vis-à-vis des collèges. En tous cas, si ce n’est du hors-piste,  je dirais plutôt c’est du cousu-main. Chaque fois il faut vraiment construire un cadre particulier qui va permettre au projet artistique de nos invités de pouvoir s’épanouir et donner sa pleine mesure. On sait par exemple que pour le cinéma, comme le disait Olivier, on ne va pas être  sur  le même que celui d’une création théâtrale ou dans d’autres formes d’arts, comme la photographie par exemple. Pour celle-ci, on a la possibilité dans l’espace d’une année, de partager un processus de création « complet ». Le cinéma, c’est un temps beaucoup plus long. Donc, là, on savait que c’était un temps de poursuite et de développement du scénario d’Olivier. En effet, il n’a pas été au-delà, mais c’était quelque chose qui était déjà identifié. Après surgissent des idées nouvelles. Comme la réalisation d’un clip de la semaine prochaine. Mais aussi ces travaux d’élèves qui n’étaient pas forcément envisagés sous la forme de très courts métrages et se présentent comme une forme intéressante. Parce que ça fait écho à des travaux précédents d’Olivier quand il était réalisateur d’une série qui s’appelle « Le Bidule » sur Canal Plus. Ce travail là , dix années après, tout d’un coups, c’est comme une belle référence à quelque chose qui a eu beaucoup de succès à une époque.

Peut -on dire que les objectifs ont été atteints dans toutes les résidences ?

Les objectifs, quels sont-ils en fait ? Ce n’est pas de respecter à la lettre un cahier des charges, par ailleurs nécessaire à la bonne avancée des projets. C’est d’avoir posé une ambition. On s’est dit que personne ne s’économiserait. Et que chacun irait chercher là où il n’a pas encore été pour essayer de faire de cette année- là une succession de moments singuliers. En cela, chacune des résidences est une réussite, même celles qui ont pu paraître parfois flottantes. Les artistes ont droit à l’hésitation, à ne pas toujours savoir où ils vont. C’est une chose qu’on s’autorise dans In Situ. Sinon, ce n’est pas la peine d’aller inviter des artistes.

Pour l’année prochaine, les choses se mettent-elles déjà en place ?

Oui, tous nos artistes sont choisis et il y a de belles propositions. J’en ai une en tête, comme le groupe Mendelson qui va faire une belle résidence. Nous en sommes à l’étape suivante qui est de prendre contact avec les collèges pour leur proposer de participer au dispositif.

Propos recueillis par Léon KHAROMON

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AULNAY-SOUS-BOIS, l’an 2112

Au collège Claude-Debussy, Olivier Babinet avait demandé aux élèves de remmener un maximum d’images pour illustrer les projets de leurs films. Ils ont profité de leurs vacances d’hiver pour photographier les différents lieux de la ville, mais aussi explorer l’extraordinaire mine d’images diffusées sur internet par rapport à ce thème : « Imaginer Aulnay-sous-Bois dans 100 ans ». Quel sera le visage de cette ville dans un siècle ? Qui en seront les habitants ? Quelles pourraient être les conséquences de la désindustrialisation d’Aulnay, à l’instar d’autres villes françaises confrontées depuis quelques années aux fermetures successives d’usines ? A Aulnay, c’est la fermeture annoncée de l’usine automobile PSA en 2014 qui défraie la chronique.

Olivier Babinet

 

Des humains contre des robots

Cela aura sans doute des répercussions sur la vie de certains élèves dont les parents sont employés dans cette grande usine, située non loin du collège. En écho à cette inquiétude, l’artiste donne ainsi aux élèves l’occasion d’exprimer leur part d’émotion, leurs frustrations, en se projetant dans un futur où réalités, fantasmes et préjugés  se mêlent parfois.  ILLIES  a ramené des photos de robot montrant comment l’usine a été transformée pour ne plus fabriquer que des robots. Dans son imaginaire, elle va s’appeler BOLT. Les images ne sont pas mal. Mais, Olivier suggère de trouver quelque chose qui rappelle PSA , mais avec la mention « Robot » à l’entrée principale. Même dans 100 ans, il faudrait que les générations futures se souviennent que ce site abritait autrefois l’une de plus grandes usines d’automobiles de France.

Un autre élève montre ses photos prises devant « Le Gallion » un centre commercial d’Aulnay. Il y manque un personnage pour rendre l’image plus expressive. Sarah Logereau, professeur de français, propose que les élèves, si possible, se mettent eux-mêmes en scène, par ce que le personnage devra se retrouver dans plusieurs situations. Mais à condition de savoir se faire « vieillir un peu » pour la photo.

Olivier constate que par rapport  au premier trimestre  de la résidence, les élèves commencent à se rapprocher réellement de la réalité «  fictive » avec des visuels qui peuvent raconter une histoire. L’écriture aussi a évolué, mais il manque encore des éléments pour la suite. Il faut qu’on arrive au bout des histoires pour permettre à un comédien de le dire en voix off. Sarah Logereau demande aux élèves, repartis en 4 groupes de continuer la rédaction de leurs textes pour aller plus loin que la dernière fois. Il faut rédiger en style voix off en s’imaginant qu’on est en septembre 2112. Il faut déterminer la manière dont on va écrire la voix off pour que ça reflète vraiment le futur. Les élèves proposent une voix de robot. Pourquoi pas ? Peut-être que dans 100 ans, ce  seront de robots qui présenteront le journal télévisé.  Se succèdent ainsi plein d’autres images prises devant le site de PSA, mais aussi sur d’autres lieux de la ville. Les images sont belles, mais souvent avec un ou deux élèves dedans. L’artiste leur rappelle que pour donner plus de crédibilité au film, il vaut mieux  photographier des personnages extérieurs au collège. La remarque a bien été prise en compte, car pour le film sur le  futur Chinatown que pourrait devenir  Aulnay-sous-Bois, un élève  propose de ramener des images sur les classes de langue chinoise dans le quartier chinois du 13 arrondissement parisien. Leur personnage principal est une chinoise qui va mener une enquête. Olivier Babinet est content de l’avancée du projet. Il reconnait néanmoins  qu’il y a eu un moment de flottement. « Mais avec Sarah Logereau, on a recadré les choses pour concrétiser l’interaction qu’il  pouvait y avoir entre les élèves et moi sur la fabrication d’un scénario ».

Concepts de films

L’idée  est de projeter à la fin de l’année  4 concepts de films avec  la voix off d’André Vims, un grand comédien de théâtre, qui fera aussi une lecture du  synopsis de son film axé sur la sexualité des poissons. Ce sera dans « l’état où il sera ». En revanche,  l’artiste est maintenant sûr que le travail avec les élèves  donnera lieu à un film à images fixes, comme «  La Jetée » de Chris Maker, ou à l’instar du «  Bidule », sa série à grand succès  diffusée sur Canal Plus au début des années 2000. Photo, voix off, bruitages et musique, seront  les ingrédients de ce film. Les élèves n’auront pas de contrainte financière. Ils écrivent un scénario cher, par exemple sur les météorites, les zombies mais avec des matériaux  qui sont à  leur portée. « Il n’y a pas de limite à l’imaginaire » affirme Olivier, même si on a peu de moyens. C’est comme si on faisait un concept de film pour convaincre des financiers à y investir des millions de dollars.

Une scénariste a promis de lire leurs projets. Elle s’appelle Colin Aber et travaille sur pas mal de projets de science fiction. Elle a une prédilection pour le fantastique et la science fiction. Elle viendra faire une séance avec les élèves au collège. Une sortie a été organisée sur les robots du quotidien, ceux que nous utilisons dans notre vie et qui font désormais partie intégrante de notre « famille », sans qu’on ne s’en rende compte.  L’après-midi, c’était une visite à l’Aquarium de Paris. C’était pour leur offrir une détente. « Un peu colo chez les poissons », sourit Olivier..

Léon KHAROMON

 

Les projets de scénario sur le thème : Imaginez Aulnay dans Cent ans »

Les scénarii sont encore à l’étape de petits synopsis.

Projet 1 : Aulnay est racheté par les Chinois, les Aulnaysiens relégués et contraints de vivre dans le bois, et le chinois qui devient la langue officielle.

Projet 2 : L’usine PSA a été transformée pour ne plus fabriquer que des robots, et cela crée des tensions parce qu’il n’y a plus de travail pour les humains, les robots s’étant mis à fabriquer d’autres robots. Seuls les ingénieurs sont épargnés. Mais la grande majorité de travailleurs de PSA se retrouvent au chômage , le trafic de produits illicites comme la drogue explose et entraîne la guerre des cités. Mais, finalement les cités s’allient pour luter contre les robots

Projet 3 : Une météorite tombe sur la prison de Villepinte et transforme les prisonniers en zombie. La plupart d’habitants sont morts et à la prison de Villepinte, il  y a un détenu qui a posé une bombe dans une gare et a tué les membres de la famille du gardien de la gare.  Ce dernier veut se venger. Il récupère un morceau de la météorite et veut le faire avaler à ce type. Mais il commence par le tester sur un rat qui devient un mutant, une espèce de zombie et commence à mordre tous les prisonniers qui deviennent à leur tour des zombies.

Projet 4 : Un prince du Qatar achète les usines abandonnées de PSA Aulnay pour y stocker des données informatiques sur tous les êtres du monde. Il a racheté Microsoft car les Usa sont devenus un  empire déclinant. Le scénario tourne autour d’une guerre industrielle où les Américains essayent de récupérer ces données.

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Olivier Babinet, le « Grand-frère »

Pour avoir  participé l’année dernière au projet « L’art et la culture au collège, Olivier Babinet, plus 1 mètre 90, est une figure bien connue du personnel enseignant et des élèves à Claude Debussy. Pour ces derniers, plus qu’un cinéaste, c’est devenu  un « grand frère » à qui  l’on peut parler de ses projets. De le revoir cette année  installer carrément son atelier de travail  au sein du collège est une opportunité que certains élèves ne pouvaient rater sous aucun prétexte. Au sortir de la séance d’immersion tenue en septembre dernier à l’espace Jacques Prévert à Aulnay-sous-Bois, une élève lui demandait déjà de l’aider à trouver un stage dans un studio de cinéma. D’autres élèves suivront en lui soumettant toutes sortes d’idées leur traversant l’esprit. Aussi, l’artiste s’est il résolu à leur donner un petit coup de pouce.

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Olivier Babinet entouré d’élèves le jour de l’acte inaugural dans la cour de recréation du collège Claude Debussy ( Crédit photo : Léon Kharomon)

« Avant de commencer  ma résidence, je me suis dit que je vais essayer de faire quelque chose de concret,  aider  les élèves de 3ème à trouver d des stages différents, avec les connexions que je pouvais avoir ». Cela a  pris du temps certes, mais Olivier est content de les avoir aidés à s’immerger dans le monde professionnel ne fut ce qu’une semaine. L’élève qui l’avait  sollicité à Jacques Prévert n’a pas « lâché l’affaire ». Elle avait fait partie de l’équipe avec laquelle Olivier a fait le film l’année dernière. Un stage en « Stop Motion » l’intéressait. « J’étais étonné de voir qu’elle connaissait ce terme, qui désigne l’animation image par image, mais de façon traditionnelle. C’est ce qu’on faisait avant la 3 D » explique Olivier. Et d’ajouter : « J’ai appelé un animateur qui faisait du stop motion, qui m’a recommandé une autre personne qui a un studio en banlieue où l’on fait des trucages et la bande son. La personne a accepté de la prendre en stage et de lui payer son transport pendant une semaine ».  Mais elle a d’abord eu peur du trajet, de Aulnay à Suresnes, dans le sud de Paris.  Finalement, elle a aimé parce que « je pense que ce monde d’animateurs, ressemble à son caractère décontracté mais réservé, où l’on peut passer une heure à déplacer la patte d’une mouche dans un film. Je lui ai conseillé de garder le contact ».  A un autre élève, Olivier avait proposé de regarder la « Quatrième dimension ». A la suite, l’élève a eu envie de comprendre comment réaliser un jeu vidéo. Il fallait donc lui trouver un stage. Une première démarche chez Ubisoft  se soldera sans succès à cause de leurs « clauses de confidentialité ». L’artiste ne se décourage pas pour autant.  Une tentative chez Micro’s sera la bonne. Ainsi, il aura donné à cet élève la chance de faire un stage d’une semaine chez l’une des plus grosses boites de postproduction en France. C’était un régal pour l’ élève de découvrir les trucs et astuces de trucage et de la 3D.

Un autre élève est venu le voir pour faire de la robotique. Et comme il travaille en plein dedans pour le scénario de son film, il était  étonné. « J’ai appelé un ami qui m’a passé les coordonnées d’un roboticien que j’avais rencontré,». Et l’élève a pu faire son stage de robotique à la fac de Jussieu et en est très content selon son prof de Math. Il y a un élève qui est très curieux et qui passe du temps avec lui dans son atelier en dehors des cours. Il voulait voir le fonctionnement d’une émission de télé. « J’ai essayé chez « Ce soir ou jamais » chez Fréderique Tadei, sur France 3, mais la direction de prod. n’en a pas voulu ». Finalement il a pu lui obtenir un stage à Public Senat avec Hélène Rissert pendant une semaine. Il veut être réalisateur. Olivier  lui a expliqué le métier et  sent que l’élève a vraiment envie de travailler la dedans. « Je devais lui ramener un bouquin cette semaine. C’est  la grammaire filmique », un manuel qui explique comment on tourne un film, comment  faire des raccords, etc… j’ai appris les bases avec ce bouquin », nous  révèle t-il.

Léon KHAROMON

 

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Swinguer avec Olivier Babinet!

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Ambiance Rock ‘n’ Roll toute la journée du 19 Octobre au Collège Claude Debussy d’Aulnay-sous-Bois, pour son acte inaugural. De la bonne musique à la place de la sonnerie habituelle du collège.

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« Le Cinéma, on l’apprend en le faisant »

 Acte inaugural  d’Olivier Babinet au Collège Claude Débussy à Aulnay-sous-Bois.

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En direct du local d’accueil, Olivier agrémente la sonnerie du collège Claude Debussy. Crédit photo / Léon Kharomon

Olivier Babinet fait des films. Pas seulement. Lundi 19 octobre, il a démontré qu’il pouvait aussi s’ « incruster » dans la sonnerie du Collège Claude Debussy à Aulnay-sous-Bois.  Ce jour là, dans les couloirs du collège, sous le préau, ou dans la grande cour de récré, élèves, professeurs et administratifs ont été surpris par du «yéyé St Tropez » de Claire Marcel, de «La nouvelle vague » de Richard Antony ou, du « Watemelon man » du Jazzman Herbie Hancok. Ils ont même eu droit à quelques extraits de la bande originale de son long métrage « Robert Mitchum est mort ». Toutes ces musiques, et bien d’autres, ont, ce jour là, remplacé la traditionnelle sonnerie du collège. Au regard de l’engouement suscité auprès des élèves, et pas seulement, une idée a fait tilt dans sa tête : « Installer des caméras à différents endroits du collège pour filmer les élèves et leurs enseignants en temps réel à chaque sonnerie « détournée » ? » Des idées, il lui en vient comme ça, Olivier, depuis l’âge de 17 ans. Quitte à les concrétiser un jour.  Autodidacte, il avoue n’avoir pas appris le cinéma à l’école. « C’est amusant de faire des films. Le cinéma, on l’apprend en le faisant, c’est la meilleure manière de le faire » dit-il, se rappelant comment avec des « potes » au collège et au lycée, il s’amusait à faire des faux clips, des sketches, etc…  C’est ce plaisir, cette flamme que l’artiste compte transmettre aux collégiens. Comment ? : « Je vais travailler sur mes projets à moi, certes, mais la porte de mon atelier sera ouverte à ceux des élèves qui ont participé au projet du film de l’année passée et qui veulent continuer, je vais leur donner des conseils, ou à d’autres qui sont curieux de connaître les bases d’un logiciel de montage, par exemple, ce sera amusant… ». Dans la cour, certains élèves ont été emballés par ces morceaux de musique au point de le prendre pour un DJ. Olivier Babinet reste avant tout un cinéaste. Agrémenter musicalement la sonnerie de l’école, c’était son astuce pour marquer sa présence  dans les murs du collège, avec la complicité de Madame Katia du service d’accueil du collège. Un acte inaugural original dans cet établissement situé à la lisière des quartiers Nord d’Aulnay-sous-Bois. Ici, on le sait, l’actualité reste dominée par la chronique annoncée d’une fermeture. Celle de l’usine Peugeot, l’un de ses grands sites en France.  Avec son regard habitué à scruter le fantastique dans ses films, Olivier s’attend à scruter l’angoisse, l’inquiétude dans le regard de certains collégiens dont les familles risquent d’être touchées par cette fermeture. «  Je verrai les élèves en-dehors du collège, sans doute chez leurs parents pour certains d’entr’eux » confie t-il. La fiction pourrait laisser  place à la réalité. Avec, en toile de fond, l’idée de s’essayer au documentaire.

Léon Kharomon

 

Interview

« On est vraiment fiers que ce projet unique et ambitieux se passe dans notre établissement » Sarah  Logereau, professeur référent pour la résidence d’O. Babinet.

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Crédit photo / Léon Kharomon

Pouvez-vous vous présenter, Madame ?

Je suis Sarah Logereau, prof.de lettres au collège Claude Debussy à Aulnay-sous-Bois, je suis en charge de projets cinéma dans l’établissement. Ça fait de nombreuses années qu’on en fait avec des artistes, des scénaristes, des réalisateurs. Et cette année, on met en place ce grand projet, très ambitieux de résidence d’artiste, puisque Olivier va passer 4O jours de l’année dans l’établissement, avec  nous , dans une salle qui lui sera spécialement dédiée. Il va travailler en lien avec une classe de  référence, une classe un peu plus proche, une classe de 4ème. Et  puis, l’idée, c’est qu’il soit dans un processus de création qui va ouvrir les portes aux élèves, aux enseignants et à l’ensemble de l’établissement. Bien sûr, il va être concentré sur son travail, mais il va être dans quelque chose de l’ordre du partage et de l’accueil dans son travail. Et on va construire des micro projets avec des élèves, avec des classes, mais pas à une échelle gigantesque. L’idée, c’est d’être ambitieux sur le principe et sur les idées, mais concret et modeste dans les applications pédagogiques. Donc, moi, je peux proposer des ateliers d’écriture avec des professeurs de lettres par exemple, pour lancer un petit concours de nouvelles. Je voudrais également proposer un concours photo aux élèves, sur un thème particulier qu’on mettra en valeur dans l’établissement. Je suis très contente qu’il y ait ce projet, qui est assez ambitieux et unique. Il y en aura qu’une seule fois. Il y en a très peu. On est vraiment fiers que ça se passe dans notre établissement. On a toujours voulu proposer à nos élèves des parcours culturels et artistiques.

Donc, tout dépendra de la curiosité et de l’intérêt que les élèves peuvent porter sur le travail d’Olivier Babinet

Oui, absolument. On va proposer des choses aux enseignants et aux élèves. Un concours de nouvelles, un concours de photos, et puis des projets de petite échelle, plus individualisés sur des recherches des stages par exemple pour les élèves de troisième dans le domaine de l’audiovisuel. Les choses vont être cousues main. On n’a pas des choses pré établies. Il y a évidemment des pistes de travail, des idées qu’on propose aux enseignants, mais après, ca va beaucoup dépendre de l’envie de chacun. Il faut que le chemin soit double et soit fait par tous. Donc, on ne propose pas de projets clé-en-main. Encore une fois, c’est un artiste qui va être en création, mais on ouvre des pistes et on fait des propositions.

L’artiste a-t-il déjà une idée de ce qu’il va faire ?

Il a plusieurs pistes de travail, dont une, très solide, la préparation de son long métrage. Il est dans la phase d’écriture. Il va sans doute au courant de l’année être dans la phase de repérage et du casting. Toutes ces étapes, il va les partager avec les élèves. Il va parfois les solliciter pour faire les recherches en termes d’images avec lui. Il va proposer différentes choses pour l’accompagner dans son travail. Il a aussi une autre envie de court métrage pour une veine un peu plus autobiographique : parler de l’adolescence, parler du territoire où il est , qui est Aulnay-sous-Bois, qui est un territoire où il y a beaucoup de remous en ce moment sur le plan social, sur le plan politique, sur le plan culturel. Il va aussi s’imprégner de sa présence dans ces lieux, qui  va peut être changer ces envies de travail. Donc, il y a aussi cette piste. C’est pas obligatoire que ça aboutisse, mais il y a ce champ de travail qui est ouvert.

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In Situ, les artistes dévoilent leurs projets à la Maison des Journalistes

Ils avaient accepté de partager leur savoir-faire avec les collégiens de la Seine Saint-Denis à travers le projet « In Situ ». Certains d’entr’eux piaffaient d’impatience pour vivre cette expérience originale. Quelques uns avaient déjà pris langue avec le corps professoral de collèges où ils vont s’installer tout au long de l’année 2012-2013. Jeudi 27 septembre a été l’occasion pour ces artistes de faire connaissance et d’expliquer brièvement leurs projets respectifs.

La rencontre, conviviale, s’est déroulée dans le XVè parisien, plus précisément à la Maison des Journalistes.Yasmine di Noia et Cathy Losson, les deux chargées de mission qui travaillent d’arrache-pied sur ce projet sous la direction de Dominique Bourzeix, nous avaient envoyé les notes d’intentions des artistes, mais la rencontre à la MDJ a permis aux uns et autres d’apprécier, entre autre, l’humour déjanté de Nicolas Bianco-Levrin, dont les casquettes se déclinent d’illustrateur de bandes dessinées à celle de réalisateur de films d’animation en passant par celle de concepteur de chartes graphiques.

Le 25 septembre, le père de Kroak, ( du nom de sa BD) était en immersion à la médiathèque  Joseph Kessel de Villepinte où il a expliqué à quelques professeurs du collège Les Mousseaux comment va se dérouler sa résidence : « L’idée est de partager les étapes de réflexion avec les jeunes en mettant en scène l’avancement sur les carnets de croquis qui le permettent de fabriquer mes histoires. Il s’agirait de mettre ces jeunes en situation de recherche, soit sur un projet en groupe, soit sur des projets personnels.(…) Tout au long de la résidence, je tiendrai à disposition l’avancement de mes recherches ».lit-on dans sa note d’intention. Ces carnets de croquis, fabriqués et reliés par lui-même, permettent à Nicolas de saisir les instants de son inspiration afin de ne pas en perdre une miette.

A tour de rôle, parfois dans un anglais très « frenchy » destiné aux résidents anglophones de la MDJ, les artistes expliquent leurs projets. Les uns aussi originaux que les autres. A l’instar des Dissonances qui comptent partager leur expérience d’un orchestre « sans chef » avec les collégiens de Joliot-Curie à Pantin, ou encore la Revue éclair, dont les trois membres ont l’intention de construire ensemble avec les collégiens de Jean Zay à Bondy, une œuvre qui sera « le fruit des affinités partagées sur le terrain » tout au long de la résidence.

Pour sa part, Sandrine Roudeix, écrivain et photographe de presse, s’intéresse à la question de l’identité. Elle compte, à travers la photo et l’écriture de l’image, aider les collégiens à percevoir leur identité, à mieux se cerner à travers leur propre regard et celui de leurs entourage, que ce soit à l’école, dans le cercle familial ou ailleurs. Sa démarche se veut à la fois artistique et pédagogique. Elle reste cependant délicate au regard de la complexité avec laquelle se pose la question de l’identité  en Seine-Saint Dénis où plus de 80 nationalités cohabitent au quotidien.

Conscient, à la fois de la richesse et du défi que représente cette diversité, le Département de la Seine-Saint Denis  a lancé en 2007 le projet In Situ qui vise à promouvoir l’éducation artistique et culturelle dans les collèges. Dix artistes prennent leurs quartiers dans autant de collèges en raison, au moins, d’une  journée par semaine durant toute l’année scolaire.

Ensemble avec les collégiens, ils élaborent des projets autour d’une thématique fédératrice qui nécessite, bien évidemment l’implication du corps enseignant. In Situ, à la différence d’autres projets du genre, ne se déroule pas en marge des activités scolaires. Il s’inscrit entièrement dans le calendrier « normal » de l’année scolaire.

Léon AWAZI KHAROMON

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