Archives mensuelles : mai 2013

Les Dix Commandements de Keith Haring au 104!

23 Avril 2013, Anne-Flore a fait la guide pour les élèves de
sa classe référante (collège Gabriel Péri d’Aubervilliers) à l’exposition
de Keith Haring.

 Anne-Flore Cabanis keithb

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Le genre et l’image

Sandrine Roudeix aborde la troisième étape de son projet au collège Pierre Semard. Après avoir pris individuellement les élèves en photo au début de l’année et  les avoir soumis à un exercice d’ « auto-shooting » pour réaliser des autoportraits, la  photographe demande à présent aux filles et garçons de se prendre réciproquement en photos. Chaque élève devrait à la fin de cette troisième étape se retrouver avec deux photos prises par un garçon et une fille. Apparemment anodin, l’exercice ne l’est pourtant pas. Lorsqu’on sait qu’à cet âge, les adolescents poursuivent leur quête d’identité tout en étant pris dans un questionnement sur l’autre sexe. C’est à cet âge aussi que se construisent  les préjugés et les fantasmes  sur le genre. Filles et garçons, il suffit de les observer dans les cours de recréation, se rapprochent tout en se repoussant  mutuellement, comme si, subitement, ils prenaient conscience de leur « trop  grande différence ».

Les élèves vus par Sandrine Roudeix ( Crédit photo : Léon Kharomon)

Tout pousse à croire que les uns et les autres voudraient  maintenir cette différence en érigeant des murs invisibles afin de délimiter des « territoires » respectifs. A travers la photo, Sandrine veut scruter le regard que les  jeunes ados, filles et garçons, se portent mutuellement. Elle veut les aider à réaliser ces portraits en évitant de prendre leurs préjugés, ou, pire, leurs fantasmes, pour des réalités. Aussi, a-t-elle invité un ethnologue parler du rapport garçon-fille et de la place du garçon et de la fille dans les différentes cultures du monde. Ce, afin de les sensibiliser et de les prémunir contre les clichés dans la société. Ainsi peuvent-ils comprendre que les rôles que jouent filles et garçons dans des sociétés patriarcales ou matriarcales ne coulent pas de soi. Ce sont souvent des habitudes, appelées coutumes, liées à des traditions et érigées en modèles d’organisation sociétale, et qui peuvent, pourquoi pas, évoluer avec le temps.

Toutes ces précautions ne sauraient cependant pas être considérées comme une orientation donnée par l’artiste au travail des élèves. Elle est consciente qu’après cette séance d’ethnologie, les élèves peuvent, en amont de leur travail, s’auto censurer.  « Si un ou une élève veut mettre en évidence la raillerie, la timidité ou un autre aspect de la personnalité de son collègue ( fille ou garçon), c’est à lui de choisir » rassure Sandrine. Avec la prof d’Arts plastiques, elle leur avait demandé de remplir une fiche pour dire quels sont les traits de caractère de leurs collègues qu’ils allaient prendre en photo.

Psychologie et arts

Ce qui l’intéresse,c’est le regard, mieux, le ressenti qui peut se dégager de ces portraits. Elle voulait en amont les aider à comprendre leur identité, à savoir « qui je suis, quelles qualités et quels défauts j’ai, qu’est ce qui est important dans ma vie,… ».

Même Mourad HAKMI, l’ethnologue, a insisté sur la question « Qui-suis-Je, à travers ma famille, ma langue, mes origines, mon habillement, etc… ? ». Dans son projet artistique, la part de notions psychologiques est importante.. Munis de six appareils photo numérique. compact avec flashs intégrés, quatre groupes de garçons et filles se sont formés. Non sans difficultés, tel garçon refusant ou se gênant de se voir brosser le portrait par telle fille et vice-versa. « Pour ne pas y passer des heures, nous nous sommes résolus de former des « couples » en fonction des affinités » affirme t- elle. Deux semaines de travail seront nécessaires pour la réalisation de ces portraits. En attendant, l’artiste va prendre un jour dans la semaine pour réaliser avec les élèves des projets de textes qui vont accompagner les portraits.

Questionnaire de Proust

Les élèves ont  réalisé quelques textes autoportraits qui ne sont pas encore complètement finalisés. Elle est en train de les corriger et de les modifier en leur faisant remplir des questionnaires de Proust. En leur demandant leurs derniers fous rires, leurs livres de chevet, leurs couleurs préférées, leurs films cultes, leurs dernières colères, leurs rêves de bonheur et leur métiers plus tard.  C’est pour les aider à préciser leurs idées. La semaine d’après, elle devrait  intervenir dans leurs cours de techno. Pour leur faire taper les titres de leurs autoportraits. « Chacun va trouver son titre d’autoportrait, moi je vais en trouver un pour chacun. Je leur ai demandé de trouver aussi un titre à leurs copains et leurs copines. Ça servira de titres à l’expo ». Elle comptait prendre deux ou trois séances de techno le lundi pour faire ce travail d’écriture. Avant les vacances d’avril ou juste après  elle terminera avec les élèves la réalisation de tous les éléments de l’expo.  Ils vont ensuite passer  à sa scénographie et à sa mise en affiche. Il est prévu de faire venir un graphiste qui sera  brieffé sur l’idée qu’ils se font de cette affiche. Ainsi, lentement, mais surement, ils iront au bout du parcours.

Léon KHAROMON

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Trois questions à Mourad Hakmi:

Q : Pouvez-vous vous présenter, svp ?

Je m’appelle Mourad Hakmi, je suis ethnologue, j’interviens régulièrement dans certains établissements scolaires pour des ateliers d’ethnologie. L’idée étant d’initier les élèves à la diversité culturelle et à ses problèmes éthiques. Aujourd’hui avec cette classe, je suis venu parler de la question du genre, de la construction sociale des rôles et des identités sexuelles. Souligner ce qu’est un homme, ce qu’ est une femme en fonction des cultures et leur dire qu’il n’y a pas un modèle universellement admis de ce que c’est un homme, une femme  et des activités qu’ils doivent avoir. Des rôles qu’ils doivent jouer. L’idée étant de les inciter à pouvoir être à l’écoute de ce dont ils peuvent avoir besoin. De ce qu’ils ont besoin en eux-mêmes. Par rapport au fait que ces modèles ne sont pas naturels et se transforment. Il n’y a pas d’interdiction d’inventer des nouvelles positions en fonction de ses besoins.

In Situ

Crédit Photo : Léon Kharomon

Q : Qu’avez-vous remarqué de fondamentalement différent parmi les groupes ethniques, sachant qu’en Seine-saint-Denis, habitent mille et une nationalités étrangères ?

R : Ce qui est récurrent, c’est l’idée d’un partage de responsabilités, de rôles,  et des univers. C’est quelque chose de fréquent. Mais, après, les fonctions qui vont être attribuées à l’un et à l’autre par exemple peuvent être très variables. Dans certaines cultures, ce sera normal que ce soit l’homme qui soit à l’extérieur. Dans d’autres cultures, mêmes patriarcales, on trouvera des femmes qui vont travailler dans les champs. Et puis, Il y a des matriarcats où les femmes prennent des décisions, ce qui montre que l’idée que l’autorité serait forcément dévolue à l’homme est battue en brèche. Au contraire la comparaison de différentes cultures m’amène plutôt à relativiser l’idée qu’il y aurait un fondamental dans ce qui constituerait le masculin comme le féminin.

Q : Qu’est ce qui peut aider les élèves à accepter et concilier leurs différences culturelles ?

R : Ce qui est important, c’est d’accepter la complexité qui nous constitue en tant qu’être humain et la diversité surtout. Et de comprendre qu’en fonction des moments , c’est plutôt certains aspects qui doivent prendre le dessus, et que cela ne veut pas dire qu’on doit occulter, supprimer, ou nier le reste.

Propos recueillis par Léon Kharomon

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C’est qui, le chef ?

Portraits croisés du genre au Maghreb et chez les Bozho, en Chine.

A travers deux films documentaires portant, l’un sur une famille marocaine installée en France et l’autre sur les Mozo, une peuplade  de quelques dizaines de milliers de personnes habitant les haut plateaux de l’Himalaya, au sud de la Chine, L’ethnologue Mourad Hakmi  attire l’attention des élèves sur la diversité des modèles sociétaux. « Un modèle, c’est un exemple à suivre. Cela ne veut pas dire que tout le monde le suit » précise t-il. C’est comme un règlement. Il y a des traditions, mais tout le monde ne les suit pas, ou pas tout le temps. Dans la famille Madhani, par exemple, les hommes et les femmes se différencient par leurs activités : la femme cuisine, l’homme va chercher du bois pour la cuisson. La conversation dans la famille est un marqueur de différence homme-femme. Avec la mère, les filles parlent de cuisine, des enfants, etc..alors qu’avec leur père, elles changent complètement de sujet. Toujours chez les Madhani, on remarque que Monsieur et Madame ne sont ensemble que pour déjeuner. Le reste du temps, chacun reste de son côté. Madame est le plus souvent au salon et dans la cuisine, alors que monsieur passe son temps au jardin. Madame mène des activités d’intérieur, et Monsieur est à l’extérieur. L’habillement est un autre signe distinctif du genre. Madame garde son foulard alors qu’elle est à l’intérieur de la maison. C’est pour montrer qu’elle est en présence des gens étrangers à sa famille. Par contre, sa fille Maryam, est en pantalon jean et ne porte pas de foulard. Ce qui montre que, bien qu’elle soit issue d’une famille très marquée par le modèle de ses parents maghrébins, elle-même se démarque et ne se sent pas obligée de suivre ce modèle. Monsieur Madhani, comme la plupart  d’hommes de sa génération, garde sa moustache. C’est pour affirmer son autorité. Quand vient le moment de déjeuner, c’est l’homme qui demande à sa fille d’arrêter de filmer et de passer à table. Sans crier, il affirme son autorité. Car, souligne l’ethnologue, l’ « autorité n’est pas synonyme de dictature ou de tyrannie. C’est juste un marqueur de responsabilité ». L’autorité  incombe à une personne responsable d’un groupe. C’est la personne qui en dernier lieu prend une décision.

Si, chez les Madhani, c’est l’homme qui assume l’autorité, chez les Mozo, en Chine, c’est plutôt l’inverse. Ce sont les femmes qui décident pratiquement de tout. Les hommes passent leurs journées à ne rien faire et ne se rendent utiles que la nuit, semble t-il. Les hommes sont, à la limite, « paresseux » et leurs femmes les aiment comme tels. Aux journalistes qui leur demandent pourquoi il en est ainsi, elles répondent que « c’est notre culture, notre façon de vivre ». Mais au fond, cette « paresse » supposée des hommes s’explique par leur maladresse dans les tâches les plus importantes de la vie quotidienne chez les Mozo. Les femmes, s’étant révélées plus habiles, préfèrent donc prendre les choses en main pour l’intérêt de tous. Par cet exemple, l’ethnologue invite les élèves à dépasser les clichés et à chercher plutôt à comprendre les différences de culture et ce qu’elles peuvent signifier au-delà des apparences.

Léon KHAROMON

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AULNAY-SOUS-BOIS, l’an 2112

Au collège Claude-Debussy, Olivier Babinet avait demandé aux élèves de remmener un maximum d’images pour illustrer les projets de leurs films. Ils ont profité de leurs vacances d’hiver pour photographier les différents lieux de la ville, mais aussi explorer l’extraordinaire mine d’images diffusées sur internet par rapport à ce thème : « Imaginer Aulnay-sous-Bois dans 100 ans ». Quel sera le visage de cette ville dans un siècle ? Qui en seront les habitants ? Quelles pourraient être les conséquences de la désindustrialisation d’Aulnay, à l’instar d’autres villes françaises confrontées depuis quelques années aux fermetures successives d’usines ? A Aulnay, c’est la fermeture annoncée de l’usine automobile PSA en 2014 qui défraie la chronique.

Olivier Babinet

 

Des humains contre des robots

Cela aura sans doute des répercussions sur la vie de certains élèves dont les parents sont employés dans cette grande usine, située non loin du collège. En écho à cette inquiétude, l’artiste donne ainsi aux élèves l’occasion d’exprimer leur part d’émotion, leurs frustrations, en se projetant dans un futur où réalités, fantasmes et préjugés  se mêlent parfois.  ILLIES  a ramené des photos de robot montrant comment l’usine a été transformée pour ne plus fabriquer que des robots. Dans son imaginaire, elle va s’appeler BOLT. Les images ne sont pas mal. Mais, Olivier suggère de trouver quelque chose qui rappelle PSA , mais avec la mention « Robot » à l’entrée principale. Même dans 100 ans, il faudrait que les générations futures se souviennent que ce site abritait autrefois l’une de plus grandes usines d’automobiles de France.

Un autre élève montre ses photos prises devant « Le Gallion » un centre commercial d’Aulnay. Il y manque un personnage pour rendre l’image plus expressive. Sarah Logereau, professeur de français, propose que les élèves, si possible, se mettent eux-mêmes en scène, par ce que le personnage devra se retrouver dans plusieurs situations. Mais à condition de savoir se faire « vieillir un peu » pour la photo.

Olivier constate que par rapport  au premier trimestre  de la résidence, les élèves commencent à se rapprocher réellement de la réalité «  fictive » avec des visuels qui peuvent raconter une histoire. L’écriture aussi a évolué, mais il manque encore des éléments pour la suite. Il faut qu’on arrive au bout des histoires pour permettre à un comédien de le dire en voix off. Sarah Logereau demande aux élèves, repartis en 4 groupes de continuer la rédaction de leurs textes pour aller plus loin que la dernière fois. Il faut rédiger en style voix off en s’imaginant qu’on est en septembre 2112. Il faut déterminer la manière dont on va écrire la voix off pour que ça reflète vraiment le futur. Les élèves proposent une voix de robot. Pourquoi pas ? Peut-être que dans 100 ans, ce  seront de robots qui présenteront le journal télévisé.  Se succèdent ainsi plein d’autres images prises devant le site de PSA, mais aussi sur d’autres lieux de la ville. Les images sont belles, mais souvent avec un ou deux élèves dedans. L’artiste leur rappelle que pour donner plus de crédibilité au film, il vaut mieux  photographier des personnages extérieurs au collège. La remarque a bien été prise en compte, car pour le film sur le  futur Chinatown que pourrait devenir  Aulnay-sous-Bois, un élève  propose de ramener des images sur les classes de langue chinoise dans le quartier chinois du 13 arrondissement parisien. Leur personnage principal est une chinoise qui va mener une enquête. Olivier Babinet est content de l’avancée du projet. Il reconnait néanmoins  qu’il y a eu un moment de flottement. « Mais avec Sarah Logereau, on a recadré les choses pour concrétiser l’interaction qu’il  pouvait y avoir entre les élèves et moi sur la fabrication d’un scénario ».

Concepts de films

L’idée  est de projeter à la fin de l’année  4 concepts de films avec  la voix off d’André Vims, un grand comédien de théâtre, qui fera aussi une lecture du  synopsis de son film axé sur la sexualité des poissons. Ce sera dans « l’état où il sera ». En revanche,  l’artiste est maintenant sûr que le travail avec les élèves  donnera lieu à un film à images fixes, comme «  La Jetée » de Chris Maker, ou à l’instar du «  Bidule », sa série à grand succès  diffusée sur Canal Plus au début des années 2000. Photo, voix off, bruitages et musique, seront  les ingrédients de ce film. Les élèves n’auront pas de contrainte financière. Ils écrivent un scénario cher, par exemple sur les météorites, les zombies mais avec des matériaux  qui sont à  leur portée. « Il n’y a pas de limite à l’imaginaire » affirme Olivier, même si on a peu de moyens. C’est comme si on faisait un concept de film pour convaincre des financiers à y investir des millions de dollars.

Une scénariste a promis de lire leurs projets. Elle s’appelle Colin Aber et travaille sur pas mal de projets de science fiction. Elle a une prédilection pour le fantastique et la science fiction. Elle viendra faire une séance avec les élèves au collège. Une sortie a été organisée sur les robots du quotidien, ceux que nous utilisons dans notre vie et qui font désormais partie intégrante de notre « famille », sans qu’on ne s’en rende compte.  L’après-midi, c’était une visite à l’Aquarium de Paris. C’était pour leur offrir une détente. « Un peu colo chez les poissons », sourit Olivier..

Léon KHAROMON

 

Les projets de scénario sur le thème : Imaginez Aulnay dans Cent ans »

Les scénarii sont encore à l’étape de petits synopsis.

Projet 1 : Aulnay est racheté par les Chinois, les Aulnaysiens relégués et contraints de vivre dans le bois, et le chinois qui devient la langue officielle.

Projet 2 : L’usine PSA a été transformée pour ne plus fabriquer que des robots, et cela crée des tensions parce qu’il n’y a plus de travail pour les humains, les robots s’étant mis à fabriquer d’autres robots. Seuls les ingénieurs sont épargnés. Mais la grande majorité de travailleurs de PSA se retrouvent au chômage , le trafic de produits illicites comme la drogue explose et entraîne la guerre des cités. Mais, finalement les cités s’allient pour luter contre les robots

Projet 3 : Une météorite tombe sur la prison de Villepinte et transforme les prisonniers en zombie. La plupart d’habitants sont morts et à la prison de Villepinte, il  y a un détenu qui a posé une bombe dans une gare et a tué les membres de la famille du gardien de la gare.  Ce dernier veut se venger. Il récupère un morceau de la météorite et veut le faire avaler à ce type. Mais il commence par le tester sur un rat qui devient un mutant, une espèce de zombie et commence à mordre tous les prisonniers qui deviennent à leur tour des zombies.

Projet 4 : Un prince du Qatar achète les usines abandonnées de PSA Aulnay pour y stocker des données informatiques sur tous les êtres du monde. Il a racheté Microsoft car les Usa sont devenus un  empire déclinant. Le scénario tourne autour d’une guerre industrielle où les Américains essayent de récupérer ces données.

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Olivier Babinet, le « Grand-frère »

Pour avoir  participé l’année dernière au projet « L’art et la culture au collège, Olivier Babinet, plus 1 mètre 90, est une figure bien connue du personnel enseignant et des élèves à Claude Debussy. Pour ces derniers, plus qu’un cinéaste, c’est devenu  un « grand frère » à qui  l’on peut parler de ses projets. De le revoir cette année  installer carrément son atelier de travail  au sein du collège est une opportunité que certains élèves ne pouvaient rater sous aucun prétexte. Au sortir de la séance d’immersion tenue en septembre dernier à l’espace Jacques Prévert à Aulnay-sous-Bois, une élève lui demandait déjà de l’aider à trouver un stage dans un studio de cinéma. D’autres élèves suivront en lui soumettant toutes sortes d’idées leur traversant l’esprit. Aussi, l’artiste s’est il résolu à leur donner un petit coup de pouce.

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Olivier Babinet entouré d’élèves le jour de l’acte inaugural dans la cour de recréation du collège Claude Debussy ( Crédit photo : Léon Kharomon)

« Avant de commencer  ma résidence, je me suis dit que je vais essayer de faire quelque chose de concret,  aider  les élèves de 3ème à trouver d des stages différents, avec les connexions que je pouvais avoir ». Cela a  pris du temps certes, mais Olivier est content de les avoir aidés à s’immerger dans le monde professionnel ne fut ce qu’une semaine. L’élève qui l’avait  sollicité à Jacques Prévert n’a pas « lâché l’affaire ». Elle avait fait partie de l’équipe avec laquelle Olivier a fait le film l’année dernière. Un stage en « Stop Motion » l’intéressait. « J’étais étonné de voir qu’elle connaissait ce terme, qui désigne l’animation image par image, mais de façon traditionnelle. C’est ce qu’on faisait avant la 3 D » explique Olivier. Et d’ajouter : « J’ai appelé un animateur qui faisait du stop motion, qui m’a recommandé une autre personne qui a un studio en banlieue où l’on fait des trucages et la bande son. La personne a accepté de la prendre en stage et de lui payer son transport pendant une semaine ».  Mais elle a d’abord eu peur du trajet, de Aulnay à Suresnes, dans le sud de Paris.  Finalement, elle a aimé parce que « je pense que ce monde d’animateurs, ressemble à son caractère décontracté mais réservé, où l’on peut passer une heure à déplacer la patte d’une mouche dans un film. Je lui ai conseillé de garder le contact ».  A un autre élève, Olivier avait proposé de regarder la « Quatrième dimension ». A la suite, l’élève a eu envie de comprendre comment réaliser un jeu vidéo. Il fallait donc lui trouver un stage. Une première démarche chez Ubisoft  se soldera sans succès à cause de leurs « clauses de confidentialité ». L’artiste ne se décourage pas pour autant.  Une tentative chez Micro’s sera la bonne. Ainsi, il aura donné à cet élève la chance de faire un stage d’une semaine chez l’une des plus grosses boites de postproduction en France. C’était un régal pour l’ élève de découvrir les trucs et astuces de trucage et de la 3D.

Un autre élève est venu le voir pour faire de la robotique. Et comme il travaille en plein dedans pour le scénario de son film, il était  étonné. « J’ai appelé un ami qui m’a passé les coordonnées d’un roboticien que j’avais rencontré,». Et l’élève a pu faire son stage de robotique à la fac de Jussieu et en est très content selon son prof de Math. Il y a un élève qui est très curieux et qui passe du temps avec lui dans son atelier en dehors des cours. Il voulait voir le fonctionnement d’une émission de télé. « J’ai essayé chez « Ce soir ou jamais » chez Fréderique Tadei, sur France 3, mais la direction de prod. n’en a pas voulu ». Finalement il a pu lui obtenir un stage à Public Senat avec Hélène Rissert pendant une semaine. Il veut être réalisateur. Olivier  lui a expliqué le métier et  sent que l’élève a vraiment envie de travailler la dedans. « Je devais lui ramener un bouquin cette semaine. C’est  la grammaire filmique », un manuel qui explique comment on tourne un film, comment  faire des raccords, etc… j’ai appris les bases avec ce bouquin », nous  révèle t-il.

Léon KHAROMON

 

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