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« Le Cinéma, on l’apprend en le faisant »

 Acte inaugural  d’Olivier Babinet au Collège Claude Débussy à Aulnay-sous-Bois.

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En direct du local d’accueil, Olivier agrémente la sonnerie du collège Claude Debussy. Crédit photo / Léon Kharomon

Olivier Babinet fait des films. Pas seulement. Lundi 19 octobre, il a démontré qu’il pouvait aussi s’ « incruster » dans la sonnerie du Collège Claude Debussy à Aulnay-sous-Bois.  Ce jour là, dans les couloirs du collège, sous le préau, ou dans la grande cour de récré, élèves, professeurs et administratifs ont été surpris par du «yéyé St Tropez » de Claire Marcel, de «La nouvelle vague » de Richard Antony ou, du « Watemelon man » du Jazzman Herbie Hancok. Ils ont même eu droit à quelques extraits de la bande originale de son long métrage « Robert Mitchum est mort ». Toutes ces musiques, et bien d’autres, ont, ce jour là, remplacé la traditionnelle sonnerie du collège. Au regard de l’engouement suscité auprès des élèves, et pas seulement, une idée a fait tilt dans sa tête : « Installer des caméras à différents endroits du collège pour filmer les élèves et leurs enseignants en temps réel à chaque sonnerie « détournée » ? » Des idées, il lui en vient comme ça, Olivier, depuis l’âge de 17 ans. Quitte à les concrétiser un jour.  Autodidacte, il avoue n’avoir pas appris le cinéma à l’école. « C’est amusant de faire des films. Le cinéma, on l’apprend en le faisant, c’est la meilleure manière de le faire » dit-il, se rappelant comment avec des « potes » au collège et au lycée, il s’amusait à faire des faux clips, des sketches, etc…  C’est ce plaisir, cette flamme que l’artiste compte transmettre aux collégiens. Comment ? : « Je vais travailler sur mes projets à moi, certes, mais la porte de mon atelier sera ouverte à ceux des élèves qui ont participé au projet du film de l’année passée et qui veulent continuer, je vais leur donner des conseils, ou à d’autres qui sont curieux de connaître les bases d’un logiciel de montage, par exemple, ce sera amusant… ». Dans la cour, certains élèves ont été emballés par ces morceaux de musique au point de le prendre pour un DJ. Olivier Babinet reste avant tout un cinéaste. Agrémenter musicalement la sonnerie de l’école, c’était son astuce pour marquer sa présence  dans les murs du collège, avec la complicité de Madame Katia du service d’accueil du collège. Un acte inaugural original dans cet établissement situé à la lisière des quartiers Nord d’Aulnay-sous-Bois. Ici, on le sait, l’actualité reste dominée par la chronique annoncée d’une fermeture. Celle de l’usine Peugeot, l’un de ses grands sites en France.  Avec son regard habitué à scruter le fantastique dans ses films, Olivier s’attend à scruter l’angoisse, l’inquiétude dans le regard de certains collégiens dont les familles risquent d’être touchées par cette fermeture. «  Je verrai les élèves en-dehors du collège, sans doute chez leurs parents pour certains d’entr’eux » confie t-il. La fiction pourrait laisser  place à la réalité. Avec, en toile de fond, l’idée de s’essayer au documentaire.

Léon Kharomon

 

Interview

« On est vraiment fiers que ce projet unique et ambitieux se passe dans notre établissement » Sarah  Logereau, professeur référent pour la résidence d’O. Babinet.

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Crédit photo / Léon Kharomon

Pouvez-vous vous présenter, Madame ?

Je suis Sarah Logereau, prof.de lettres au collège Claude Debussy à Aulnay-sous-Bois, je suis en charge de projets cinéma dans l’établissement. Ça fait de nombreuses années qu’on en fait avec des artistes, des scénaristes, des réalisateurs. Et cette année, on met en place ce grand projet, très ambitieux de résidence d’artiste, puisque Olivier va passer 4O jours de l’année dans l’établissement, avec  nous , dans une salle qui lui sera spécialement dédiée. Il va travailler en lien avec une classe de  référence, une classe un peu plus proche, une classe de 4ème. Et  puis, l’idée, c’est qu’il soit dans un processus de création qui va ouvrir les portes aux élèves, aux enseignants et à l’ensemble de l’établissement. Bien sûr, il va être concentré sur son travail, mais il va être dans quelque chose de l’ordre du partage et de l’accueil dans son travail. Et on va construire des micro projets avec des élèves, avec des classes, mais pas à une échelle gigantesque. L’idée, c’est d’être ambitieux sur le principe et sur les idées, mais concret et modeste dans les applications pédagogiques. Donc, moi, je peux proposer des ateliers d’écriture avec des professeurs de lettres par exemple, pour lancer un petit concours de nouvelles. Je voudrais également proposer un concours photo aux élèves, sur un thème particulier qu’on mettra en valeur dans l’établissement. Je suis très contente qu’il y ait ce projet, qui est assez ambitieux et unique. Il y en aura qu’une seule fois. Il y en a très peu. On est vraiment fiers que ça se passe dans notre établissement. On a toujours voulu proposer à nos élèves des parcours culturels et artistiques.

Donc, tout dépendra de la curiosité et de l’intérêt que les élèves peuvent porter sur le travail d’Olivier Babinet

Oui, absolument. On va proposer des choses aux enseignants et aux élèves. Un concours de nouvelles, un concours de photos, et puis des projets de petite échelle, plus individualisés sur des recherches des stages par exemple pour les élèves de troisième dans le domaine de l’audiovisuel. Les choses vont être cousues main. On n’a pas des choses pré établies. Il y a évidemment des pistes de travail, des idées qu’on propose aux enseignants, mais après, ca va beaucoup dépendre de l’envie de chacun. Il faut que le chemin soit double et soit fait par tous. Donc, on ne propose pas de projets clé-en-main. Encore une fois, c’est un artiste qui va être en création, mais on ouvre des pistes et on fait des propositions.

L’artiste a-t-il déjà une idée de ce qu’il va faire ?

Il a plusieurs pistes de travail, dont une, très solide, la préparation de son long métrage. Il est dans la phase d’écriture. Il va sans doute au courant de l’année être dans la phase de repérage et du casting. Toutes ces étapes, il va les partager avec les élèves. Il va parfois les solliciter pour faire les recherches en termes d’images avec lui. Il va proposer différentes choses pour l’accompagner dans son travail. Il a aussi une autre envie de court métrage pour une veine un peu plus autobiographique : parler de l’adolescence, parler du territoire où il est , qui est Aulnay-sous-Bois, qui est un territoire où il y a beaucoup de remous en ce moment sur le plan social, sur le plan politique, sur le plan culturel. Il va aussi s’imprégner de sa présence dans ces lieux, qui  va peut être changer ces envies de travail. Donc, il y a aussi cette piste. C’est pas obligatoire que ça aboutisse, mais il y a ce champ de travail qui est ouvert.

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