Archives de Tag: Pantin

La générale avant la Cité de la musique

A la veille des  vacances d’avril, une certaine effervescence règne dans les escaliers qui mènent au deuxième étage du collège Joliot-Curie de Pantin. Après un hiver interminable, ils ont hâte de prendre deux bonnes semaines pour profiter de premiers rayons de soleil du printemps. La  classe de référence In situ voudrait bien en profiter aussi. Mais le printemps en aura décidé autrement. Tant pis. Pour l’instant, les élèves savent qu’avec les Dissonances, ils ont amorcé la dernière ligne droite vers le concert  du mois de mai. L’heure de la restitution approche.

 Simulation

Ce matin, dans le couloir, nous en rencontrons une partie en file indienne, les violons bien tenus.

PICT3795

Dans les couloirs du collège, les élèves s’imaginent à la Cité de la Musique. ( Crédit photo : Léon kharomon)

Alain Martinez ne se fait plus trop de souci sur la tenue des instruments. On est loin de premiers ateliers In situ où il devait expliquer et réexpliquer, exemple à l’appui, comment tenir un violon, un violoncelle, une contrebasse…Ils ont fait du chemin, ces élèves ! Faire corps avec l’instrument n’a plus de secret pour eux. Reste à peaufiner le spectacle proprement dit. Benoit Faucher imagine un scénario où le couloir du collège sert d’espace de procession vers la salle. Le premier groupe d’élèves, violonistes, marcheront à l’Ostinato, tandis que l’autre groupe d’élèves violoncellistes attendront dans la salle. « Vous déambulerez dans le couloir en vous dirigeant vers la salle. Chacun doit savoir, dès ce moment, qui sera son voisin le jour du concert »  Tout doit se préparer et se régler à la seconde près. La musique classique ne s’accommode pas trop avec l’improvisation. A son tour,  Alain Martinez rappelle aux élèves du  groupe 1 qu’ils vont jouer la première cellule durant toute la procession, tandis que leurs collègues violoncellistes du groupe 2 joueront le thème musical. « D’ailleurs,c’est quoi la première cellule ? » demande t-il aux élèves : «  Do, ré, mi, fa, sol… » répondent- ils en chœur.   Une fois qu’on sera dans la salle, on restera à côté de sa chaise, debout, pour enchainer directement avec un autre morceau. Une fois que tout le monde est installé, on s’arrête ensemble. Ensuite, le groupe Ostinato va jouer 8 temps, tandis que le groupe 2 renouvelle deux fois le thème musical en canon. L’ostinato, même s’il peut paraître répétitif, n’est pas à négliger. C’est la pierre angulaire de la sarabande.

 

Cerise sur le gâteau

Alain Martinez et Benoit Faucher ont l’habitude d’inviter entre 11h et midi, un musicien des Dissonances pour expliquer et jouer chaque fois d’un instrument nouveau devant les élèves. Au fil des ateliers, la panoplie d’instrumentistes s’est étoffée. Ainsi, ont-ils apprécié la contrebasse jouée par Grégoire Dubruel, avant qu’ Alexandre  Gattet ne les étonne avec son hautbois. La Clarinette de Gaëlle Burgelin, et le saxophone joué par Alexandra Grimal les ont également enchantés. Aujourd’hui, David Grimal est venu « animer » la tranche 11-12h. Pour Benoit Faucher, c’est une « cerise sur le gâteau » que le virtuose du violon, responsable de l’ensemble « Les Dissonances » fasse le déplacement au collège Joliot-Curie, en dépit de son agenda chargé. Plus de doute, à cet instant, on sait que le concert se profile. Les élèves ont bien progressé. Ils savent qui va jouer de quel instrument et à quel moment précis il va jouer sa partition le soir du grand rendez-vous dans le hall de la Cité de la musique. La perspective de jouer devant un public les motive davantage. Ils ont envie de bien faire. Et cela engendre naturellement un peu de trac. « Mais, cela fait partie de leur progrès » rassure Alain Martinez.

Léon Kharomon

 

Poster un commentaire

Classé dans Les Dissonances

Récré en mode Dissonances à Joliot-Curie

Vendredi 05 octobre. Collège Joliot-Curie à Pantin. C’est l’heure de la récréation. Il est 09h50. Aujourd’hui, c’est pas rap, ni soul, encore moins du  techno dans les écouteurs. Place à de la musique classique. Sous le préau, Alain Martinez et Benoit Faucher gratifient les élèves d’une « danse de Hendel » et d’une valse musette des années 30 pour une pause bien mérité. En live ! Je m’attendais à voir les élèves bouder cette prestation. Que non ! Ils y ont pris plaisir et en ont même redemandé.  En fait, c’est  l’acte inaugural du groupe les Dissonances. L’accueil est plus que chaleureux. Une heure auparavant, au cours de leur tout premier atelier avec la classe de référence, les élèves ont appris comment tenir, mieux, comment  faire corps avec  les instruments de musique.

Faire corps avec l’instrument de musique, ça s’apprend.

En l’occurrence un violon et un violoncelle. Bien  plus que l’art, ils ont appris que la musique classique rime avec discipline, rigueur, passion et surtout  esprit d’équipe. Elle peut être frustrante, cette musique classique, quand on sait que, pour jouer de son instrument dans un morceau, il arrive qu’un musicien attende 10 minutes voire plus! Nul besoin de préciser qu’il n’a pas droit à l’erreur. Au risque de faire écrouler « l’édifice » auquel tous les musiciens de l’orchestre auront mis des heures de travail.  Pour ce faire, il faut bien sûr de la patience, l’autre qualité qu’on développe, sur fond d’écoute attentive. La musique, c’est bien plus qu’une simple combinaison de sons agréables à l’oreille… Cette année, ensemble avec les élèves,  Benoit Faucher et Alain Martinez vont travailler sur la 1ère symphonie de Gustave Mahler,  troisième mouvement. Ce compositeur, pianiste et chef d’orchestre qui vécut de 1860 à 1911 dans l’Empire d’Autriche, en a composé dix. Connues surtout pour leur orchestration assez originale. Héritier de la tradition austro-allemande, sa musique est très influencée par des grandes références du genre, tels que Bach, Mozart et Beethoven.

Léon Kharomon

Poster un commentaire

Classé dans Les Dissonances