Archives mensuelles : août 2013

Une ambiance de « Bidule » au collège Claude-Debussy

A la demande d’Olivier, les élèves ont pu  imaginer ce que serait la ville d’Aulnay-sous-Bois dans 100 ans, sans l’usine PSA, emblématique d’une France industrielle où, hélas, les hommes sont passés sous le joug des robots. La chronique d’une fermeture annoncée du site de fabrication automobile a inspiré cet artiste qui, avec les élèves de la 3ème du collège Claude Debussy, en a  tiré la trame de 4 courts dramatiques  sur ce ton drôle et ce regard  décalé, mais avec la même causticité de ses « Bidules » diffusés sur Canal Plus en 2000.

« Papa Bob »

10 ans plus tard, appliquée à « Papa Bob », un des trois courts métrages  diffusés lors de  la restitution, la recette reste magique avec, en voix off, André Vims, un grand comédien de théâtre : « Bulletin d’info robotisé du 16 septembre 2112, les robots parlent aux robots. Aujourd’hui, est un grand jour de réjouissance électronique. Nous fêtons les 50 ans de la transformation des usines PSA par Bolt Inc. Corporation. En ce temps-là, les robots étaient des domestiques des humains, et étaient bien souvent maltraités. Des créatures de nos mécaniques nous contrôlaient. Heureusement,  l’un d’entr’eux, Robert Bob Barry, un des ingénieurs du PSA, croyait en nous plus qu’en des humains. Dans ses veines coulaient du sang, mais dans son cœur coulait du mercure. Papa Bob, nous t’aimons bien. Sans toi nous ne serions plus rien. Tu es toujours vivant en chacun de nous. C’est toi qui as fait basculer le monde… C’est grâce à toi que nous avons occupé les emplois dont les humains ne voulaient plus et que nous les avons remplacés. Quel bonheur de vivre dans un monde totalement organisé sans émotion….».

Olivier Babinet

Quatre élèves, Aron, Adama, Illal et Ilies y ont travaillé toute l’année sous la direction de l’artiste. Leur tâche a consisté d’abord à imaginer Aulnay-sous-Bois dans 100 ans et de créer une petite histoire.  La même tâche a été confiée aux 3 autres groupes  qui ont imaginé Aulnay en  « China Town »  en « Zombies sous Bois » ou encore Aulnay devenu  « Le Cerveau du monde ». Ce petit dernier film pourrait se lire aussi comme la chronique d’un scandale annoncé du système d’écoutes « sans frontières » élaboré par une puissante  agence américaine de renseignement. Mais dans le film, ce n’est plus les USA qui « écoutent » tout le monde. C’est  plutôt un puissant  émir arabe qui a racheté Microsoft et toutes les données informatiques pour les installer dans l’usine désaffectée de PSA.

L’air du temps

C’est aussi cette façon particulière de flairer l’air du temps, de l’anticiper au besoin, que l’artiste a voulu partager avec ses apprentis cinéastes. D’abord individuelles, ces histoires ont été mises en commun  et soumises à discussion pour aboutir à 4 synopsis  pour 4 groupes. Chaque groupe devait trouver des photos pour illustrer ses histoires. Les élèves ont mis en scène certaines photos et ont pu  fabriquer des décors et des personnages recourant, quand il le fallait, à des images libres de droit disponibles sur internet.. Ils ont pu également  proposer le générique du film avant de travailler sur le montage son et image. Autant dire qu’en une résidence, la fabrication d’un film n’a plus de secret pour ces adolescents qui ont tissé des liens très étroits avec Olivier Babinet. Autodidacte et fidèle à sa philosophie, l’artiste a préféré mettre tout de suite les élèves  dans la pratique plutôt que dans la théorie. « Le cinéma, il faut le faire pour le comprendre » déclarait-il en début d’année. Comme pour dire que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Dans la même veine, il se propose de réaliser un clip sur la  « sonnerie musicalement détournée » servie en acte inaugural  de sa résidence dans ce collège.

olivier

Même si par moment il s’est senti « perdu en cours de route », Olivier Babinet se dit très satisfait du résultat final obtenu avec les élèves. La résidence In Situ lui a permis de prendre un bain de jouvence. « J’ai l’impression d’avoir rechargé les batteries pour plusieurs projets » affirme t-il. C’était important de capter au maximum leurs idées au vol, d’en faire des liens. Mais aussi de mesurer leurs angoisses, leurs incertitudes et leurs préjugés face à l’inconnu.  Comme pour « China Town », les élèves appréhendaient d’aborder le vendeur  chinois du magasin Paris Store, croyant qu’il était forcément méchant, parce que « trop réservé ». Mais ils ont été surpris par sa gentillesse en l’abordant et en lui demandant de prendre de photos de son magasin. Ils arrivaient toutes les semaines avec leurs clés USB chargées de nouvelles photos et allaient travailler dans l’atelier d’Olivier pour sélectionner les meilleures susceptibles de figurer dans le film. Avec Sarah Logereau, la professeure de français, Olivier les a  encouragés  à regarder quelques films pour trouver l’inspiration de l’écriture. A partir de ce moment, les inquiétudes ont laissé place à l’espoir et la résidence a réellement pris corps. Des ateliers d’écriture ont succédé à des séances de lecture de récits, avant que les élèves ne partent à la recherche des photos. Une démarche totalement pragmatique qui  les a séduits et même suscité des vocations.

Léon KHAROMON

                                    «  In situ, c’est du cousu-main. »

Dominique BOURZEIX est le responsable de la mission la Culture et l’Art au collège. Il nous livre ses impressions sur la résidence In Situ qui s’achève et les perspectives pour 2013-2014. Interview.             

       Nous voici  au terme de l’édition In Situ 2012-2013, quelles sont vos impressions ?

La restitution nous donne l’occasion de prendre la mesure de  la richesse de ce qui s’est passé. La générosité dont ont fait preuve les artistes, les professeurs ; la confiance des élèves…c’est ce qui nous donne envie de recommencer encore. Jusqu’à présent, on a jamais eu l’impression que ça tournait en rond où qu’on touchait aux limites de quelque chose.

L’aventure In situ pouvait paraître au début  de l’année comme une sorte de hors-piste. Avez-vous  eu, à un moment donné, une appréhension particulière  par rapport aux objectifs fixés ?

En fait ça dépend des résidences. On doit être dans une relation de confiance absolue vis-à-vis des artistes et vis-à-vis des collèges. En tous cas, si ce n’est du hors-piste,  je dirais plutôt c’est du cousu-main. Chaque fois il faut vraiment construire un cadre particulier qui va permettre au projet artistique de nos invités de pouvoir s’épanouir et donner sa pleine mesure. On sait par exemple que pour le cinéma, comme le disait Olivier, on ne va pas être  sur  le même que celui d’une création théâtrale ou dans d’autres formes d’arts, comme la photographie par exemple. Pour celle-ci, on a la possibilité dans l’espace d’une année, de partager un processus de création « complet ». Le cinéma, c’est un temps beaucoup plus long. Donc, là, on savait que c’était un temps de poursuite et de développement du scénario d’Olivier. En effet, il n’a pas été au-delà, mais c’était quelque chose qui était déjà identifié. Après surgissent des idées nouvelles. Comme la réalisation d’un clip de la semaine prochaine. Mais aussi ces travaux d’élèves qui n’étaient pas forcément envisagés sous la forme de très courts métrages et se présentent comme une forme intéressante. Parce que ça fait écho à des travaux précédents d’Olivier quand il était réalisateur d’une série qui s’appelle « Le Bidule » sur Canal Plus. Ce travail là , dix années après, tout d’un coups, c’est comme une belle référence à quelque chose qui a eu beaucoup de succès à une époque.

Peut -on dire que les objectifs ont été atteints dans toutes les résidences ?

Les objectifs, quels sont-ils en fait ? Ce n’est pas de respecter à la lettre un cahier des charges, par ailleurs nécessaire à la bonne avancée des projets. C’est d’avoir posé une ambition. On s’est dit que personne ne s’économiserait. Et que chacun irait chercher là où il n’a pas encore été pour essayer de faire de cette année- là une succession de moments singuliers. En cela, chacune des résidences est une réussite, même celles qui ont pu paraître parfois flottantes. Les artistes ont droit à l’hésitation, à ne pas toujours savoir où ils vont. C’est une chose qu’on s’autorise dans In Situ. Sinon, ce n’est pas la peine d’aller inviter des artistes.

Pour l’année prochaine, les choses se mettent-elles déjà en place ?

Oui, tous nos artistes sont choisis et il y a de belles propositions. J’en ai une en tête, comme le groupe Mendelson qui va faire une belle résidence. Nous en sommes à l’étape suivante qui est de prendre contact avec les collèges pour leur proposer de participer au dispositif.

Propos recueillis par Léon KHAROMON

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Du design grand public au collège Jean-Moulin

La classe idéale, c’était un rêve tout  droit sorti de l’imagination de Pierre Brichet et Caroline Ziegler avec les élèves de la section Segpa du collège Jean-Moulin à Montreuil. A ce jour, c’est devenu une réalité. A en juger par la qualité d’une partie du mobilier prototypé et exposé à la restitution de la résidence In Situ. La photo 3D produite avec un réalisme saisissant nous projette dans une vision à la fois futuriste et pratique de la salle de classe.

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Ils ont tenu compte de la faisabilité des pièces en recourant aux matériaux  couramment utilisés  en milieu scolaire pour en faciliter une éventuelle  fabrication en série. Telle cette table d’élève dont toute la structure est en acier laqué. C’est le dessin qui a changé avec quelques détails et accessoires  ajoutés. Les élèves ont demandé d’avoir une tablette pour y ranger des feuilles et autre matériel scolaire. Il y a aussi cette barre sur le dossier de la chaise afin d’y accrocher son cartable, un peu comme au bon vieux temps, mais avec le design en plus. Son plateau est en bois stratifié avec un sous-main en linoléum, un matériau qui  permet d’avoir une surface caoutchouteuse. Ce qui la rend plus agréable quand on écrit à la main et peut faire tapis de souris, puisque la table peut servir de bureau  pour l’ordinateur.

La chaise est également en acier laqué, avec l’assise et le dossier en bois. Du bois massif pour ces pièces uniques, mais qui devrait être remplacé par des contreplaqués beaucoup plus souples et moins coûteux pour une éventuelle fabrication en série. Sur le côté gauche de la salle, un large panneau d’affichage recouvert de tissu surplombe le mur en y apportant gaieté  et convivialité par ses couleurs vives.  Ce panneau mural est en textile acoustique garni d’une mousse qui permet d’absorber le bruit ambiant de la salle de classe. Sa surface en  mousse  permet aussi de faire de l’affichage et de punaiser divers documents. On y trouve aussi des étagères en bois laqué qui permettent d’y déposer des objets. Les élèves ont poussé l’imagination encore plus loin, en demandant à Pierre et Caroline d’y ajouter une horloge. Oui, la bonne vieille horloge de l’époque où le téléphone portable ne faisait pas encore office de montre. C’est drôle que ce soit cette génération amoureuse de gadgets technologiques dernier cri qui ait pensé cet instrument de mesure de temps. Et pour cause : Ils ne peuvent tout simplement pas allumer leurs mobiles en salle de classe. En découvrant cette horloge sur ce panneau, d’aucuns ont cru que c’était juste une fantaisie. Que non. «On a brodé l’horloge  sur du textile. L’ensemble est tendu sur une carcasse en bois très léger. C’est creux à l’arrière et ça fonctionne pour de vrai avec un mécanisme incorporé » nous relate Caroline.

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Fini le bazar

Pour le bureau du prof, non encore prototypé, le plateau et le pied seront  en bois, une tablette en taule laqué permettra de ranger des choses, comme par exemple, un ordinateur. … Une sorte d’habillage à l’avant, également en textile et en mousse apporte un aspect confortable et garantit un espace personnel au prof.

C’est une table haute comme un pupitre qui maintient le prof en station à moitié debout pour plus de souplesse et de mobilité. . La chaise est adaptée en étant un peu plus haute pour bien surveiller en même temps la classe. Les designers ont aussi réduit la taille du bureau du prof, souvent assez imposant alors qu’il ne s’en sert pas énormément.

Il en sera ainsi  pour le meuble de rangement, «on a réduit la taille en concertation avec les profs qui ont reconnu que c’est souvent beaucoup de bazar qui n’a pas été trié » affirme Pierre.  Ils ont réduit  la quantité de rangement possible. « On est un peu sur un format secrétaire avec un gros caisson qui se ferme à clef et dans lequel ils peuvent ranger le matériel. Dedans, il y a des étagères ouvertes  dans lesquelles le prof peut ranger des bouquins, le petit matériel et des outils ».A l’instar d’autres objets, le meuble de rangement sera habillé de tissus sur une structure métallique comme la table.

Touche de douceur

Quant aux lumières, elles n’ont pas été redessinées, mais les designers y ont apporté une touche de douceur et de modernité avec des ajouts très simples en papier blanc, plus agréable à l’œil. « Au-dessus du tableau on vient casser un peu la réverbération du fluo avec des lamelles qui du coup flottent un peu au grès du courant d’air.  Sur le plafonnier on a mis juste une feuille  en dessous qui permet de ne pas avoir la lumière dans les yeux. » explique Caroline. Pierre est content qu’ensemble avec les élèves, ils aient pu mener ce projet à bout. « C’est un challenge qui prouve qu’ensemble avec les élèves  on peut arriver à faire des choses. Le projet est bien fini.» se réjouit-il. A présent se pose la question de la fabrication en série de ce mobilier. Un chiffrage est en cours pour mesurer la faisabilité d’une production, en lien avec le fabricant de mobilier scolaire qui a déjà réalisé les premiers prototypes  aujourd’hui exposés. « Dans tous les cas, ça prouve que le projet a une existence possible ». affirme Pierre.  Aux Designers Days, ce meuble a reçu un superbe accueil, y compris chez des particuliers qui voulaient avoir cette chaise dans leur cuisine.

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Comment va s’appeler cette ligne de mobilier scolaire ? Pierre reconnait qu’avec les élèves, ils n’ont pas trouvé un compromis sur l’appellation. Il aurait pourtant aimé que ça s’appelle « Michto », qui signifie « joli », en roumain, un mot qu’il entendait souvent  les élèves prononcer.  C’est dans cet esprit de collégialité que s’est déroulé la résidence In Situ du Studio Brichet au collège Jean-Moulin. Des difficultés rencontrées ? Pierre préfère plutôt parler de leur propre remise en question par rapport aux élèves : «On imaginait les faire dessiner facilement du mobilier, mais on s’est rendu compte que c’était très compliqué. Du coup, on a réévalué les choses. Et on a mis en forme plutôt leurs envies ».

Léon Kharomon

Ils ont dit

Michel Houy : (Professeur d’habitat).

« Je les ai accompagnés dans la mise en forme du dessin, par rapport à des plans sur papier qu’il faut retranscrire sur du bois, qu’il faut découper, mettre ensemble et coller. Ce qui m’intéresse le plus, c’est montrer le savoir-faire, montrer le geste évident qui au départ ne l’est pas. Pour moi, le premier outil, c’est la main, à laquelle on rajoute plein d’autres outils pour façonner différentes autres matières »

Mme Cassety ( PLP en alimentation , hygiène et service ) 

« Il y a eu une relation affective très forte, ça c’est très positif. Pierre et Caroline ont réussi à être de vrais enseignants, de vrais accompagnateurs, pour partager le projet. Ils n’ont rien imposé. Qu’on ne nous propose plus des heures fixes , avec un nombre d’heures définies où on est obligés de travailler à des rythmes qui ne sont pas adaptés forcément au rythme des élèves. Qu’on soit plus ouverts, comme In Situ, avec cette liberté dans la gestion du temps ».

Léon Kharomon 

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Festival de lignes et de couleurs à Gabriel Péri

Anne-Flore Cabanis nous en a mis plein la vue ! Quel que soit le point de vue d’où l’on regarde, l’exposition de l’artiste avec les élèves au collège Gabriel Péri en impose.

Dès qu’on franchit le seuil de l’établissement, on marche sur le terrain de basket pavé des lignes  multicolores obtenues grâce à un subtil collage de plastiques en couleurs dont elle a le secret. Ces lignes qui s’entrecroisent visuellement sans se mêler réellement, se profilent  dans un flux qui semble se perdre pour, aussitôt, ressurgir dans un faisceau géant en partant du préau jusqu’au toit de l’établissement. Plus de 15 mètres d’architecture «relooké » par un art à la fois visuel et très conceptuel. C’est le bouquet final d’un ensemble de projets lancés un matin d’hiver dans le cadre de la résidence In Situ. L’idée trottait dans sa tête pendant plusieurs mois. Quand elle venait dans cette cour, elle regardait les élèves évoluer dans cet espace, cette architecture et ses volumes qu’elle trouve « très beaux ». Elle a voulu créer un croisement visuel, alors qu’en réalité ce sont des lignes qui ne se croisent pas. Deux lignes parallèles qui partent du préau et qui vont s’accrocher ensuite en se vrillant aux toits de l’école

Anne-Flore

A l’origine, elle avait un autre projet encore plus spectaculaire : Obtenir un dessin avec des hachures, des croix et de petits symboles représentatifs de différentes zones et des différents territoires que chacun apporte dans cette école. Mais dame pluie en a décidé autrement. En tombant deux semaines d’affilée, elle n’a laissé aucune chance à l’esquisse du collage d’aboutir. Qu’à cela ne tienne. L’installation présente n’est pas moins originale qu’elle l’aurait souhaité. Anne-Flore est méticuleuse dans son travail et assume ce côté perfectionniste qui nécessite rigueur et persévérance. A l’instar de ces lignes continues, millimétrées, dessinées sans relâches et qui débouchent sur un tableau harmonieux. Avec les élèves, elle s’était fixé comme objectif entre autres de leur montrer comment, d’une idée, on peut aboutir à une grande installation en les sensibilisant sur les contraintes techniques et esthétiques. Dans la salle de techno-une des quatre choisies pour abriter l’installation-il fallait s’assurer auprès du service technique du collège que le plafond pouvait soutenir le poids de l’installation. Si celle-ci ne gênait pas l’éclairage, le tableau, les dispositifs de sécurité, etc… Dedans, les élastiques multicolores donnent l’impression d’un nouveau faux plafond, tellement c’est dense.

Elastiques sonores

Dans son atelier, on découvre le processus de la création. Des maquettes à l’installation, en passant par le coloriage des élastiques et à la simulation en 3D. Le clou de la visite restera sans doute la découverte des « élastiques qui parlent » au CDI. Ici, le son s’ajoute au plastique. L’esthétique joint subtilement l’utile à l’agréable. Grâce à un procédé de captation,  un logiciel se charge de transformer les vibrations des élastiques en séquences sonores. C’est Nicolas Charbonnier, un plasticien sonore qui a apporté sa touche technique à l’œuvre d’Anne-Flore et des élèves.

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Ces derniers sont surpris et ravis d’entendre leurs voix à travers des poèmes sur le voyage, enregistrés en cours de français. Quand on tire un élastique vers le bas, le logiciel de design sonore modifie le son des élastiques en temps réel. Ainsi peut-on restituer tout l’univers du collège avec les sons de la cour, la sonnerie de l’école, de petites voix de temps en temps qui apparaissent avec des noms de pays figurant dans leurs poèmes. Madame Athéna David, la Chef d’établissement s’est dit ravie d’accueillir cette résidence en remerciant le Conseil général de la Seine-Saint Denis, le 104, la structure culturelle  partenaire du projet ainsi que toutes les équipes pédagogiques, notamment Samira Horri, la professeur d’Arts Plastiques. « Je pense que nos élèves ont beaucoup de chance, même s’ils n’apprécient pas tout à sa juste valeur, l’éducation nationale étant un milieu très fermé »  a-t-elle affirmé.

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Au carrefour de plusieurs disciplines, l’art d’Anne Flore Cabanis a permis aux élèves de comprendre les interactions entre le dessin, les mathématiques, la peinture, la conception en 3D, la musique, la littérature, etc… . « J’espère ouvrir avec eux un nouveau champ de possibles » avait t-elle promis au début de la résidence. Mission accomplie.

Léon Kharomon

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