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Nicolas Kerszenbaum: panique à « Sous-Bois » !

Collège Romain Rolland, Clichy-sous-Bois

 

Imaginer une ville appelée Sous-Bois, construisez y un immeuble pour artistes, entourez  le tout d’une forêt épaisse où peuvent  disparaître des enfants.  Vous y êtes ? Non ? Alors, imaginez la cave d’un immeuble ou s’aventurent quatre élèves, éteignez, puis rallumez la lumière pour constater qu’en ce laps de temps, deux d’entr’eux ont disparu.  L’exercice semble improbable? Faites alors un tour au collège Romain Rolland à Clichy-sous-Bois, où Nicolas Kerszenbaum, en résidence  artistique durant toute l’année scolaire, essaye de transmettre son goût du fantastique aux élèves de  quatrième 5, sa classe de référence dans le cadre du projet In Situ.

Décembre 2012, après les balbutiements des  premières heures, le projet a pris forme : créer une série théâtrale à partir de 7 ou 8 petites scènes. L’artiste a laissé les élèves définir la structure, imaginer les dialogues sur fond d’improvisation, avec leurs mots et leur style à eux. C’était donc carte blanche pour la créativité. Mais, un mois de janvier sans Nicolas a émoussé quelque peu l’ardeur des élèves. Les fêtes de fin d’année sont aussi passées par là. Quoi qu’il en soit, il fallait  donc reprendre les choses en main. C’est en véritable coach que Nicolas s’est adressé  ce lundi 11 février à ses apprentis. Sur un ton à la fois bon enfant et ferme, il les a incités à plus de travail, sous l’œil complice de Rim Reijichi, leur professeur  de français.  Le temps presse. « Ca va bosser, aujourd’hui ! » leur promet Nicolas. De la parole à l’acte, il divise la classe en groupe de quatre élèves. A tour de rôle, un groupe le rejoint dans le local 211 pour la répétition.

Franchement tu

Des élèves tentent de persuader leur prof de français de la disparition de leurs collègues à « Sous-Bois » ( Crédit photo : Léon Kharomon)

Entre le documentaire et le fantastique

L’artiste leur rappelle rapidement les canevas autour desquels vont se construire leurs scènes.  5 minutes de concertation entre élèves et c’est parti : Ils sont dans un passage secret du collège, tout d’un coup , ils ne savent plus où ils sont. Ils ont peur et fuient. Mais au bout de leur course, ils s’aperçoivent que deux de leurs amis ont disparu. Suspens. Evaluation expresse : « L’entrée sur scène a été remarquable, mais la sortie un peu catastrophique, pas assez imaginée » remarque Nicolas. Entre deux prestations, il prend 10 minutes pour voir avec les élèves comment améliorer le texte, le rythme et  le jeu des acteurs. Comment recréer avec peu de moyens une atmosphère appropriée au fantastique du scénario.

Arrive ensuite un deuxième groupe d’élèves. Ils jouent Rim, la prof de français entourée d’élèves déterminés à faire grève suite à la disparition de leurs trois collègues. En fait, la tension est vive à « Sous-Bois » la ville imaginaire. Ca énerve les élèves que personne ne croit à cette histoire de disparition. Ni le personnel enseignant, ni leur prof de français encore moins les parents des prétendus disparus. Ils ont l’étrange impression que tout le monde est contre eux. Hallucinent-ils ou sont-ils manipulés par un certain Monsieur Leloup, sorte de mauvais génie caché dans le bois et qui voudrait les inciter à la révolte ? Nous sommes au cœur de la vie scolaire et de ses péripéties. Même si elle est protégée et sécurisée comme un sanctuaire, l’école reste aux prises avec les réalités sociales du milieu où elle se situe.

Ici, la ville de « Sous-Bois », avec ses lumières et ses zones d’ombre. En fait, ce projet théâtral se situe à la lisière du fantastique et du documentaire. «Je me sers beaucoup de ce que j’observe dans le collège. Les relations entre les prof et les élèves. Les relations entre les élèves eux mêmes. En même temps, j’essaye de mettre une distance avec ça, en le  posant dans un univers fantastique » affirme Nicolas. Il compte faire monter sur les planches toute sa classe de référence. Une autre quatrième jouera en plus en prélude au spectacle sur l’histoire de la ville imaginaire. Par contre, l’artiste nous promet que  le personnage du prof de français, sous le pseudo de Nasera, sera bel et bien joué par  Rim Reijichi, en vrai.

Léon KHAROMON

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novembre 19 2012 · 20:05