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« Roséphine», un parfum avant le bouquet final !

Restitution de Donald Fels au collège Honoré de Balzac

Au terme de 6 semaines de présence et de travail, c’est à travers une installation que  l’Américain Donald Fels, premier artiste étranger à participer à l’expérience In Situ, a restitué le 22 mars dernier sa résidence artistique au collège Honoré de Balzac à Neuilly-sur-Marne. C’était aux côtés de Wilfried Genetine, Professeur d’Arts plastiques, et en présence de représentants du Conseil général de Seine-Saint-Denis, du personnel enseignant de l’établissement scolaire et des élèves. L’artiste a tenu sa promesse de faire de la rose la thématique de sa résidence. Aussi donc, les élèves ont-ils pu imaginer « la machine à fabriquer le parfum », des  maquettes de flacons à parfum gravés de motifs  de rose. Ils ont réalisé divers collages en papiers pour  obtenir une carte historique retraçant la grande aventure de la rose à travers les voyages de Joséphine de Beauharnais. Dans le même espace, on pouvait apprécier divers tableaux conceptuels préfigurant la grande exposition que Donald Fels compte présenter à Paris en 2014 autour du même thème de la Rose. Mais la surprise de la soirée, c’est « Roséphine », le parfum fabriqué par les élèves avec l’aide de Camille Leguay, un nez parisien. 4 semaines de travail ont été nécessaires à cette parfumeuse pour expliquer  aux collégiens la physiologie de l’odorat, l’olfaction et les émotions qu’elle peut susciter. Ils ont aussi abordé les principes et les techniques de mémorisation d’une odeur, la présentation de matières brutes végétales et animales nécessaires à la fabrication d’un parfum. Comment extraire par exemple du romarin pour fabriquer une huile essentielle. Ils ont passé au crible quelques molécules odorantes et étudié la composition d’un parfum en faisant la différence entre les notes de tête, de cœur et de fond.

parfum

La restitution a été agrémentée par une chorégraphie présentée par les élèves de la classe de référence sous la direction de leur professeur d’éducation physique et sportive. Des Arts plastiques à l’Eps en passant par la Chimie, la technologie..la résidence de Donald Fels a bénéficié d’un écho favorable au sein du collège Honoré de Balzac. Comme l’ont reconnu l’artiste et le professeur d’Arts Plastiques dans l’interview ci-dessous.

Donald Fels, Artiste :

« La création de ce parfum a suscité quelques vocations chez les élèves »

Donald Fels

: Nous voici arrivés au terme de l’aventure In Situ ici au collège Honoré de Balzac, quelles sont vos impressions ?

Donald Fels : J’ai été très satisfait. Les élèves étaient gentils et généreux ainsi que les professeurs avec lesquels j’ai travaillé.( Wilfried Génetine).

: La dernière fois qu’on s’est vus, il y a deux semaines, tu travaillais avec les élèves sur des maquettes de flacons en argile. Aujourd’hui, le parfum est déjà fabriqué. Comment cela a-t-il été possible en si peu de temps ?

D.F : Tout s’est fait en si peu de temps. Nous nous sommes concentrés avec les élèves pendant un mois sur le parfum, comment le fabriquer et en deux semaines, ils ont pu trouver une formule de parfum et ont pu le fabriquer.

: Envisagez-vous de le produire en grande quantité plus tard ?

D.F : Non, je ne pense pas. Je travaille actuellement avec un professionnel du parfum, un « nez »  ici à  Paris pour mon grand projet de parfum, et il est très enthousiaste pour produire mon parfum. C’est lui qui a produit celui-ci. Le parfum produit avec les élèves leur est réservé ainsi qu’aux invités  à cette réunion de restitution.

Q : Allez-vous emmener quelques échantillons de ce parfum « Roséphine » à vos élèves à  Chicago ?

D.F : Bien sûr, ils seront très contents. Mais pour les collégiens d’ici, cela a été une expérience fascinante que de fabriquer un parfum. Même pour moi, je ne savais rien sur la fabrication d’un parfum. C’est quelque chose sur laquelle, je n’ai pas une grande expérience. C’est pourquoi, c’était très intéressant pour moi. Je suis comme un enfant à qui on a apporté des livres. Et la dame, ( Camille Leguay, Ndlr)  nous a aidés à comprendre la fabrication d’un parfum

Q : Que comptez vous faire à votre retour aux Etats-Unis ?

D.F : J’habite Seatlle, mais je garde espoir que les élèves vont visiter Chicago où ils pourront voir mon exposition à New Chicago. Je pourrais venir les rencontrer. Et ce sera quelque chose de spécial.

: Qu’en est il de cette exposition que les élèves pourront visiter ?

D.F : Elle ne porte pas sur le travail que je viens de réaliser ici. En fait c’est une exposition itinérante que j’ai réalisée en Inde  il y a  plusieurs années. Elle continue à tourner. Nous devons nous déplacer à un endroit nouveau chaque fois qu’on m’invite. Et cette fois-ci, l’exposition aura lieu à Chicago. Et quand les élèves m’ont dit qu’ils pourront effectuer un voyage à Chicago, je leur ai promis de les rencontrer là bas. Et ce serait très intéressant ! J’ai constaté que la création de ce parfum a suscité quelques vocations chez les élèves.

Wilfried Genetine, Professeur d’arts plastiques :

« C’est un vrai travail de réflexion autour de la création artistique »

Q : Quelles sont vos impressions à la fin de cette résidence In situ au collège Honoré de Balzac ?

W.G : Pour nous, ce n’est pas un point final. En fait Donald est venu pendant 6 semaines, un petit peu plus avec des allers-retours pour des voyages entre l’Italie, Paris et Neuilly-sur Marne. Il y a un travail qui a été fait avant sur Donald Fels. Un travail de présentation aussi de l’établissement. Et puis, il y a eu toute la résidence au collège et la restitution aujourd’hui qui va rendre visible cette résidence. C’est un vrai travail de réflexion autour de la création artistique en relation avec un vrai projet  fait avec des élèves. C’est un travail fait en écho. Donald a fait de petits ateliers plusieurs fois par semaine avec des élèves. Il a travaillé sur son projet personnel aussi. Cette restitution montre en fait cette mise en relation. Je trouve formidable l’impact que cette résidence a eu sur l’établissement. Même si  c’était invisible, mais on a pu travailler avec beaucoup de classes sur le projet ou autour du projet. Des machines imaginaires, des flacons de parfum, du motif de la rose avec des élèves qui n’ont jamais rencontré Donald Fels, qui en ont entendu parler ou qui l’ont croisé. Ça a touché une centaine d’élèves en fin de compte directement ou indirectement. Et puis il y a l’après Donald Fels….

Q : Justement, avant de parler de l’après, dites nous d’abord quels sont les objets qui ont été exposés pour  cette restitution ?

W.G : Son travail a pris plusieurs formes. Il y a eu tout un travail pour fabriquer une machine imaginaire pour fabriquer du parfum. Travail très conceptuel, très poétique sous forme de dessin, de volume, ou de réflexion. Il y a eu la création de flacons de parfum en mémoire de Joséphine de Beauharnais. Les élèves ont  crée aussi un parfum. C’est une création issue d’un atelier tenu pendant plusieurs semaines. Ce parfum existe et s’appelle « Roséphine ».C’est un nom trouvé par une élève qui s’appelle Elizabeth Agueye. Elle est en cinquième. Comme elle, beaucoup d’élèves se sont investis là-dedans. Ils ont choisi ensemble le parfum.  Et il y eu aussi de nombreuses visites pendant la résidence. Au total 5. Il y en a encore à venir, à l’Haye-le Rose au printemps. Il y a aussi tout le côté relationnel avec l’artiste. Des professeurs qui travaillent à l’école ont trouvé ce projet très intéressant et très riche d’être à son contact pendant 6 semaines. On a travaillé aussi  avec des élèves pour cette installation pendant cette semaine. Depuis lundi. Parfois sans les élèves. Parce qu’il faut parfois beaucoup de calme pour pouvoir installer sereinement. Du coup, cela a donné deux espaces qui sont interdépendants l’un de l’ autre, tout en écho. Il y a le travail de Donald qui est très visuel et le travail des élèves intégrés dans celui de l’artiste. C’est riche de sens et réussi.

Q : Et au mois de juin, il est prévu une visite à l’Hay-les-Roses….

W.G : Oui, ça continue dans ce sens là. On emmène les élèves travailler sur un projet de voyage à Chicago pour retrouver Donald le 14 octobre. Les choses se précisent pour faire un voyage l’année prochaine avec ces mêmes élèves.

Q : C’est maintenant sûr qu’ils vont partir ?

W.G: Oui. Après, c’est une question de moyens, de budget pour concrétiser cela. Il y a tous les aspects pratiques qu’il va falloir travailler. Il y aura peut être la venue de Donald Fels l’année prochaine dans le cadre du parcours « L’Art et la Culture au collège » avec le Conseil général.. C’est un projet qui va rebondir l’année prochaine sous de multiples formes. L’idée, c’est de travailler dans le temps avec les élèves. Parce que bien souvent les choses se font et s’arrêtent et puis on passe à autre chose. Mais là l’idée, c’est de continuer à travailler. Même les élèves qui n’ont pas travaillé peuvent s’y mettre. Sous forme de plan, de dessins, on peut travailler sur son projet.

Q : ..et les T-Shirts coloriés que je vois là… ?

W.G : c’est un travail fait avec la prof d’éducation physique et sportive. Les élèves ont fait une chorégraphie autour de la rencontre avec l’artiste. La rencontre avec les élèves qui pourraient aller à Chicago. Donc, ils ont travaillé sur des T-Shirts. C’est une façon de remercier Donald Fels. Il y a eu des profs qui se sont impliqués de différentes façons. Pour nous c’est un moment particulier qui devrait annoncer d’autres moments. L’idée étant d’intégrer l’art dans l’établissement. L’année prochaine dans le cadre de l’Art et la Culture au collège, on va travailler avec un artiste irlandais. On part déjà avec cette dynamique de la résidence In Situ. L’idée, c’est de confronter les élèves à des démarches d’artistes différents.

Q : Vous avez beaucoup facilité la compréhension entre l’artiste et les élèves en servant de traducteur..

W.G : Oui, c’est vrai. Mais, je pense qu’au-delà de la traduction, je me sens assez proche de la façon de travailler de Donald Fels. Du coup, ça facilite énormément les choses. C’est vrai qu’on s’est rencontré beaucoup à l’extérieur. Je pense que quel que soit l’artiste, à partir du moment où il ya la volonté, on peut s’adapter  , le collège peut s’adapter aussi. Malgré ce qu’on entend dans les médias. C’est vrai que les collèges ne sont pas de territoires faciles, mais travailler avec un artiste au sein de l’établissement, ça permet d’ouvrir des portes aux élèves. Ça leur ouvre d’autres horizons.

Q : ça peut même susciter des vocations….

WG : :..Alors, ça je ne sais pas. C’est vrai qu’on en parle jamais. Mais, je sais qu’il y a des élèves qui ont envie de travailler les arts, l’architecture…ça permet de réfléchir. Et à partir du moment où il y a cette réflexion, c’est tout bénéfique pour eux, même si ce n’est pas visible…comme tout du reste. Ils découvrent  que l’art en fait, c’est un vrai métier, avec une vraie démarche intellectuelle et pas seulement, par exemple, une peinture abstraite à laquelle on ne comprend rien.

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