Archives mensuelles : novembre 2012

« J’espère qu’avec ces tracées de lignes, on aura ouvert une porte et donner accès à un grand terrain de jeu »

Interview d’Anne Flore Cabanis au « 104 » à Paris.

Dès l’acte inaugural, les collégiens s’approprient les tracés d’Anne Flore Cabanis. Crédit photo / Léon Kharomon

Anne Flore Cabanis : Mon nom, c’est Anne Flore Cabanis, je suis artiste plasticienne. Je vais travailler pendant un an au collège Gabriel Perri pour la résidence In Situ du Conseil Général de la Seine-St-Denis. Je vais proposer aux élèves de redécouvrir leur collège. Je vais y intervenir en y faisant des tracées de lignes au sol et dans les airs. Je vais leur proposer de changer leur quotidien en changeant la façon dont ils habitent ce collège. Pour les provoquer parfois ou souligner des choses qui sont déjà bien ancrées dans leur façon de se déplacer.

Léon Kharomon : Pouvez vous nous dire un mot sur le temps d’immersion que vous venez d’avoir avec les professeurs ?

AFC : Ce temps d’immersion, je l’ai ressenti comme essentiel pour pouvoir se comprendre, déjà, et se découvrir dans tous les échanges possibles. C’était important pour moi d’expliquer ma démarche, mes envies, et de donner quelques pistes de réflexion que j’ai par rapport à cette résidence, donner envie à ces professeurs d’échanger avec leurs élèves dans leur cadre professionnel, et d’éveiller leurs élèves à autre chose et  faire fonctionner cette présence.

LK : Ce que je trouve  d’assez particulier dans votre démarche, c’est que vous développez un art assez expressif tout en faisant appel à beaucoup d’introspection. Pensez-vous que les élèves arriveront à bien saisir cette démarche ?

AFC : Je ne sais pas s’ils en saisiront tout cet aspect introspectif, mais, pour moi, c’est un peu la matière dont je me sers. Mais, ce que j’en fais, j’espère qu’il sera accessible et je le leur souhaite. Mais en général, les gens sont plutôt sensibles à ce que je fais.  Ça ne demande pas une grande connaissance. Ça fait certes référence à des artistes, à l’histoire de l’art, mais je pense que c’est facilement compréhensible dans la mesure  où, c’est des jeux de formes pures. C’est-à-dire, c’est graphique, c’est des dessins au sol, c’est des choses qui peuvent immédiatement être perçues. On a pas besoin de lire un texte pour rentrer dans le travail. On peut le lire aussi ce texte, il existe, il est là, la démarche se pose aussi comme un ensemble profond. Pour moi, je le vois comme ça, c’est un travail qui engage l’introspection et une profondeur…mais, si on a envie de ne rester que dans la surface, on peut voir juste un dessin par exemple. Ça, je pense que ça peut parler, avec un peu de couleur, avec une intervention comme ça, surprenante, au quotidien, dans l’architecture.

LK : Cet après-midi, vous commencez déjà à faire du collage In Situ ?

AFC : Si le temps le permet, il pleut, je ne sais pas s’il y aura des espaces protégés, comme le préau, où je pourrai commencer à intervenir. Effectivement, demain, les élèves vont découvrir ça dans leur collège. Et, vendredi, on va avoir une première rencontre de contact, et à  partir de là, j’espère qu’on aura ouvert une fenêtre qui deviendra pourquoi pas une porte, et après, donner accès à un grand terrain de jeu.

LK : Si vous pouvez résumer votre projet en deux mots, quels seront-ils ?

AFC : Circulation et Jeu. Avec l’ambiguïté de l’écriture JEU et JE.

LK : JE, par rapport à l’identité ?

AFC : Pourquoi pas ? Je, en tant qu’individu dans l’espace et dans le temps, mais aussi en tant qu’individu par rapport à ses intentions, ses à-priori. Le Je en tant qu’entité et identité qui tend vers le monde. Etre dans un dialogue.

LK : Que voulez-vous exprimez dans votre dessin, la sphère, une sorte de labyrinthe, réalisé en ligne continue avec un stylo à billes ? Est-ce un tourment, une recherche d’identité ?

AFC : oui, c’est un cheminement de pensée, une errance, un questionnement, une recherche qui parfois a besoin de se perdre pour se trouver.

LK : Cela contraste avec les lignes très droites et strictes que vous avez réalisées avec les élastiques. Vous passez d’un extrême à l’autre, ce qui est assez troublant dans votre démarche.

AFC : Pour moi, ça participe de la même chose. Ces lignes très droites, forment des courbes, quand elles sont vrillées. Elles décrivent des volumes tout en volutes, en fait. De la même façon quand je dessine, c’est un exercice qui répond à des règles très strictes. Donc, on pourrait dire que c’est très scientifique. On pourrait faire ça, avec un programme informatique. Mais, en fait le rendu, il est organique. C’est-à-dire, quand on regarde au loin, on peut avoir l’impression qu’on est entrain de regarder au microscope, une matière qui est complètement organique, qui est complètement désordonnée. Quelque part, de l’ordre, on peut arriver au désordre et inversement, j’espère.

LK : Vous allez vous adressez à des collégiens, dans un milieu assez « sanctuarisé » qu’est le collège, quelles sont les disciplines qui peuvent être à la confluence de votre art ?

AFC : D’abord, l’art plastique, ce qui pourrait être la réponse la plus évidente. Après, dans tout ce qui est confection manuelle, on peut pas mal toucher au cours de techno. Dans la démarche plus conceptuelle, on peut faire appel à la philosophie, mais au collège, cela peut se rattacher à la littérature, au cours de français, parce que ça peut faire appel à des raisonnements, on peut avoir des interprétations poétiques, pour donner aussi un peu de poésie à la démarche. Ensuite, moi j’ai un travail qui est à la frontière parfois avec la science. Vous me parliez tout à l’heure de la résistance des matériaux, là, c’est la physique. Quand je fais des structures élastiques, je me pose des questions mathématiques, parce que je cherche à calculer des espacements, je cherche à calculer des angles. Au final, à mon avis, on arrive à toucher beaucoup de domaines. J’espère que cela pourra créer des rencontres intéressantes. J’ai parlé aussi de musique. A travers le cours de français, on peut arriver à jouer avec des mots. La poésie, elle est parfois aussi dans la sonorité d’un mot. Et on parle de tas de termes français comme des allitérations. Il y a mille façons sonores de décrire un mot en français.

LK : Tout à l’heure, un prof de latin voulait participer à votre projet. Ça se passera comment avec le latin ?

AFC : On pourrait se servir du latin comme d’une langue sonore. Comme c’est une langue « étrangère », elle peut avoir encore plus de charme stimulant, par ses sonorités. Parce qu’elle est encore plus abstraite avec des mots qui ne font pas vraiment sens, quand on  lit un texte. Ça devient que sonore. Pour quelqu’un qui ne parle pas le latin, et c’est le cas de « beaucoup » de personnes, ça va devenir que des propositions sonores. Même si au fond, on sait qu’il y a un sens. Je pense que ça peut être aussi stimulant d’attaquer ce savoir par un côté purement phonétique et sonore, alors que la professeure cherchera à donner forcément un sens grammatical, ou une définition. Ça peut être une façon ludique d’accéder à un savoir. Pourquoi pas ?

LK : Peinture, musique, lumière, graphisme,… peut-on dire qu’Anne-Flore Cabanis est complexe ?

AFC : J’espère complète (rires).

Propos recueillis par Léon Kharomon

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« La Revue Eclair(e) » Casanova au collège Jean Zay

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novembre 19 2012 · 20:12

« Franchement tu » revisite Maupassant au collège Romain Rolland

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novembre 19 2012 · 20:05

Anne-Flore Cabanis s’installe au collège Gabriel Péri d’Aubervilliers

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novembre 19 2012 · 19:53

Récré en mode Dissonances à Joliot-Curie

Vendredi 05 octobre. Collège Joliot-Curie à Pantin. C’est l’heure de la récréation. Il est 09h50. Aujourd’hui, c’est pas rap, ni soul, encore moins du  techno dans les écouteurs. Place à de la musique classique. Sous le préau, Alain Martinez et Benoit Faucher gratifient les élèves d’une « danse de Hendel » et d’une valse musette des années 30 pour une pause bien mérité. En live ! Je m’attendais à voir les élèves bouder cette prestation. Que non ! Ils y ont pris plaisir et en ont même redemandé.  En fait, c’est  l’acte inaugural du groupe les Dissonances. L’accueil est plus que chaleureux. Une heure auparavant, au cours de leur tout premier atelier avec la classe de référence, les élèves ont appris comment tenir, mieux, comment  faire corps avec  les instruments de musique.

Faire corps avec l’instrument de musique, ça s’apprend.

En l’occurrence un violon et un violoncelle. Bien  plus que l’art, ils ont appris que la musique classique rime avec discipline, rigueur, passion et surtout  esprit d’équipe. Elle peut être frustrante, cette musique classique, quand on sait que, pour jouer de son instrument dans un morceau, il arrive qu’un musicien attende 10 minutes voire plus! Nul besoin de préciser qu’il n’a pas droit à l’erreur. Au risque de faire écrouler « l’édifice » auquel tous les musiciens de l’orchestre auront mis des heures de travail.  Pour ce faire, il faut bien sûr de la patience, l’autre qualité qu’on développe, sur fond d’écoute attentive. La musique, c’est bien plus qu’une simple combinaison de sons agréables à l’oreille… Cette année, ensemble avec les élèves,  Benoit Faucher et Alain Martinez vont travailler sur la 1ère symphonie de Gustave Mahler,  troisième mouvement. Ce compositeur, pianiste et chef d’orchestre qui vécut de 1860 à 1911 dans l’Empire d’Autriche, en a composé dix. Connues surtout pour leur orchestration assez originale. Héritier de la tradition austro-allemande, sa musique est très influencée par des grandes références du genre, tels que Bach, Mozart et Beethoven.

Léon Kharomon

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Les mots et les images ont la parole!

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novembre 19 2012 · 19:37

La Bibliothèque Elsa Triolet de Bobigny est partenaire de In Situ pour la résidence de Sandrine Roudeix.

Aurélie FREBAULT et Sylvie HENRION, respectivement  responsables de la « Bilbliobus » de Bobigny et de  la Bande dessinée  nous en disent  un peu plus sur le rôle que va jouer cette structure.

 Sylvie HENRION : Nous allons alimenter l’imaginaire des adolescents  en leur proposant des supports différents autour de la thématique du portrait et de l’autoportrait. Livres de photos, de peinture, Bd et la partie littéraire. Des pistes seront explorées à travers des courts métrages. Tout ceci donnera lieu à des discussions. On les aidera à trouver des pistes de recherche et d’inspiration sur le thème de l’identité pendant l’adolescence. Nous avons sélectionné un certain nombre d’ouvrages sur cette thématique. A l’instar du livre illustré de Thomas Cadene « Les autres gens ». Une vingtaine d’illustrateurs y ont participé en s’appropriant  sous forme de dessins les personnages décrits dans les récits de Thomas Cadene. On s’appuiera aussi sur la littérature en essayant de les aider à sortir de leurs lectures habituelles. On peut leur proposer des livres en classe ou directement ici en bibliothèque.

Aurélie FREBAULT : Nous avons l’habitude de travailler avec des collégiens, quel que soit leur niveau et la perception qu’ils se font  de la thématique abordée. Il est aussi  difficile de les mobiliser quand leurs professeurs  ne s’impliquent pas assez dans l’activité de la lecture. Il reste que nous sommes très motivés pour participer au projet In Situ, sachant que notre rôle consistera essentiellement à leur donner envie de lire. Nous allons faire comprendre aux collégiens de Pierre Semard que la lecture n’est pas une activité solitaire et qu’on peut raconter ce qu’on a lu à ses amis.

Les collégiens ainsi que tous les jeunes adolescents de Bobigny auront par ailleurs l’occasion d’enrichir leur réflexion avec l’exposition de Claudine DOURY. Intitulée « Photos d’adolescents, portraits sur l’âge du passage ». L’exposition se déroulera du 6 novembre au 31 décembre de cette année.

Propos recueillis par Léon AWAZI KHAROMON

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L’Alerte incendie de Sandrine Roudeix au collège Pierre Semard à Bobigny !

Pour son acte inaugural au collège Pierre Semard de Bobigny, Sandrine Roudeix crée la surprise.  

Dans un scénario dont seuls les artistes ont le secret, elle a  réussi à attirer tous les collégiens  autour d’elle: Ce matin, 05 octobre, il est  09h30 quand sonne une alerte incendie. Les élèves, encadrés par leurs profs, surgissent de toutes parts et accourent  sous le préau. La consigne de sécurité respectée, les uns et les autres se demandent  dans quel local se situe le foyer d’incendie.  Mais, rien n’indique le moindre départ de feu. C’est alors que, dans cette agitation, Sandrine monte sur une table et se met à lire à haute voix un extrait de son livre « Attendre », édité chez Flammarion.  Surprise et  curiosité se mêlent dans les expressions de visage  des ados. Ceux qui entourent l’artiste du haut de ce plateau de fortune sont visiblement scotchés. Les autres, au fond, voudraient  bien entendre ce qu’elle lit, mais n’y  arrivent pas. Pour cause, la sono, improvisée ce matin, fait des siennes. Qu’importe, Sandrine fera sans. Quitte à se casser les cordes vocales. Ne s’est elle pas fixée pour objectifs, entre autre, d’aider les collégiens, notamment ceux de sa classe de résidence à « mieux se cerner et s’appréhender… », bref  à prendre confiance en eux ?  Donc, il en faudra plus pour la décourager.  Elle est totalement investie dans sa mission et ira jusqu’au bout de sa lecture, gratifiée par des vifs applaudissements à la fin.

Sandrine Roudeix lisant à haute voix un extrait de son livre « Attendre »( Flammarion). Crédit photo / Léon Kharomon

Star malgré elle

Un quart d’heures s’est écoulé depuis l’alerte incendie. Il y a pas eu feu, mais de la culture vive en lieu et place.  Elle est à peine  rentrée dans son bureau  que des collégiens viennent lui solliciter des autographes. Difficile d’échapper au star-système. Même si le secret a été bien gardé par  sa classe de résidence, il est certain que, juste après la fausse alerte incendie,   les langues se sont déliées à Pierre Semard. « C’est la photographe de grands journaux, dont  l’Equipe Magazine, » se sont ils dit. « Elle photographie des stars du foot !, s’étonne une jeune fille, c’est classe, ça fait rêver ! ».Oui, ça fait rêver, mais Sandrine garde les pieds sur terre. Ici, au Collège, elle va travailler sur l’identité. Un défi à relever dans cette « ville-monde » qu’est Bobigny où l’identité se décline au pluriel, si pas à l’infini. Ces ados qui veulent découvrir le monde, en sont parfois bouleversés par sa complexité, comment les aider à se retrouver d’abord eux-mêmes. A cerner leur propre identité qui détermine aussi leur personnalité et leur caractère. Comment les emmener à s’accepter tels qu’ils sont et à assumer le regard des autres. ?

100 portraits photo

Comment  va-t-elle s’y prendre ?  Par la photographie couplée avec la littérature. Pour une classe de 25 élèves, Sandrine va réaliser 100 portraits photos légendés avec des textes écrits autant par elle que par les élèves. A travers  4 planches, chaque élève sera  « vu » en texte et photo par l’artiste, par lui-même et par ses collègues de classe. Ce sera un travail évolutif du début à la fin de l’année.  Le but est de «faire réfléchir les élèves sur l’évolution, la maturation et l’affirmation de l’identité d’un enfant qui devient adolescent, affirme t-elle, on travaillera aussi sur la subjectivité de l’identité de chaque adolescent dans le regard d’un autre adolescent pour voir ce que cela implique comme regard sexué et regard projeté ». Ce travail de réflexion sera couronné par une exposition en juin 2013 à la médiathèque de Bobigny, avec des photos et des textes qui seront lus à haute voix par des élèves le jour de l’inauguration.

Sandrine Roudeix collabore en tant que photographe régulière au Figaro Magazine, au Point, à l’Express et à l’Equipe Magazine. Comme écrivain, elle compte  à son actif deux romans, deux livres de photos et une monographie. En fait, son travail a toujours consisté à scruter  l’image par le texte et vice-versa. Elle compte publier en 2013 un roman sur une femme qui écrit sur une femme photographe et un livre de photos en tant que femme photographe qui photographie des femmes écrivains.

Léon AWAZI  KHAROMON

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In Situ, les artistes dévoilent leurs projets à la Maison des Journalistes

Ils avaient accepté de partager leur savoir-faire avec les collégiens de la Seine Saint-Denis à travers le projet « In Situ ». Certains d’entr’eux piaffaient d’impatience pour vivre cette expérience originale. Quelques uns avaient déjà pris langue avec le corps professoral de collèges où ils vont s’installer tout au long de l’année 2012-2013. Jeudi 27 septembre a été l’occasion pour ces artistes de faire connaissance et d’expliquer brièvement leurs projets respectifs.

La rencontre, conviviale, s’est déroulée dans le XVè parisien, plus précisément à la Maison des Journalistes.Yasmine di Noia et Cathy Losson, les deux chargées de mission qui travaillent d’arrache-pied sur ce projet sous la direction de Dominique Bourzeix, nous avaient envoyé les notes d’intentions des artistes, mais la rencontre à la MDJ a permis aux uns et autres d’apprécier, entre autre, l’humour déjanté de Nicolas Bianco-Levrin, dont les casquettes se déclinent d’illustrateur de bandes dessinées à celle de réalisateur de films d’animation en passant par celle de concepteur de chartes graphiques.

Le 25 septembre, le père de Kroak, ( du nom de sa BD) était en immersion à la médiathèque  Joseph Kessel de Villepinte où il a expliqué à quelques professeurs du collège Les Mousseaux comment va se dérouler sa résidence : « L’idée est de partager les étapes de réflexion avec les jeunes en mettant en scène l’avancement sur les carnets de croquis qui le permettent de fabriquer mes histoires. Il s’agirait de mettre ces jeunes en situation de recherche, soit sur un projet en groupe, soit sur des projets personnels.(…) Tout au long de la résidence, je tiendrai à disposition l’avancement de mes recherches ».lit-on dans sa note d’intention. Ces carnets de croquis, fabriqués et reliés par lui-même, permettent à Nicolas de saisir les instants de son inspiration afin de ne pas en perdre une miette.

A tour de rôle, parfois dans un anglais très « frenchy » destiné aux résidents anglophones de la MDJ, les artistes expliquent leurs projets. Les uns aussi originaux que les autres. A l’instar des Dissonances qui comptent partager leur expérience d’un orchestre « sans chef » avec les collégiens de Joliot-Curie à Pantin, ou encore la Revue éclair, dont les trois membres ont l’intention de construire ensemble avec les collégiens de Jean Zay à Bondy, une œuvre qui sera « le fruit des affinités partagées sur le terrain » tout au long de la résidence.

Pour sa part, Sandrine Roudeix, écrivain et photographe de presse, s’intéresse à la question de l’identité. Elle compte, à travers la photo et l’écriture de l’image, aider les collégiens à percevoir leur identité, à mieux se cerner à travers leur propre regard et celui de leurs entourage, que ce soit à l’école, dans le cercle familial ou ailleurs. Sa démarche se veut à la fois artistique et pédagogique. Elle reste cependant délicate au regard de la complexité avec laquelle se pose la question de l’identité  en Seine-Saint Dénis où plus de 80 nationalités cohabitent au quotidien.

Conscient, à la fois de la richesse et du défi que représente cette diversité, le Département de la Seine-Saint Denis  a lancé en 2007 le projet In Situ qui vise à promouvoir l’éducation artistique et culturelle dans les collèges. Dix artistes prennent leurs quartiers dans autant de collèges en raison, au moins, d’une  journée par semaine durant toute l’année scolaire.

Ensemble avec les collégiens, ils élaborent des projets autour d’une thématique fédératrice qui nécessite, bien évidemment l’implication du corps enseignant. In Situ, à la différence d’autres projets du genre, ne se déroule pas en marge des activités scolaires. Il s’inscrit entièrement dans le calendrier « normal » de l’année scolaire.

Léon AWAZI KHAROMON

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Classé dans Anne Flore Cabanis, Donald Fels, Franchement tu, Les Dissonances, Nicolas Bianco, Olivier Babinet, Revue Eclair, Sandrine Roudeix, Thierry Thieû Niang