Archives mensuelles : mars 2013

Le carnet de bord de Nicolas Bianco (3)

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« Roséphine», un parfum avant le bouquet final !

Restitution de Donald Fels au collège Honoré de Balzac

Au terme de 6 semaines de présence et de travail, c’est à travers une installation que  l’Américain Donald Fels, premier artiste étranger à participer à l’expérience In Situ, a restitué le 22 mars dernier sa résidence artistique au collège Honoré de Balzac à Neuilly-sur-Marne. C’était aux côtés de Wilfried Genetine, Professeur d’Arts plastiques, et en présence de représentants du Conseil général de Seine-Saint-Denis, du personnel enseignant de l’établissement scolaire et des élèves. L’artiste a tenu sa promesse de faire de la rose la thématique de sa résidence. Aussi donc, les élèves ont-ils pu imaginer « la machine à fabriquer le parfum », des  maquettes de flacons à parfum gravés de motifs  de rose. Ils ont réalisé divers collages en papiers pour  obtenir une carte historique retraçant la grande aventure de la rose à travers les voyages de Joséphine de Beauharnais. Dans le même espace, on pouvait apprécier divers tableaux conceptuels préfigurant la grande exposition que Donald Fels compte présenter à Paris en 2014 autour du même thème de la Rose. Mais la surprise de la soirée, c’est « Roséphine », le parfum fabriqué par les élèves avec l’aide de Camille Leguay, un nez parisien. 4 semaines de travail ont été nécessaires à cette parfumeuse pour expliquer  aux collégiens la physiologie de l’odorat, l’olfaction et les émotions qu’elle peut susciter. Ils ont aussi abordé les principes et les techniques de mémorisation d’une odeur, la présentation de matières brutes végétales et animales nécessaires à la fabrication d’un parfum. Comment extraire par exemple du romarin pour fabriquer une huile essentielle. Ils ont passé au crible quelques molécules odorantes et étudié la composition d’un parfum en faisant la différence entre les notes de tête, de cœur et de fond.

parfum

La restitution a été agrémentée par une chorégraphie présentée par les élèves de la classe de référence sous la direction de leur professeur d’éducation physique et sportive. Des Arts plastiques à l’Eps en passant par la Chimie, la technologie..la résidence de Donald Fels a bénéficié d’un écho favorable au sein du collège Honoré de Balzac. Comme l’ont reconnu l’artiste et le professeur d’Arts Plastiques dans l’interview ci-dessous.

Donald Fels, Artiste :

« La création de ce parfum a suscité quelques vocations chez les élèves »

Donald Fels

: Nous voici arrivés au terme de l’aventure In Situ ici au collège Honoré de Balzac, quelles sont vos impressions ?

Donald Fels : J’ai été très satisfait. Les élèves étaient gentils et généreux ainsi que les professeurs avec lesquels j’ai travaillé.( Wilfried Génetine).

: La dernière fois qu’on s’est vus, il y a deux semaines, tu travaillais avec les élèves sur des maquettes de flacons en argile. Aujourd’hui, le parfum est déjà fabriqué. Comment cela a-t-il été possible en si peu de temps ?

D.F : Tout s’est fait en si peu de temps. Nous nous sommes concentrés avec les élèves pendant un mois sur le parfum, comment le fabriquer et en deux semaines, ils ont pu trouver une formule de parfum et ont pu le fabriquer.

: Envisagez-vous de le produire en grande quantité plus tard ?

D.F : Non, je ne pense pas. Je travaille actuellement avec un professionnel du parfum, un « nez »  ici à  Paris pour mon grand projet de parfum, et il est très enthousiaste pour produire mon parfum. C’est lui qui a produit celui-ci. Le parfum produit avec les élèves leur est réservé ainsi qu’aux invités  à cette réunion de restitution.

Q : Allez-vous emmener quelques échantillons de ce parfum « Roséphine » à vos élèves à  Chicago ?

D.F : Bien sûr, ils seront très contents. Mais pour les collégiens d’ici, cela a été une expérience fascinante que de fabriquer un parfum. Même pour moi, je ne savais rien sur la fabrication d’un parfum. C’est quelque chose sur laquelle, je n’ai pas une grande expérience. C’est pourquoi, c’était très intéressant pour moi. Je suis comme un enfant à qui on a apporté des livres. Et la dame, ( Camille Leguay, Ndlr)  nous a aidés à comprendre la fabrication d’un parfum

Q : Que comptez vous faire à votre retour aux Etats-Unis ?

D.F : J’habite Seatlle, mais je garde espoir que les élèves vont visiter Chicago où ils pourront voir mon exposition à New Chicago. Je pourrais venir les rencontrer. Et ce sera quelque chose de spécial.

: Qu’en est il de cette exposition que les élèves pourront visiter ?

D.F : Elle ne porte pas sur le travail que je viens de réaliser ici. En fait c’est une exposition itinérante que j’ai réalisée en Inde  il y a  plusieurs années. Elle continue à tourner. Nous devons nous déplacer à un endroit nouveau chaque fois qu’on m’invite. Et cette fois-ci, l’exposition aura lieu à Chicago. Et quand les élèves m’ont dit qu’ils pourront effectuer un voyage à Chicago, je leur ai promis de les rencontrer là bas. Et ce serait très intéressant ! J’ai constaté que la création de ce parfum a suscité quelques vocations chez les élèves.

Wilfried Genetine, Professeur d’arts plastiques :

« C’est un vrai travail de réflexion autour de la création artistique »

Q : Quelles sont vos impressions à la fin de cette résidence In situ au collège Honoré de Balzac ?

W.G : Pour nous, ce n’est pas un point final. En fait Donald est venu pendant 6 semaines, un petit peu plus avec des allers-retours pour des voyages entre l’Italie, Paris et Neuilly-sur Marne. Il y a un travail qui a été fait avant sur Donald Fels. Un travail de présentation aussi de l’établissement. Et puis, il y a eu toute la résidence au collège et la restitution aujourd’hui qui va rendre visible cette résidence. C’est un vrai travail de réflexion autour de la création artistique en relation avec un vrai projet  fait avec des élèves. C’est un travail fait en écho. Donald a fait de petits ateliers plusieurs fois par semaine avec des élèves. Il a travaillé sur son projet personnel aussi. Cette restitution montre en fait cette mise en relation. Je trouve formidable l’impact que cette résidence a eu sur l’établissement. Même si  c’était invisible, mais on a pu travailler avec beaucoup de classes sur le projet ou autour du projet. Des machines imaginaires, des flacons de parfum, du motif de la rose avec des élèves qui n’ont jamais rencontré Donald Fels, qui en ont entendu parler ou qui l’ont croisé. Ça a touché une centaine d’élèves en fin de compte directement ou indirectement. Et puis il y a l’après Donald Fels….

Q : Justement, avant de parler de l’après, dites nous d’abord quels sont les objets qui ont été exposés pour  cette restitution ?

W.G : Son travail a pris plusieurs formes. Il y a eu tout un travail pour fabriquer une machine imaginaire pour fabriquer du parfum. Travail très conceptuel, très poétique sous forme de dessin, de volume, ou de réflexion. Il y a eu la création de flacons de parfum en mémoire de Joséphine de Beauharnais. Les élèves ont  crée aussi un parfum. C’est une création issue d’un atelier tenu pendant plusieurs semaines. Ce parfum existe et s’appelle « Roséphine ».C’est un nom trouvé par une élève qui s’appelle Elizabeth Agueye. Elle est en cinquième. Comme elle, beaucoup d’élèves se sont investis là-dedans. Ils ont choisi ensemble le parfum.  Et il y eu aussi de nombreuses visites pendant la résidence. Au total 5. Il y en a encore à venir, à l’Haye-le Rose au printemps. Il y a aussi tout le côté relationnel avec l’artiste. Des professeurs qui travaillent à l’école ont trouvé ce projet très intéressant et très riche d’être à son contact pendant 6 semaines. On a travaillé aussi  avec des élèves pour cette installation pendant cette semaine. Depuis lundi. Parfois sans les élèves. Parce qu’il faut parfois beaucoup de calme pour pouvoir installer sereinement. Du coup, cela a donné deux espaces qui sont interdépendants l’un de l’ autre, tout en écho. Il y a le travail de Donald qui est très visuel et le travail des élèves intégrés dans celui de l’artiste. C’est riche de sens et réussi.

Q : Et au mois de juin, il est prévu une visite à l’Hay-les-Roses….

W.G : Oui, ça continue dans ce sens là. On emmène les élèves travailler sur un projet de voyage à Chicago pour retrouver Donald le 14 octobre. Les choses se précisent pour faire un voyage l’année prochaine avec ces mêmes élèves.

Q : C’est maintenant sûr qu’ils vont partir ?

W.G: Oui. Après, c’est une question de moyens, de budget pour concrétiser cela. Il y a tous les aspects pratiques qu’il va falloir travailler. Il y aura peut être la venue de Donald Fels l’année prochaine dans le cadre du parcours « L’Art et la Culture au collège » avec le Conseil général.. C’est un projet qui va rebondir l’année prochaine sous de multiples formes. L’idée, c’est de travailler dans le temps avec les élèves. Parce que bien souvent les choses se font et s’arrêtent et puis on passe à autre chose. Mais là l’idée, c’est de continuer à travailler. Même les élèves qui n’ont pas travaillé peuvent s’y mettre. Sous forme de plan, de dessins, on peut travailler sur son projet.

Q : ..et les T-Shirts coloriés que je vois là… ?

W.G : c’est un travail fait avec la prof d’éducation physique et sportive. Les élèves ont fait une chorégraphie autour de la rencontre avec l’artiste. La rencontre avec les élèves qui pourraient aller à Chicago. Donc, ils ont travaillé sur des T-Shirts. C’est une façon de remercier Donald Fels. Il y a eu des profs qui se sont impliqués de différentes façons. Pour nous c’est un moment particulier qui devrait annoncer d’autres moments. L’idée étant d’intégrer l’art dans l’établissement. L’année prochaine dans le cadre de l’Art et la Culture au collège, on va travailler avec un artiste irlandais. On part déjà avec cette dynamique de la résidence In Situ. L’idée, c’est de confronter les élèves à des démarches d’artistes différents.

Q : Vous avez beaucoup facilité la compréhension entre l’artiste et les élèves en servant de traducteur..

W.G : Oui, c’est vrai. Mais, je pense qu’au-delà de la traduction, je me sens assez proche de la façon de travailler de Donald Fels. Du coup, ça facilite énormément les choses. C’est vrai qu’on s’est rencontré beaucoup à l’extérieur. Je pense que quel que soit l’artiste, à partir du moment où il ya la volonté, on peut s’adapter  , le collège peut s’adapter aussi. Malgré ce qu’on entend dans les médias. C’est vrai que les collèges ne sont pas de territoires faciles, mais travailler avec un artiste au sein de l’établissement, ça permet d’ouvrir des portes aux élèves. Ça leur ouvre d’autres horizons.

Q : ça peut même susciter des vocations….

WG : :..Alors, ça je ne sais pas. C’est vrai qu’on en parle jamais. Mais, je sais qu’il y a des élèves qui ont envie de travailler les arts, l’architecture…ça permet de réfléchir. Et à partir du moment où il y a cette réflexion, c’est tout bénéfique pour eux, même si ce n’est pas visible…comme tout du reste. Ils découvrent  que l’art en fait, c’est un vrai métier, avec une vraie démarche intellectuelle et pas seulement, par exemple, une peinture abstraite à laquelle on ne comprend rien.

Porfoliot:

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Je dessine, donc je suis

Bousculer ses élèves, les pousser à sortir des tripes leur potentiel, à se représenter le monde tel qu’ils peuvent l’imaginer, avec leurs mots, leurs images, leurs rêves. C’est l’exercice auquel Nicolas Bianco a soumis sa classe de référence au collège les Mousseaux à Villepinte. Pour y parvenir, l’artiste a sa méthode à lui : le dessin décalé. Dessiner un personnage pensant à autre chose que ce qu’il fait sur le moment. Par exemple cet homme qui perce un coffre- fort et qui pense  en même temps à ce qu’il va faire avec son magot. En fait il s’agit de trouver le décalage le plus fort entre l’action et la pensée d’un personnage. Techniquement, cela se rapproche du dessin de presse dont la force réside justement dans ce décalage censé produire un effet sur le lecteur. Avant de les soumettre à l’exercice, Nicolas Bianco leur a d’abord  expliqué les différents rapports  qui peuvent exister entre le texte et l’image. Tout est possible entre les deux. Mais il faut  surtout éviter  la redondance. Que le texte et l’image disent la même chose est la chose à proscrire.

Nicolas Bianco

Crédit photo: Léon Kharomon

Les 5 premières minutes, les élèves se regardent les uns les autres, un silence chargé de questions s’installe dans la salle. La plupart se demandent comment le faire. C’est comme imaginer  quelque chose et son contraire à la fois. «Là, je les ai énormément bousculés. Ils avaient des idées reçues sur la notion du rapport au travail, par exemple. J’ai réussi à les mettre en situation de recherche et de déséquilibre. Maintenant quand je leur propose quelque chose qui les déséquilibre un peu, ils ne sont plus forcément sceptiques. Ils y vont, ils essayent.» affirme Nicolas Bianco. Puis, quelques  élèves se lancent. Des esquisses de dessin  se remarquent ça et là.  Ce jour là, nous l’avons trouvé dans la classe d’Arts plastiques aux côtés de Martine Merah, la prof d’arts plastiques. Il s’agit pour les élèves de décrire s’ils sont d’accord avec leur environnement ou s’ils s’y opposent. Ce sont des compositions très personnelles qui peuvent être très colorées, très sombres, et parfois tragiques. Ça indique une réalité à laquelle ils pensent. Comme sur ce dessin où l’on voit des vêtements jetés pêle-mêle alors que le garçon pense à d’autres vêtements et aimerait être très riche.

La couleur, une émotion

Martine MERAH avoue les influencer dans l’usage des couleurs. « Je leur dis : faites-vous plaisir ». Quand ils se font plaisir, ils produisent forcément de bonnes choses. La couleur, avoue t- elle, est une émotion qu’ils transmettent à celui qui regarde. Avec la prof d’Arts plastiques, ils travaillent sur la notion de la pensée et de l’image. Nicolas Bianco s’est servi de cette notion pour le rapport texte-image ou image-image. Comment faire pour créer du sens avec deux signes qui apparemment n’ont rien avoir l’un à côté de l’autre mais parce qu’ils sont ensemble, créent sens. L’artiste collabore aussi avec les profs  de mathématiques, de musique, et de lettres. Pour les autres matières, ça devrait arriver plus tard dans l’année. Il faut que les élèves trouvent ce qu’ils ont envie de raconter. Soit ils ont un projet, auquel cas il va les aider, soit Nicolas lui-même impulsera une idée. Il a remarqué que les élèves sont toujours partants à 100% quand on leur propose un sujet. Mais dès qu’il faut qu’ils trouvent quelque chose par eux-mêmes,ç’ est plus dur à  creuser. C’est comme s’ils  n’arrivaient pas à sortir ce qu’ils avaient à l’intérieur d’eux. « Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien. Ça signifie tout simplement que c’est plus caché », souligne Nicolas Bianco.

Nicolas Bianco

Crédit photo: Léon Kharomon

De son côté, Martine Merah  est d’avis qu’il faut en moyenne quatre heures par exercice. Certains élèves sont plus rapides que d’autres. Elle leur fait travailler le maximum de choses en classe, «parce que chez eux, ils ont des difficultés de concentration » remarque- t’elle. Sa collaboration avec Nicolas se passe bien. « Je me greffe sur ses cours, il se greffe sur les miens. Ça permet de compléter et  d’avoir un autre avis ». :  Nicolas Bianco amorce ainsi la deuxième étape de son projet avec les élèves dans le cadre de sa résidence In Situ au collège les Mousseaux à Villepinte.  La première étape ayant  consisté durant les quatre premiers de l’année scolaire à la réalisation par les élèves d’un film d’animation d’une minute avec  au moins 500 images. Avec une classe divisée en quatre groupes, il a pu obtenir quatre petits courts métrages d’une minute chacun. La restitution de ce premier projet s’est fait en classe. Et les 4 petits films d’animation ont été projetés  ensuite à la médiathèque  de Villepinte, attenante au collège.  Pour la deuxième étape, les élèves ont  carte blanche. Libres à eux de proposer un sujet. Nicolas sera là plus pour les aider.

Léon KHAROMON

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Le carnet de bord (2)

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Un parfum made in collège Honoré de Balzac

Avec des navets, de patates douces et de pommes de terres étalés sur un plan de travail, on se croirait dans un atelier d’arts culinaires. Mais un rapide coup d’œil sur les étagères renseigne qu’il n’en est rien. Ici, sont aussi rangées plein d’objets en argile, dont de petites sculptures, toutes évoquant la rose. Bienvenus dans l’atelier que squatte depuis bientôt trois mois l’artiste américain Donald Fels au collège Honoré  de Balzac dans le cadre de sa résidence In Situ. Mais que viennent faire ces végétaux dans un atelier  d’arts plastiques ?  Ils vont servir de matériau pour la fabrication d’un objet d’art, notamment d’un tampon en forme de rose.  De la patate au tampon la transformation n’est pas évidente. Il fallait y penser. Pour y parvenir, l’artiste propose deux méthodes : On découpe la pomme de terre, on en extrait une partie au milieu et on crée la forme d’une rose ou alors on délimite la rose en creusant suffisamment sur la pomme de terre avec ce petit couteau en bois, ensuite, on coupe le tout pour qu’apparaisse le petit bout de rose. Et le tour est joué. L’utilisation de ces matériaux 100% naturels résonne comme un appel de l’artiste aux élèves à respecter la nature. A leur faire prendre conscience de la richesse  insoupçonnée dont regorge dame nature, pour peu qu’on y fasse attention. Le même souci de rester très proche de la nature se remarque aussi à travers l’utilisation de l’argile comme matériau principal dans la conception d’une maquette de flacon pour parfum. C’est le travail demandé aux élèves de la 4ème Segpa.  Accompagnés de leur professeur, les collégiens sont venus poursuivre le travail commencé une semaine plutôt. Mais l’argile, matériau 100% naturel, subit les aléas du climat. Quelques fissures sont apparues sur les objets. Donald Fels explique aux élèves comment restaurer ces maquettes avec délicatesse pour qu’elles ne se cassent pas. Car, il faudrait y ajouter des motifs décoratifs, évoquant une fois de plus… la rose ou la Martinique dont fut originaire Joséphine de Beauharnais.Par son esthétique, l’objet doit raconter une histoire, évoquer un moment et susciter le désir. On vend plus qu’un objet. On vend son histoire. C’est ce qui intéresse l’artiste, plus que l’aspect commercial. Aussi a-t-il proposé au début de sa résidence, une visite guidée au Château de Rueil Malmaison. Là même où vécut Joséphine de Beauharnais, au milieu de roses et de son impressionnante collection d’espèces animales venues du monde entier. Donald Fels voulait que les élèves s’imprègnent de cette histoire. Manque de bol. Ce jour là, la guide leur a plus parlé de Napoléon que de sa compagne. « Je pense que la guide était trop fan de l’empereur », ironise l’artiste.

De l’argile au flacon de rose

Donald Fels

Donald Fels donne quelques consignes aux élèves pour restaurer leurs maquettes en argile.                       ( Crédit Photo : Léon Kharomon)

Peu importe cette sortie un peu ratée, il en faudra plus pour le dissuader de sa passion pour les roses. La veille de notre visite à l’atelier, il a passé 7 heures à Lyon avec des scientifiques de l’INS à parler de cette fleur magique .C’est le fil conducteur de son projet. Wilfried Génetine, le prof d’arts plastiques est d’avis que c’est un « thème fédérateur et empreint de poésie pour des adolescents. ». ça leur permet de laisser libre cours à leur imagination.

 

L’usage des matériaux naturels dans ce projet l’a particulièrement « emballé ». Wilfried travaille depuis deux ans avec le musée Rodin, sur la réalisation de la « porte de l’enfer ».  Il utilise beaucoup l’argile dans ses ateliers d’arts plastiques. Il nous montre une grosse installation à laquelle ont participé les élèves l’année passée. Une façon de dire que le projet de l’artiste américain est bien en relation avec ce qu’ils font au niveau de la pratique au Collège Honoré de Balzac.  « Je pense que lui aussi s’imprègne de ce qu’il voit ici pour enrichir son travail. Par exemple il va partir des dessins des élèves pour dessiner lui-même, pour reprendre les motifs. je continue le travail en classe par exemple sur les machines ou sur autre chose par ce qu’ensuite il va les réutiliser et peut être les réorienter » affirme t-il.  Il y a une partie conception et l’autre d’exécution.

Leonard de Vinci à la rescousse

Dans celle-ci, il y a beaucoup des choses qui interviennent. Fels donne la thématique générale, après chacun prend ce qu’il a envie de prendre, mais toujours dans le cadre du projet. Imaginer un parfum est une chose, concevoir une machine pour le fabriquer en est une autre.

On s’inspire d’un dessin inédit de Léonard de Vinci pour fabriquer la machine à parfum. (Crédit photo : Léon Kharomon)

On s’inspire d’un dessin inédit de Léonard de Vinci pour fabriquer la machine à parfum.                (Crédit photo : Léon Kharomon)

Il y a un aspect scientifique dans le travail de l’artiste. D’où l’étude de cet environnement techno avec quelques machines. ça part de l’imaginaire de ce que les élèves ont en tête. Wilfried  leur montre des dessins de Léonard de Vinci sur des choses qui n’ont jamais été réalisées de son vivant. L’idée étant de leur montrer les mécanismes dont ils peuvent s’inspirer pour la fabrication des parfums. On est parti sur plein de machines, des formes, etc… Il y a une dimension poétique aussi qui lui  plait beaucoup en arts plastiques. « Ce sont des machines à faire rêver ». Le parfum, c’est sensoriel. Il ya des ingrédients pour fabriquer le parfum et les machines vont révéler comment prendre en compte ses ingrédients. On va essayer d’écraser par ex les roses, d’autres machines vont les dissoudre dans des produits. A chaque fois, c’est très différent.La physique et la chimie rentrent dans ce processus de fabrication. Il ya une professionnelle du parfum qui intervient. Elle fait partie d’une association qui s’appelle les « Cinq sens ». Ils font de la distillation le mardi matin. Ils utilisent des machines pour fabriquer des huiles essentielles. L’idée étant de créer un parfum pour Joséphine. On a voulu évoquer la mer, les fruits exotiques. Donc, ils vont fabriquer tout

ça à partir des techniques de distillation en laboratoire. En arts plastiques on conçoit des machines imaginaires, et en sciences physiques, ils vont vraiment utiliser différents matériaux pour fabriquer un parfum. Ce sera du parfum en petite quantité bien sur. Les élèves demandent à Donald Fels si ce parfum sera à vendre. Il n’en sait rien. Ce qui l’intéresse c’est que la résidence ait un impact sur tous les élèves du collège et sur d’autres disciplines aussi. Ce qui est important pour les élèves, c’est de savoir que ce qu’ils vont faire pourrait être regardé par l’artiste aussi ; ça les encourage de savoir que leur projet de machine à fabriquer le parfum pourrait  inspirer l’artiste. Un projet passionnant dont le bilan de la première phase sera restitué par Donald Fels lui-même ce vendredi 22 mars 2013 à 17h30.

Léon KHAROMON

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Un élève explique son projet de machine à fabriquer le parfum à ses camarades. ( Crédits photo : Léon Kharomon)

Un élève explique son projet de machine à fabriquer le parfum à ses camarades.Des végétaux et de l’argile. Donald Fels et Wilfried Génetine privilégient l’usage de matériaux  100% naturels dans leurs ateliers. ( Crédits photo : Léon Kharomon)

Des végétaux et de l’argile. Donald Fels et Wilfried Génetine privilégient l’usage de matériaux 100% naturels dans leurs ateliers. ( Crédits photo : Léon Kharomon)

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Le carnet de bord

Nicolas Bianco-Levrin

Comme un carnet de voyage, Nicolas Bianco-Levrin raconte les différentes phases de sa résidence au collège les Mousseaux de Villepinte; rituellement et tous les mardis quand il peut. Ci-dessous quelques extraits de son carnet fait main, qu’il a bien voulu partager.

Carnet de Nicolas Bianco

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…Et si on dessinait la classe idéale!

Studio Brichet-Ziegler au collège Jean-Moulin à Montreuil

«C’est moi qui ai imaginé le bureau du prof. ici , il y a un côté pour les bavards .Les jours de contrôle, pour ne pas tricher, on les mets devant le prof…. Et là, il y a un rangement pour les  classeurs, les feuilles de contrôle , et là, il y a une petite poubelle  ». Kautar Benamar, élève en 3ème Segpa au collège Jean-Moulin à Montreuil , est fière de nous montrer  son dessin.  C’est une élève qui ne manque pas d’idées.  Elle en regorge. Parfois, ça déborde.  Peu importe que ses collègues se moquent de son idée d’ajouter au bureau du prof des « lumières…sombres ».  Il en faut plus pour la décourager. Elle précise : «  En fait,  j’ai rajouté un truc qui sert à rien, mais j’aime quand même : la lumière qui défile sur la table du professeur,  une lumière sombre et discrète, vert foncé, bleu foncé, que des couleurs foncées… ».  Intarissable, Kautar !

Studio Brichet

Pierre et Caroline modélisent des projets en 3D pour rendre le mobilier scolaire plus convivial ( Crédit photo : Léon Kharomon)

Nous  l’avons rencontrée ce jeudi 21 février  lors d’un atelier animé par Caroline Ziegler et Pierre  Brichet dans le cadre de leur résidence in situ dans ce collège du 93.  Aujourd’hui, il est question de peaufiner ce bureau de prof qu’ensemble avec les élèves, ils ont imaginé.  « Le sujet étant le mobilier scolaire, on leur a d’abord demandé  ce qu’étaient leurs idées, ce  qu’ils aimeraient changer, » nous explique Caroline Ziegler.  Ils voulaient par exemple  avoir un élément pour accrocher le cartable, il y a en qui ont proposé d’avoir une petite poubelle sous la table  pour éviter de se lever toutes les cinq minutes ; d’avoir un porte-manteau sur leurs chaises pour éviter que le manteau  s’accroche sur les dossiers ; des petites poches de rangement pour pouvoir mettre ses affaires. Un rangement pour les stylos, les cahiers et les livres… «  En gros, on a fait un brainstorming »

Les élèves ont essayé de dessiner en fonction de leurs idées.  A partir de cette « matière  brute », les deux designers ont commencé à dessiner véritablement. D’abord la chaise. En fonctionnant comme  si les élèves étaient des  clients qui avaient passé commande. 5 formes différentes de chaises leur ont été ensuite proposées en tenant compte du  coût et de la solidité. Il fallait s’évader un peu de ce style tout en gardant à l’esprit certaines contraintes , tel que le coût de fabrication, pour que le projet soit réalisable un jour.

Une entreprise de mobilier scolaire a accepté d’être partenaire pour  réaliser des prototypes. « On est resté sur du tube métal, du contre-plaqué pour les dossiers,… en essayant d’emmener des formes un peu plus surprenantes, plus dessinées que les chaises classiques » souligne Caroline. Pour elle, il faut  emmener un peu du domaine de l’habitat dans l’école.  On peut  imaginer aussi des accessoires qui peuvent s’ajouter à cette collection comme des coussins sur les chaises. Il y a eu pas mal de demandes de coussins  par les élèves qui pensent que ça donne envie de travailler et permet d’avoir moins mal au dos. Au final,  il y aura la chaise et  le bureau  de l’élève, le bureau du prof, l’armoire du rangement, plus  un grand panneau d’affichage pour personnaliser un peu la classe, par exemple y ajouter une petite étagère où élèves et professeurs pourront déposer  des bouquins. On y a  prévu aussi une horloge. L’idée est que ce panneau soit en textile, 3 ou 4 mètres de long pour habiller le fond de la salle et lui apporter une bonne  acoustique capable d’absorber un peu le bruit, sans que ça se voie.

Studio Brichet élève Kautar

Kautar rêve d’un bureau de prof avec plein de lumières et une place pour surveiller les tricheurs ( crédit photo : Léon Kharomon)

A propos du nom que va porter la collection, Pierre demande à ses apprentis designers d’y penser déjà. Et pas n’importe quel nom. Il veut un nom qui ait du sens. Qui raconte un peu l’histoire de cette collection.  « Un nom stylé, quoi ! » commente Kautar. Elle, rêve sans doute de ce jour où leur collection sera présentée au public. D’abord à Jean-Moulin, puis en dehors du collège. Plus précisément à Pantin, aux Designer’s Days, une grande rencontre de spécialistes de cette discipline.

A la découverte du design

Le design, une discipline encore peu connue du grand public, même si nombre d’objets qui nous entourent  et que nous utilisons au quotidien sont les fruits de l’imagination  des designers.

Aussi donc, il n’était pas facile de gagner l’enthousiasme des élèves pour ce projet.  L’euphorie  suscitée  par les beaux meubles de jardin exposés  dans la cour du collège le jour de l’acte inaugural est bien passée. Ils ont retrouvé le train-train quotidien du collège et son mobilier pas toujours joyeux.   C’est ainsi que Pierre et Caroline les ont emmenés à la découverte de cet art à travers des expositions dans des galeries.

« On a fait une sortie  dans le Marais pour une exposition dans une galerie avant les vacances de Noel » se souvient  un élève. « C’était super, toutes ces lumières ! »  Les deux artistes voulaient en fait montrer à la classe de référence ce qui se fait en design sous différentes approches, selon les formes d’objets. La semaine dernière, c’était au tour des arts décoratifs avec des chaises remontant du Moyen-âge jusqu’aux années 80. Chaque visite étant suivie de discussions en classe. Au retour des vacances d’hiver, ils vont travailler sur les prototypes de modèles sélectionnés.  Peu à peu, Pierre et Caroline tentent d’inoculer le virus du design au collège Jean Moulin. L’idée étant de rendre une salle de classe  un peu plus sympathique, personnalisée, et  que l’ambiance soit plus à l’image de leur univers d’adolescent. Qu’il y ait des couleurs et des matières un peu plus chaleureuses.

Léon KHAROMON

 

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Nicolas Kerszenbaum: panique à « Sous-Bois » !

Collège Romain Rolland, Clichy-sous-Bois

 

Imaginer une ville appelée Sous-Bois, construisez y un immeuble pour artistes, entourez  le tout d’une forêt épaisse où peuvent  disparaître des enfants.  Vous y êtes ? Non ? Alors, imaginez la cave d’un immeuble ou s’aventurent quatre élèves, éteignez, puis rallumez la lumière pour constater qu’en ce laps de temps, deux d’entr’eux ont disparu.  L’exercice semble improbable? Faites alors un tour au collège Romain Rolland à Clichy-sous-Bois, où Nicolas Kerszenbaum, en résidence  artistique durant toute l’année scolaire, essaye de transmettre son goût du fantastique aux élèves de  quatrième 5, sa classe de référence dans le cadre du projet In Situ.

Décembre 2012, après les balbutiements des  premières heures, le projet a pris forme : créer une série théâtrale à partir de 7 ou 8 petites scènes. L’artiste a laissé les élèves définir la structure, imaginer les dialogues sur fond d’improvisation, avec leurs mots et leur style à eux. C’était donc carte blanche pour la créativité. Mais, un mois de janvier sans Nicolas a émoussé quelque peu l’ardeur des élèves. Les fêtes de fin d’année sont aussi passées par là. Quoi qu’il en soit, il fallait  donc reprendre les choses en main. C’est en véritable coach que Nicolas s’est adressé  ce lundi 11 février à ses apprentis. Sur un ton à la fois bon enfant et ferme, il les a incités à plus de travail, sous l’œil complice de Rim Reijichi, leur professeur  de français.  Le temps presse. « Ca va bosser, aujourd’hui ! » leur promet Nicolas. De la parole à l’acte, il divise la classe en groupe de quatre élèves. A tour de rôle, un groupe le rejoint dans le local 211 pour la répétition.

Franchement tu

Des élèves tentent de persuader leur prof de français de la disparition de leurs collègues à « Sous-Bois » ( Crédit photo : Léon Kharomon)

Entre le documentaire et le fantastique

L’artiste leur rappelle rapidement les canevas autour desquels vont se construire leurs scènes.  5 minutes de concertation entre élèves et c’est parti : Ils sont dans un passage secret du collège, tout d’un coup , ils ne savent plus où ils sont. Ils ont peur et fuient. Mais au bout de leur course, ils s’aperçoivent que deux de leurs amis ont disparu. Suspens. Evaluation expresse : « L’entrée sur scène a été remarquable, mais la sortie un peu catastrophique, pas assez imaginée » remarque Nicolas. Entre deux prestations, il prend 10 minutes pour voir avec les élèves comment améliorer le texte, le rythme et  le jeu des acteurs. Comment recréer avec peu de moyens une atmosphère appropriée au fantastique du scénario.

Arrive ensuite un deuxième groupe d’élèves. Ils jouent Rim, la prof de français entourée d’élèves déterminés à faire grève suite à la disparition de leurs trois collègues. En fait, la tension est vive à « Sous-Bois » la ville imaginaire. Ca énerve les élèves que personne ne croit à cette histoire de disparition. Ni le personnel enseignant, ni leur prof de français encore moins les parents des prétendus disparus. Ils ont l’étrange impression que tout le monde est contre eux. Hallucinent-ils ou sont-ils manipulés par un certain Monsieur Leloup, sorte de mauvais génie caché dans le bois et qui voudrait les inciter à la révolte ? Nous sommes au cœur de la vie scolaire et de ses péripéties. Même si elle est protégée et sécurisée comme un sanctuaire, l’école reste aux prises avec les réalités sociales du milieu où elle se situe.

Ici, la ville de « Sous-Bois », avec ses lumières et ses zones d’ombre. En fait, ce projet théâtral se situe à la lisière du fantastique et du documentaire. «Je me sers beaucoup de ce que j’observe dans le collège. Les relations entre les prof et les élèves. Les relations entre les élèves eux mêmes. En même temps, j’essaye de mettre une distance avec ça, en le  posant dans un univers fantastique » affirme Nicolas. Il compte faire monter sur les planches toute sa classe de référence. Une autre quatrième jouera en plus en prélude au spectacle sur l’histoire de la ville imaginaire. Par contre, l’artiste nous promet que  le personnage du prof de français, sous le pseudo de Nasera, sera bel et bien joué par  Rim Reijichi, en vrai.

Léon KHAROMON

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Identités avec et sans visages

Au collège Pierre Semard à Bobigny, la salle Arts plastiques, légèrement décalée par rapport au reste du bâtiment, ne passe pas inaperçue. Ce matin, c’est jour de restitution par les élèves de leurs autoportraits abstraits. Ou comment, avec des signes, des mots, des lettres, des images, on peut  expliquer son identité sans dévoiler son visage.  En langage ado, cela s’appelle : « se raconter  sans se la jouer ».

Les élèves sortent leurs travaux. Ici, un collage d’images coloriées, parfois bariolées, là des dessins racontant son parcours, auxquels on ajoute une petite fantaisie personnelle.  Mais, ici, et là, on apprécie l’effort  déployé par tous pour expliquer leurs  identités. Les plus loquaces, en classe ou en cours de récré, ne sont pas forcément les plus expressifs dans ce genre d’exercice. Pire encore quand il s’agit de l’expliquer devant  prof, copains et journalistes. Peu importe. L’essentiel est qu’ils ont compris le but du jeu. Qui veut se lancer ? , demande la prof……Hésitations, on s’échange quelques regards furtifs, un petit ange passe.

Identité plurielle

autoportrait abstrait

Puis : «  Vas-y, Mohamed ». Non, pas question répond-il, gêné.… « Si vas-y », insistent ses copains. Mohamed  se lancera pour expliquer son amour pour le foot avec « les deux ballons et les deux pieds dessinés de chaque côté de son tableau ».  Thomas, dont le travail a été remarqué par toute la classe,  ne bougera pas de son banc, sans doute timide, même s’il accepte  de nous dévoiler son identité avec son « nom chinois écrit tout en haut aux côtés du drapeau de la Chine ».  Il n’oublie pas de faire un clin d’œil à sa maman, et explique son intérêt pour la musique avec ses casques branchés à un ordinateur.

Et puis, vient le tour de Yuzra. « Tu l’as bien fait, ton autoportrait…ça claque… », lui dit sa copine.  «  j’ai mis une horloge avec le drapeau du Maroc. J’ai mis des notes de musique, j’ai mis un piano pour rappeler que j’aime la musique. J’ai fait un côté clair et un côté sombre pour exprimer mes défauts et mes qualités. Dans mon côté clair, j’ai l’œil ouvert, dans mon côté sombre, j’ai l’œil plutôt fermé!  » explique Yuzra.

La séance est suivie d’une projection vidéo où les élèves  essayent  de décrypter la personnalité et l’identité d’une personne  à travers un ou des objets lui appartenant. Sandrine Roudeix leur propose de  s’inspirer aussi du travail de Sophie Calle, une performeuse  française qui crée des évènements avec la photo, comme installer un lit en haut de la Tour Eiffel , y dormir et laisser les gens venir la voir. …Sa particularité est que toute sa vie est une œuvre d’art.

L’autoportrait, abstrait ou figuratif, peut être obtenu par soi ou par ses amis.  Il en sera question la semaine prochaine : Avec un appareil photo, les élèves vont  réaliser des autoportraits figuratifs par leurs amis.  Pour le lieu, le décor, le style d’habillement, ils ont carte blanche. Sandrine leur demande néanmoins de respecter la règle de tiers pour que la photo soit symétrique. En attendant, un mime professionnel leur apprendra in situ comment bien poser devant l’objectif d’un appareil photo.

Le train en marche

Pour se faire  une idée de la pose, la prof leur a recommandé de visiter le site internet de Sandrine Roudeix où plusieurs stars du cinéma, du foot et du spectacle, guidés par l’artiste, se sont prêtés  au jeu de la pose.  Ensuite viendra le tour de l’autoportrait sexué. Les garçons seront photographiés par les filles et vice-versa. L’autoportrait a aidé les élèves à parler d’eux et à se dévoiler.  Ce qui n’était pas facile au début du projet et risquait de compromettre son aboutissement. « On peut dire que, maintenant, le train est vraiment en marche » soupire Sandrine.  Et d’avouer : « La mise en route a été un peu lente, c’était un peu compliqué pour eux, mais il ya un truc que j’avais oublié, c’est le rapport à l’image qui n’est pas facile. On a bataillé avec Estelle, la prof. d’arts plastiques, pour les aider à sortir d’eux, à s’affirmer en tant qu’adolescents, à apprivoiser leur image. Aujourd’hui, tout se passe bien, ils apprivoisent leur image, moi je les apprivoise et ils m’apprivoisent aussi ».

Léon Kharomon

 

Porfolio:

Sandrine Roudeix autoportrait-figuratif avec Brandon

Autoportraits figuratifs des collégiens sous le regard de Sandrine Roudeix (Crédit Photo : Léon Kharomon).

Sandrine Roudeix atelier photoSandrine Roudeix autoportrait figuratif avec Brandon

 

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