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Théatre

Symphonie des sons et des couleurs

Après avoir familiarisé les élèves  avec son langage et son expression graphique,  Anne Flore Cabanis a pu amorcer la dernière phase de son projet : l’installation.  L’expérience des mini-maquettes en boites à chaussures aura permis aux élèves d’expérimenter  leurs propres propositions de tensions et de mises en volume des lignes qu’ils ont décorées.  La salle de techno, l’atelier d’Anne Flore, la salle de musique, et la salle d’arts plastiques serviront ainsi de salles d’installation.

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Procédure

Pour ce faire, ils ont relevé les mesures de chaque local et ont cherché la bonne conversion pour en faire un plan à l’échelle de chaque salle. Pour construire  les maquettes sur des grandes feuilles de carton, ils ont multiplié le plan par deux.  Puis, avec une feuille de calque sur le plan, on leur a fait dessiner une proposition de mise en 3D de lignes, en s’imaginant dessiner leurs boites de chaussures vues du dessus. La dernière étape a consisté à la réalisation dans la maquette du dessin réalisé sur calque.  Les propositions des élèves devraient  s’adapter à différentes contraintes, notamment  celle d’utilisation de la salle. Ne pas gêner le bon déroulement des cours dans les salles choisies pour l’installation. Mais aussi tenir compte des contraintes techniques.

A titre d’exemple, ne pas mettre d’accroches sur les vitres de fenêtres, ou encore sur les plafonds dont la paroi n’est pas solide. Tenir compte des dispositifs de sécurité, ne pas gêner les détecteurs de fumée ou les espaces minimum d’évacuation… Bref, savoir adapter son travail à la configuration de la salle. Avant de passer à la réalisation de l’installation, les élèves ont dû mélanger des pigments avec de l’acrylique pour colorier les élastiques.

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Des pistes sonores

Ils vont coller des capteurs de mouvement sur les élastiques. Une fois touchées, ces dernières créent un évènement sonore.  Chaque capteur est donc relié à un élastique qui lui transmet une information. Celle-ci est ensuite transmise par un câble USB à l’ordinateur. A ce niveau,  un logiciel permet de transmettre les variations de paramètres plus au moins forts en actions. C’est Nicolas Charbonier, un plasticien sonore qui va s’occuper de cet aspect technologique. Ce logiciel ne produit pas que du son à partir de variations de paramètres. Il peut produire des mots, des bruits, etc… Les élèves ont écrit un poème en cours de français que le prof de musique  a enregistré.  Anne Flore va se servir de ce son et de ces mots pour  les insérer dans des pistes sonores. Ils vont donc retrouver leurs mots modifiés par les mouvements élastiques. Il est prévu aussi des enregistrements des univers sonores du collège tels que la sonnerie, les bruits de tables, de chaises, et pourquoi pas ceux de la cantine. C’est ce dispositif qui servira d’installation à la fête de l’école le 15 juin.

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Léon Kharomon

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Du baroque à donf au collège Jean-Zay !

La Revue Eclair décode Casanova

« Dylan, est ce que tu te rends compte que tu as tendance à regarder chaque fois par terre ? …. Rajah, toi tu as tendance à aller plus vite que le rythme…. ». Ce matin, devant un groupe de 8 élèves de sa classe de danse, Corine Miret veille à la cadence. Un mauvais tempo, un trajectoire déplacé, un regard qui ne croise pas celui de son partenaire… rien n’échappe à l’œil avisé de cette chorégraphe professionnelle de la Revue Eclair. Dans le cadre du projet In Situ, elle tente de transmettre son goût pour la danse aux élèves. Mais ici, au collège Jean-Zay de Bondy, il s’agit d’apprendre aux élèves bien plus que la danse. Eux, plutôt férus de danses urbaines et contemporaines, les voici transportés au XVIIIè siècle pour danser du baroque. Oui, vous avez bien lu. Il s’agit de la danse baroque que Corine pratique depuis des années.  Dans le cadre de ce projet, il s’agit de bousculer habitudes, sortir des sentiers battus et tester leur capacité à s’ouvrir à d’autres horizons par la danse. « C’est un jeu qui consiste à rentrer dans le code d’un autre temps, d’une autre époque, d’un autre siècle, et pour les élèves de cette école, il s’agit de rentrer dans les codes d’un autre pays aussi. C’est un jeu de décodage des choses. Il s’agit de donner aux élèves ces codes là et de voir ce qu’ils peuvent en faire. Ce sont des danses très compliquées, avoue Corine.

Corine Miret

Chaque pas, chaque mouvement, n’échappe à l’œil avisé de Corine Miret (Crédit Photo : Léon Kharomon)

 

Filles et garçons, du même pied

….Et la répétition reprend sur fond de musique. Le début n’est pas rapide, après il s’accélère…. Une fois de plus, deux élèves regardent par terre, alors qu’ils doivent se regarder pour montrer que l’un danse pour l’autre. « Concentrez- vous, il ne nous reste qu’une semaine pour finir cette phase, leur rappelle Corine. On ne se reverra qu’au mois de mai ». On danse avec son partenaire, fille et garçon. Tous sur le pied droit pour commencer et on y va doucement. Avec la danse baroque ; il y a des codes très précis. Il y a le trajet, le rapport au partenaire, le rapport à la musique,  le rapport à l’espace, le rapport à son propre corps…beaucoup d’éléments complexes qu’il faut travailler en même temps. Les élèves vont établir eux-mêmes des passerelles. Par des choses qui ont un lien avec le 18è siècle, mais pas forcément. La « présentation de soi » dont s’occupe Stéphane Olry, n’est pas en lien avec le 18ème.  Le piano « non pareil » avec son capot démonté et ses cordes directement accessibles aux apprentis musiciens du collège, est une trouvaille originale de Jean-Christophe Marti pour aider ses élèves à jouer de cet instrument sans passer par le solfège.  En fait tout le projet de la Revue Eclair consiste à trouver des codes pour  jouer avec dans la société. Casanova est un personnage qui connaissait particulièrement les codes de la société au 18ème. Dans ce projet, c’est intéressant de voir comment ils font  un va et vient entre les codes du 18ème siècle et les codes actuels. Le projet de cette résidence  se décline finalement en plusieurs pièces d’un puzzle qui touchent à la fois au 18ème siècle et à l’époque actuelle et surtout aux codes qu’on se donne et qu’on se permet de suivre ou de ne pas suivre en connaissance de cause. C’est l’idée du jeu : Trouver les codes d’une société et en jouer. Quand on arrive dans une société dont on ne connait pas les codes, c’est très difficile. C’est la plus grande difficulté. Dans tous les milieux, il y a des codes qu’il faut savoir décoder pour bien s’intégrer.

C’est vrai que les codes ont changé, mais on peut aussi, en décodant les codes d’autres pays et d’autre époque, comprendre les nôtres. Nos codes, «on ne les décode plus , parce qu’on est dedans en permanence ». On s’en rend compte souvent quand on est à l’étranger.

De la Bastille à l’Echangeur

Parfois, il faut aller ailleurs pour mieux comprendre ce que l’on fait ici.  L’autre sert parfois de miroir, mais souvent de révélateur de ce qu’on fait inconsciemment. Dans ce jeu de code et de décodage, la Revue Eclair a accompagné  les élèves à l’opéra Bastille, à la Comédie française et au théâtre de l’Echangeur à Bagnolet. Les élèves se sont aperçus qu’effectivement, selon les endroits visités, les codes sont différents. A  l’Opéra Bastille, on est placé selon les prix de la place, tandis qu’à l’Echangeur, le choix de la place est libre. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de code. «C’est ce jeu de la codification de la société qui peut être amusant, si on le prend comme un jeu », affirme Corine.

A l’Opéra  Bastille, ils sont allés voir les « Noces de Figaro » de Mozart. C’était en octobre. Jean Christophe Marti  avait d’abord expliqué aux élèves les partitions de Mozart, les passages qui lui à cœur, où il  décode la société de l’époque, l’aristocratie et les gens du peuple. Le prof de français, Sanette Mathiot leur avait aussi décodé tout le livret de la partition. Avec Stéphane Olry, ils ont essayé de décoder le public de l’opéra, selon les prix de place, en hauteur, ou près de l’orchestre… Tout ça, les élèves ont pu le ressentir. « On partage nos goûts, nos valeurs avec les élèves. Après, ce qu’ils en feront, j’en sais rien. On partage un plaisir qui nous transforme et les  transforme ».  Ainsi, en s’ajustant, Corine Miret, Stéphane Olry et Jean-Christophe Marti  ont pu surmonter  les difficultés de premières heures de leur résidence ….. Au collège, Corine dit avoir retrouvé un milieu qu’elle n’avait plus fréquenté depuis de longues années. Ce sont aussi des codes qu’il faut savoir  décoder, ajuster,.. « On s’apprivoise en fait ». C’est normal. Ils ont travaillé sur des choses assez tenues,  sans se connaître au début. Pour plus d’efficacité et aller loin dans la finesse, ils ont divisé la classe de référence  en trois groupes : danse, musique, expression de soi.

Au mois de juin, La Revue Eclair ira travailler avec les élèves une semaine à l’Echangeur. Question de travailler hors les murs du collège et de mettre les élèves en condition pour la restitution qu’ils donneront sur place.. « Ce ne sera pas un spectacle avec un début, une fin et une dramaturgie. Ce sera des choses qu’on va travailler, comme des morceaux d’un puzzle, qui ne seront pas forcément liés. » nous prévient Corine. Ce sera au spectateur de faire le lien.

Léon KHAROMON 

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Entretien avec Jean-Christophe Marti

«J’ai cueilli les idées qu’ils ont,  je ne leur ai pas imposé une idée mélodique»

 Q : Pourquoi avoir mis le piano dans cet état là ?

R : C’est un piano, disons «  non-pareil ». C’est comme si j’avais ouvert le capot d’une voiture. Je  n’ai pas démonté le moteur. J’ai ouvert le capot du piano si j’ose dire et on travaille des modes de jeu sur les cordes et les mécanismes, parce que les collégiens n’ont pas des techniques pianistiques classiques qui consistent à jouer  avec les dix doigts, à deux mains, et  faire des phrasés assez complexes. Comme ils n’ont pas cette technique, j’avais réfléchi à une manière de jouer avec eux, de faire du piano, de la musique, mais sans ces techniques. C’est cela l’enjeu d’avoir retiré les parements du piano. C’est juste pour pouvoir accéder à l’intérieur  des cordes et de jouer avec. C’est plus facile qu’avec le clavier finalement.

au piano

Q : Ils s’y prennent sans trop de difficultés ?

R : Non, non, très bien. A ce stade, ils commencent même à faire des morceaux de musique qui se tiennent assez bien. Ces morceaux de musique, c’est soit des idées de danse, de rythme, soit des idées plus harmoniques, d’accords, et surtout des idées de mode de jeu. Par exemple, deux d’entr’eux travaillent avec une règle qu’ils calent entre le marteau et le corps, ça produit des sons tout à fait étonnants. D’autres travaillent en dessous dans les cordes et changent avec leurs doigts les harmoniques  de cordes. L’idée, c’est de faire quatre ou cinq morceaux de musique qui se tiennent et soient agréables à écouter et intéressants pour le mois de juin. On est en train de construire ça. Moi, je note  au fur et à mesure sur une partition ce qu’ils font. Eux ne notent pas, parce qu’ils n’ont pas cette technique d’écriture.

Q : Elle va s’appeler comment, cette partition ?

R : Pour l’instant, elles n’ont pas encore des noms, mais pour moi, je les identifie par rapport aux duo d’élèves qui les jouent. Abou-Hahad,….Rabiatou-Kadidja, etc…ça se développe bien.

Q : En combien de groupe les avez-vous repartis ?

R : 7 personnes, soit trois duos, plus Quintin qui est tout seul et qui peut se mettre avec quelqu’un d’autre. Donc, ça fait quatre groupes, deux duos.

Q : pourquoi avoir monté ce piano sur des briques ?

R : Pour moi et pour eux, parce que moi, je travaille exactement la même matière qu’eux. On a élevé le piano, pour accéder facilement aux cordes. C’est beaucoup plus facile que de rester débout ou d’être obligé de s’agenouiller à moitié. On l’a élevé de 50 cm.

Q : Ont-ils compris le mécanisme du piano ?

R : Oui, ils ont compris. Ce matin on a étudié les fréquences, les hertz. Vous savez que les sonorités se mesurent en fréquence Hertz ou seconde. J’avais mon diapason et je leur ai expliqué que c’était le point de repère qui permet de raccorder un piano et les 440 hertz par seconde qui sont des vibrations…. En fait, j’en profite pour leur expliquer des choses sur l’acoustique et l’instrument.

Q : Là, c’est du pointu…

R : Oui, c’est pointu, mais en même temps quand ils font de la géométrie, quand ils apprennent une langue, c’est aussi pointu.

Q : Arrivent- ils à faire une corrélation avec ces différentes sciences ?

R : Oui, je leur ai expliqué par exemple que le diapason est un phénomène physique qui se répercutait dans l’oreille. Je leur ai parlé un peu de la chaine des osselets du tympan, et du fait qu’on perçoit les vibrations avec notre organisation de l’oreille. C’est assez simple, en fait. Sauf si on veut vraiment rentrer dans des subtilités des calculs harmoniques. Là, ce sont des données de base de l’acoustique que je leur donne à l’occasion du travail qu’on fait.

Q : Au mois de juin,  à l’Echangeur, répétitions générales, ce sera avec un autre piano ?

R : Non, ce sera avec ce même piano qui sera transporté, parce qu’on s’est habitué avec ce piano. En principe, on aura quinze ou vingt minutes de musique. Des morceaux un peu particuliers bien surs. Ce ne sera pas des chansons traditionnelles. Ce sera vraiment leurs idées. J’ai cueilli les idées qu’ils ont. Je ne leur pas imposé une idée mélodique.

Q : Oui, à propos, quelles sont leurs idées de musique ?

R : par exemple, une élève met une feuille, elle travaille sur une échelle pentatonique. On a cinq sons, comme les échelles de musique africaine. Elle travaille sur une variante de ça. J’apprends à une autre élève à l’accompagner dans le grave, etc… C’est de cette manière là que ça finit par former une sorte de mélodie et de danse. Ce sera du 13 au 17 mai et du 17 au 20 juin. Puis la restitution finale aura lieu le jeudi 20 juin au théâtre de l’Echangeur.

 

Propos recueillis par Léon KHAROMON

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Entretien avec Stéphane Olry de la Revue Eclair

«J’apprends aux élèves des règles de survie sur scène»

Q : En quoi consiste le jeu de rôle entre les 3 couples d’élèves auquel j’ai assisté tout à l’heure ?

R : A se présenter soi-même, avec ce qu’on est. Moi, je travaille sur ce qu’ils ont. Pas toujours sur ce qui passe par la tête, mais aussi et surtout par le corps, le mouvement, sur l’émotion. C’est en fait un travail sur l’émotion.

Q : Que vouliez-vous faire ressortir chez élèves en les poussant toujours plus loin ?

R : C’est pour faire sortir l’émotion. Je leur dis des choses, ça les déstabilise. Du coup, il y a une émotion qui sort, et c’est à partir de la qu’on travaille.

Stéphane Olry

Q : peut-on dire qu’avec  l’émotion, on se lâche plus ?

R : C’est l’émotion qui guide ce qu’ils font, l’émotion, c’est ce qui parcourt chacun. C’est ce qui fait que hors du contrôle social on se présente soi-même, sachant que  nos émotions bougent tout le temps et nous traversent de différentes manières, même si il y a des constantes, quand je dis tel élève a de la noblesse, c’est parce qu’elle prend une certaine attitude  de hauteur. Après, à l’intérieur de ça , il y a beaucoup de choses qui se passent, qui changent, selon les spectateurs et selon les partenaires.

Q : C’est vous qui avez choisi les scénarios ?

R : Pas du tout. Moi, je ne prends que les choses qui me sont proposées.

Q : Avec ce jeu des rôles, les élèves arrivent ils à trouver quelques codes de la société ?

R : Ce n’est pas un code de maintien qu’on fait. Moi, je leur apprends à écouter et à prendre en compte un auditoire. C’est-à-dire à observer aussi comment l’émotion circule dans l’auditoire et à sauver leurs vies en public. Très simplement. C’est-à-dire à ne pas être submergé par l’émotion devant un public. Pas forcément dans une visée de maîtrise de soi,  qui consisterait  à masquer les émotions,  mais en fait à  les utiliser pour les montrer, et à dire que c’est un lieu de vulnérabilité, et que ces endroits où l’on est habituellement ridicule, où on est faible, peuvent être des endroits de force. Tout ce qui est de l’ordre du bafouillage, de l’ordre de l’échec, de l’ordre du dandinement, nous on peut l’utiliser. Quand il y en a qui réussissent à tenir trois minutes sur scène en ayant l’air de ne rien faire, ça veut dire qu’ils sont forts. Ils sont malins, ils utilisent leurs faiblesses. La scène est une violence, être en position publique, c’est  pas une position naturelle. Forcément, c’est pas pour rien que les gens commencent à bafouiller, à avoir des sueurs froides. C’est un espace dangereux. C’est comme si quand vous plongez sous l’eau, les règles ne sont pas les mêmes qu’en surface. Sur scène, les règles ne sont pas les mêmes que dans la vie courante. Moi je leur fais travailler sur des règles de scène de théâtre. Même si ça peut être du théâtre de  rue, c’est de  la prise de parole  en public .Ma préoccupation, c’est juste qu’ils soient sensibles à l’émotion qui  les parcoure en ce moment là.  Ils n’utilisent pas les regards de la même manière. Je leur fais beaucoup travailler sur la manière de dégager le regard face au public. L’univers dans lequel on est, les règles de théâtre sont assez simples, mais ce sont des règles de survie sur scène. Autrement on meurt sur scène quand on commence à emmerder le spectateur. Il faut rester en vie pour le téléspectateur.

Q : N’avez-vous pas eu des difficultés par rapport à la différence de regard selon les cultures ?

R : Oui, certains jeunes africains ont un peu du mal avec le regard. Mais, en même temps ils peuvent jouer avec. Ils le savent au moins inconsciemment. Nous, quand on les fait travailler, ça devient conscient. Moi, je ne leur demande pas tout le temps d’être face à face. Je leur demande de donner juste des indices. Anna, la Serbe, va être frontale, directe, drôle. Tandis qu’ Ismael a un  regard qui tourne beaucoup plus. Mais de temps en temps, c’est très fort quand ce regard tombe sur nous. Je lui demande simplement de ne pas s’échapper, de ne pas nous échapper, en regardant trop ailleurs, (au plafond, au murs, etc..) cela risque de lasser le spectateurs qui vont se sentir exclus. Je lui  demande de me donner juste des gages d’intérêt pour le public.  Je ne résonne pas tellement en termes de différences de culture. Ils viennent tellement d’horizons différents que ce ne serait pas possible. Je les prends où ils sont. Ce qui est important, c’est de voir d’où ils viennent, par rapport à ce qu’ils pensent être capables de faire. Et que ça génère chez eux du jeu à proprement parler, de la liberté.

Q : Comment entrevois tu la suite ?

R : La suite, elle est un peu entre nous. Le but, c’est de donner une orientation publique à leur boulot. Les petits sketches qu’on est en train de faire, le piano avec Jean-Christophe, la danse avec Corine….

Q : La représentation pour la fin de l’année prend – elle forme ?

R : Oui, il est important qu’il y ait un certain apparat dans la chose. On va le faire à l’Echangeur. Ils vont travailler pendant une semaine dans un théâtre, avec le silence nécessaire pour ce genre de création. Travailler au collège est un défi pour eux et pour nous. S’ils arrivent à surmonter les difficultés liées par exemple au bruit ici au collège, dans un théâtre, ce devrait être plus facile. Mais en même temps ce plaisir d’un endroit silencieux, où ils vont sentir qu’ils sont pris en considération, vient à la fin. On n’est pas parti pour faire des chefs-d’œuvre. Mais l’enjeu d’être sur scène est important. On est entrain d’écrire des saynètes.  J’ai dans mon groupe six saynètes pour le moment. Si chaque saynète fait trois minutes, ce sera bien. Ça porte sur la présentation de soi.

Propos recueillis par Léon KHAROMON

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Arlette Farge raconte le XVIIIeme siècle au collège Jean Zay de Bondy

Arlette FargeArlette FARGE, historienne spécialisée dans l’étude du XVIIIeme siècle, invitée par la Revue Eclair ce 12 Février au collège Jean Zay de Bondy.

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« La Revue Eclair(e) » Casanova au collège Jean Zay

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novembre 19 2012 · 20:12

In Situ, les artistes dévoilent leurs projets à la Maison des Journalistes

Ils avaient accepté de partager leur savoir-faire avec les collégiens de la Seine Saint-Denis à travers le projet « In Situ ». Certains d’entr’eux piaffaient d’impatience pour vivre cette expérience originale. Quelques uns avaient déjà pris langue avec le corps professoral de collèges où ils vont s’installer tout au long de l’année 2012-2013. Jeudi 27 septembre a été l’occasion pour ces artistes de faire connaissance et d’expliquer brièvement leurs projets respectifs.

La rencontre, conviviale, s’est déroulée dans le XVè parisien, plus précisément à la Maison des Journalistes.Yasmine di Noia et Cathy Losson, les deux chargées de mission qui travaillent d’arrache-pied sur ce projet sous la direction de Dominique Bourzeix, nous avaient envoyé les notes d’intentions des artistes, mais la rencontre à la MDJ a permis aux uns et autres d’apprécier, entre autre, l’humour déjanté de Nicolas Bianco-Levrin, dont les casquettes se déclinent d’illustrateur de bandes dessinées à celle de réalisateur de films d’animation en passant par celle de concepteur de chartes graphiques.

Le 25 septembre, le père de Kroak, ( du nom de sa BD) était en immersion à la médiathèque  Joseph Kessel de Villepinte où il a expliqué à quelques professeurs du collège Les Mousseaux comment va se dérouler sa résidence : « L’idée est de partager les étapes de réflexion avec les jeunes en mettant en scène l’avancement sur les carnets de croquis qui le permettent de fabriquer mes histoires. Il s’agirait de mettre ces jeunes en situation de recherche, soit sur un projet en groupe, soit sur des projets personnels.(…) Tout au long de la résidence, je tiendrai à disposition l’avancement de mes recherches ».lit-on dans sa note d’intention. Ces carnets de croquis, fabriqués et reliés par lui-même, permettent à Nicolas de saisir les instants de son inspiration afin de ne pas en perdre une miette.

A tour de rôle, parfois dans un anglais très « frenchy » destiné aux résidents anglophones de la MDJ, les artistes expliquent leurs projets. Les uns aussi originaux que les autres. A l’instar des Dissonances qui comptent partager leur expérience d’un orchestre « sans chef » avec les collégiens de Joliot-Curie à Pantin, ou encore la Revue éclair, dont les trois membres ont l’intention de construire ensemble avec les collégiens de Jean Zay à Bondy, une œuvre qui sera « le fruit des affinités partagées sur le terrain » tout au long de la résidence.

Pour sa part, Sandrine Roudeix, écrivain et photographe de presse, s’intéresse à la question de l’identité. Elle compte, à travers la photo et l’écriture de l’image, aider les collégiens à percevoir leur identité, à mieux se cerner à travers leur propre regard et celui de leurs entourage, que ce soit à l’école, dans le cercle familial ou ailleurs. Sa démarche se veut à la fois artistique et pédagogique. Elle reste cependant délicate au regard de la complexité avec laquelle se pose la question de l’identité  en Seine-Saint Dénis où plus de 80 nationalités cohabitent au quotidien.

Conscient, à la fois de la richesse et du défi que représente cette diversité, le Département de la Seine-Saint Denis  a lancé en 2007 le projet In Situ qui vise à promouvoir l’éducation artistique et culturelle dans les collèges. Dix artistes prennent leurs quartiers dans autant de collèges en raison, au moins, d’une  journée par semaine durant toute l’année scolaire.

Ensemble avec les collégiens, ils élaborent des projets autour d’une thématique fédératrice qui nécessite, bien évidemment l’implication du corps enseignant. In Situ, à la différence d’autres projets du genre, ne se déroule pas en marge des activités scolaires. Il s’inscrit entièrement dans le calendrier « normal » de l’année scolaire.

Léon AWAZI KHAROMON

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