Du design grand public au collège Jean-Moulin

La classe idéale, c’était un rêve tout  droit sorti de l’imagination de Pierre Brichet et Caroline Ziegler avec les élèves de la section Segpa du collège Jean-Moulin à Montreuil. A ce jour, c’est devenu une réalité. A en juger par la qualité d’une partie du mobilier prototypé et exposé à la restitution de la résidence In Situ. La photo 3D produite avec un réalisme saisissant nous projette dans une vision à la fois futuriste et pratique de la salle de classe.

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Ils ont tenu compte de la faisabilité des pièces en recourant aux matériaux  couramment utilisés  en milieu scolaire pour en faciliter une éventuelle  fabrication en série. Telle cette table d’élève dont toute la structure est en acier laqué. C’est le dessin qui a changé avec quelques détails et accessoires  ajoutés. Les élèves ont demandé d’avoir une tablette pour y ranger des feuilles et autre matériel scolaire. Il y a aussi cette barre sur le dossier de la chaise afin d’y accrocher son cartable, un peu comme au bon vieux temps, mais avec le design en plus. Son plateau est en bois stratifié avec un sous-main en linoléum, un matériau qui  permet d’avoir une surface caoutchouteuse. Ce qui la rend plus agréable quand on écrit à la main et peut faire tapis de souris, puisque la table peut servir de bureau  pour l’ordinateur.

La chaise est également en acier laqué, avec l’assise et le dossier en bois. Du bois massif pour ces pièces uniques, mais qui devrait être remplacé par des contreplaqués beaucoup plus souples et moins coûteux pour une éventuelle fabrication en série. Sur le côté gauche de la salle, un large panneau d’affichage recouvert de tissu surplombe le mur en y apportant gaieté  et convivialité par ses couleurs vives.  Ce panneau mural est en textile acoustique garni d’une mousse qui permet d’absorber le bruit ambiant de la salle de classe. Sa surface en  mousse  permet aussi de faire de l’affichage et de punaiser divers documents. On y trouve aussi des étagères en bois laqué qui permettent d’y déposer des objets. Les élèves ont poussé l’imagination encore plus loin, en demandant à Pierre et Caroline d’y ajouter une horloge. Oui, la bonne vieille horloge de l’époque où le téléphone portable ne faisait pas encore office de montre. C’est drôle que ce soit cette génération amoureuse de gadgets technologiques dernier cri qui ait pensé cet instrument de mesure de temps. Et pour cause : Ils ne peuvent tout simplement pas allumer leurs mobiles en salle de classe. En découvrant cette horloge sur ce panneau, d’aucuns ont cru que c’était juste une fantaisie. Que non. «On a brodé l’horloge  sur du textile. L’ensemble est tendu sur une carcasse en bois très léger. C’est creux à l’arrière et ça fonctionne pour de vrai avec un mécanisme incorporé » nous relate Caroline.

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Fini le bazar

Pour le bureau du prof, non encore prototypé, le plateau et le pied seront  en bois, une tablette en taule laqué permettra de ranger des choses, comme par exemple, un ordinateur. … Une sorte d’habillage à l’avant, également en textile et en mousse apporte un aspect confortable et garantit un espace personnel au prof.

C’est une table haute comme un pupitre qui maintient le prof en station à moitié debout pour plus de souplesse et de mobilité. . La chaise est adaptée en étant un peu plus haute pour bien surveiller en même temps la classe. Les designers ont aussi réduit la taille du bureau du prof, souvent assez imposant alors qu’il ne s’en sert pas énormément.

Il en sera ainsi  pour le meuble de rangement, «on a réduit la taille en concertation avec les profs qui ont reconnu que c’est souvent beaucoup de bazar qui n’a pas été trié » affirme Pierre.  Ils ont réduit  la quantité de rangement possible. « On est un peu sur un format secrétaire avec un gros caisson qui se ferme à clef et dans lequel ils peuvent ranger le matériel. Dedans, il y a des étagères ouvertes  dans lesquelles le prof peut ranger des bouquins, le petit matériel et des outils ».A l’instar d’autres objets, le meuble de rangement sera habillé de tissus sur une structure métallique comme la table.

Touche de douceur

Quant aux lumières, elles n’ont pas été redessinées, mais les designers y ont apporté une touche de douceur et de modernité avec des ajouts très simples en papier blanc, plus agréable à l’œil. « Au-dessus du tableau on vient casser un peu la réverbération du fluo avec des lamelles qui du coup flottent un peu au grès du courant d’air.  Sur le plafonnier on a mis juste une feuille  en dessous qui permet de ne pas avoir la lumière dans les yeux. » explique Caroline. Pierre est content qu’ensemble avec les élèves, ils aient pu mener ce projet à bout. « C’est un challenge qui prouve qu’ensemble avec les élèves  on peut arriver à faire des choses. Le projet est bien fini.» se réjouit-il. A présent se pose la question de la fabrication en série de ce mobilier. Un chiffrage est en cours pour mesurer la faisabilité d’une production, en lien avec le fabricant de mobilier scolaire qui a déjà réalisé les premiers prototypes  aujourd’hui exposés. « Dans tous les cas, ça prouve que le projet a une existence possible ». affirme Pierre.  Aux Designers Days, ce meuble a reçu un superbe accueil, y compris chez des particuliers qui voulaient avoir cette chaise dans leur cuisine.

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Comment va s’appeler cette ligne de mobilier scolaire ? Pierre reconnait qu’avec les élèves, ils n’ont pas trouvé un compromis sur l’appellation. Il aurait pourtant aimé que ça s’appelle « Michto », qui signifie « joli », en roumain, un mot qu’il entendait souvent  les élèves prononcer.  C’est dans cet esprit de collégialité que s’est déroulé la résidence In Situ du Studio Brichet au collège Jean-Moulin. Des difficultés rencontrées ? Pierre préfère plutôt parler de leur propre remise en question par rapport aux élèves : «On imaginait les faire dessiner facilement du mobilier, mais on s’est rendu compte que c’était très compliqué. Du coup, on a réévalué les choses. Et on a mis en forme plutôt leurs envies ».

Léon Kharomon

Ils ont dit

Michel Houy : (Professeur d’habitat).

« Je les ai accompagnés dans la mise en forme du dessin, par rapport à des plans sur papier qu’il faut retranscrire sur du bois, qu’il faut découper, mettre ensemble et coller. Ce qui m’intéresse le plus, c’est montrer le savoir-faire, montrer le geste évident qui au départ ne l’est pas. Pour moi, le premier outil, c’est la main, à laquelle on rajoute plein d’autres outils pour façonner différentes autres matières »

Mme Cassety ( PLP en alimentation , hygiène et service ) 

« Il y a eu une relation affective très forte, ça c’est très positif. Pierre et Caroline ont réussi à être de vrais enseignants, de vrais accompagnateurs, pour partager le projet. Ils n’ont rien imposé. Qu’on ne nous propose plus des heures fixes , avec un nombre d’heures définies où on est obligés de travailler à des rythmes qui ne sont pas adaptés forcément au rythme des élèves. Qu’on soit plus ouverts, comme In Situ, avec cette liberté dans la gestion du temps ».

Léon Kharomon 

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