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« Roséphine», un parfum avant le bouquet final !

Restitution de Donald Fels au collège Honoré de Balzac

Au terme de 6 semaines de présence et de travail, c’est à travers une installation que  l’Américain Donald Fels, premier artiste étranger à participer à l’expérience In Situ, a restitué le 22 mars dernier sa résidence artistique au collège Honoré de Balzac à Neuilly-sur-Marne. C’était aux côtés de Wilfried Genetine, Professeur d’Arts plastiques, et en présence de représentants du Conseil général de Seine-Saint-Denis, du personnel enseignant de l’établissement scolaire et des élèves. L’artiste a tenu sa promesse de faire de la rose la thématique de sa résidence. Aussi donc, les élèves ont-ils pu imaginer « la machine à fabriquer le parfum », des  maquettes de flacons à parfum gravés de motifs  de rose. Ils ont réalisé divers collages en papiers pour  obtenir une carte historique retraçant la grande aventure de la rose à travers les voyages de Joséphine de Beauharnais. Dans le même espace, on pouvait apprécier divers tableaux conceptuels préfigurant la grande exposition que Donald Fels compte présenter à Paris en 2014 autour du même thème de la Rose. Mais la surprise de la soirée, c’est « Roséphine », le parfum fabriqué par les élèves avec l’aide de Camille Leguay, un nez parisien. 4 semaines de travail ont été nécessaires à cette parfumeuse pour expliquer  aux collégiens la physiologie de l’odorat, l’olfaction et les émotions qu’elle peut susciter. Ils ont aussi abordé les principes et les techniques de mémorisation d’une odeur, la présentation de matières brutes végétales et animales nécessaires à la fabrication d’un parfum. Comment extraire par exemple du romarin pour fabriquer une huile essentielle. Ils ont passé au crible quelques molécules odorantes et étudié la composition d’un parfum en faisant la différence entre les notes de tête, de cœur et de fond.

parfum

La restitution a été agrémentée par une chorégraphie présentée par les élèves de la classe de référence sous la direction de leur professeur d’éducation physique et sportive. Des Arts plastiques à l’Eps en passant par la Chimie, la technologie..la résidence de Donald Fels a bénéficié d’un écho favorable au sein du collège Honoré de Balzac. Comme l’ont reconnu l’artiste et le professeur d’Arts Plastiques dans l’interview ci-dessous.

Donald Fels, Artiste :

« La création de ce parfum a suscité quelques vocations chez les élèves »

Donald Fels

: Nous voici arrivés au terme de l’aventure In Situ ici au collège Honoré de Balzac, quelles sont vos impressions ?

Donald Fels : J’ai été très satisfait. Les élèves étaient gentils et généreux ainsi que les professeurs avec lesquels j’ai travaillé.( Wilfried Génetine).

: La dernière fois qu’on s’est vus, il y a deux semaines, tu travaillais avec les élèves sur des maquettes de flacons en argile. Aujourd’hui, le parfum est déjà fabriqué. Comment cela a-t-il été possible en si peu de temps ?

D.F : Tout s’est fait en si peu de temps. Nous nous sommes concentrés avec les élèves pendant un mois sur le parfum, comment le fabriquer et en deux semaines, ils ont pu trouver une formule de parfum et ont pu le fabriquer.

: Envisagez-vous de le produire en grande quantité plus tard ?

D.F : Non, je ne pense pas. Je travaille actuellement avec un professionnel du parfum, un « nez »  ici à  Paris pour mon grand projet de parfum, et il est très enthousiaste pour produire mon parfum. C’est lui qui a produit celui-ci. Le parfum produit avec les élèves leur est réservé ainsi qu’aux invités  à cette réunion de restitution.

Q : Allez-vous emmener quelques échantillons de ce parfum « Roséphine » à vos élèves à  Chicago ?

D.F : Bien sûr, ils seront très contents. Mais pour les collégiens d’ici, cela a été une expérience fascinante que de fabriquer un parfum. Même pour moi, je ne savais rien sur la fabrication d’un parfum. C’est quelque chose sur laquelle, je n’ai pas une grande expérience. C’est pourquoi, c’était très intéressant pour moi. Je suis comme un enfant à qui on a apporté des livres. Et la dame, ( Camille Leguay, Ndlr)  nous a aidés à comprendre la fabrication d’un parfum

Q : Que comptez vous faire à votre retour aux Etats-Unis ?

D.F : J’habite Seatlle, mais je garde espoir que les élèves vont visiter Chicago où ils pourront voir mon exposition à New Chicago. Je pourrais venir les rencontrer. Et ce sera quelque chose de spécial.

: Qu’en est il de cette exposition que les élèves pourront visiter ?

D.F : Elle ne porte pas sur le travail que je viens de réaliser ici. En fait c’est une exposition itinérante que j’ai réalisée en Inde  il y a  plusieurs années. Elle continue à tourner. Nous devons nous déplacer à un endroit nouveau chaque fois qu’on m’invite. Et cette fois-ci, l’exposition aura lieu à Chicago. Et quand les élèves m’ont dit qu’ils pourront effectuer un voyage à Chicago, je leur ai promis de les rencontrer là bas. Et ce serait très intéressant ! J’ai constaté que la création de ce parfum a suscité quelques vocations chez les élèves.

Wilfried Genetine, Professeur d’arts plastiques :

« C’est un vrai travail de réflexion autour de la création artistique »

Q : Quelles sont vos impressions à la fin de cette résidence In situ au collège Honoré de Balzac ?

W.G : Pour nous, ce n’est pas un point final. En fait Donald est venu pendant 6 semaines, un petit peu plus avec des allers-retours pour des voyages entre l’Italie, Paris et Neuilly-sur Marne. Il y a un travail qui a été fait avant sur Donald Fels. Un travail de présentation aussi de l’établissement. Et puis, il y a eu toute la résidence au collège et la restitution aujourd’hui qui va rendre visible cette résidence. C’est un vrai travail de réflexion autour de la création artistique en relation avec un vrai projet  fait avec des élèves. C’est un travail fait en écho. Donald a fait de petits ateliers plusieurs fois par semaine avec des élèves. Il a travaillé sur son projet personnel aussi. Cette restitution montre en fait cette mise en relation. Je trouve formidable l’impact que cette résidence a eu sur l’établissement. Même si  c’était invisible, mais on a pu travailler avec beaucoup de classes sur le projet ou autour du projet. Des machines imaginaires, des flacons de parfum, du motif de la rose avec des élèves qui n’ont jamais rencontré Donald Fels, qui en ont entendu parler ou qui l’ont croisé. Ça a touché une centaine d’élèves en fin de compte directement ou indirectement. Et puis il y a l’après Donald Fels….

Q : Justement, avant de parler de l’après, dites nous d’abord quels sont les objets qui ont été exposés pour  cette restitution ?

W.G : Son travail a pris plusieurs formes. Il y a eu tout un travail pour fabriquer une machine imaginaire pour fabriquer du parfum. Travail très conceptuel, très poétique sous forme de dessin, de volume, ou de réflexion. Il y a eu la création de flacons de parfum en mémoire de Joséphine de Beauharnais. Les élèves ont  crée aussi un parfum. C’est une création issue d’un atelier tenu pendant plusieurs semaines. Ce parfum existe et s’appelle « Roséphine ».C’est un nom trouvé par une élève qui s’appelle Elizabeth Agueye. Elle est en cinquième. Comme elle, beaucoup d’élèves se sont investis là-dedans. Ils ont choisi ensemble le parfum.  Et il y eu aussi de nombreuses visites pendant la résidence. Au total 5. Il y en a encore à venir, à l’Haye-le Rose au printemps. Il y a aussi tout le côté relationnel avec l’artiste. Des professeurs qui travaillent à l’école ont trouvé ce projet très intéressant et très riche d’être à son contact pendant 6 semaines. On a travaillé aussi  avec des élèves pour cette installation pendant cette semaine. Depuis lundi. Parfois sans les élèves. Parce qu’il faut parfois beaucoup de calme pour pouvoir installer sereinement. Du coup, cela a donné deux espaces qui sont interdépendants l’un de l’ autre, tout en écho. Il y a le travail de Donald qui est très visuel et le travail des élèves intégrés dans celui de l’artiste. C’est riche de sens et réussi.

Q : Et au mois de juin, il est prévu une visite à l’Hay-les-Roses….

W.G : Oui, ça continue dans ce sens là. On emmène les élèves travailler sur un projet de voyage à Chicago pour retrouver Donald le 14 octobre. Les choses se précisent pour faire un voyage l’année prochaine avec ces mêmes élèves.

Q : C’est maintenant sûr qu’ils vont partir ?

W.G: Oui. Après, c’est une question de moyens, de budget pour concrétiser cela. Il y a tous les aspects pratiques qu’il va falloir travailler. Il y aura peut être la venue de Donald Fels l’année prochaine dans le cadre du parcours « L’Art et la Culture au collège » avec le Conseil général.. C’est un projet qui va rebondir l’année prochaine sous de multiples formes. L’idée, c’est de travailler dans le temps avec les élèves. Parce que bien souvent les choses se font et s’arrêtent et puis on passe à autre chose. Mais là l’idée, c’est de continuer à travailler. Même les élèves qui n’ont pas travaillé peuvent s’y mettre. Sous forme de plan, de dessins, on peut travailler sur son projet.

Q : ..et les T-Shirts coloriés que je vois là… ?

W.G : c’est un travail fait avec la prof d’éducation physique et sportive. Les élèves ont fait une chorégraphie autour de la rencontre avec l’artiste. La rencontre avec les élèves qui pourraient aller à Chicago. Donc, ils ont travaillé sur des T-Shirts. C’est une façon de remercier Donald Fels. Il y a eu des profs qui se sont impliqués de différentes façons. Pour nous c’est un moment particulier qui devrait annoncer d’autres moments. L’idée étant d’intégrer l’art dans l’établissement. L’année prochaine dans le cadre de l’Art et la Culture au collège, on va travailler avec un artiste irlandais. On part déjà avec cette dynamique de la résidence In Situ. L’idée, c’est de confronter les élèves à des démarches d’artistes différents.

Q : Vous avez beaucoup facilité la compréhension entre l’artiste et les élèves en servant de traducteur..

W.G : Oui, c’est vrai. Mais, je pense qu’au-delà de la traduction, je me sens assez proche de la façon de travailler de Donald Fels. Du coup, ça facilite énormément les choses. C’est vrai qu’on s’est rencontré beaucoup à l’extérieur. Je pense que quel que soit l’artiste, à partir du moment où il ya la volonté, on peut s’adapter  , le collège peut s’adapter aussi. Malgré ce qu’on entend dans les médias. C’est vrai que les collèges ne sont pas de territoires faciles, mais travailler avec un artiste au sein de l’établissement, ça permet d’ouvrir des portes aux élèves. Ça leur ouvre d’autres horizons.

Q : ça peut même susciter des vocations….

WG : :..Alors, ça je ne sais pas. C’est vrai qu’on en parle jamais. Mais, je sais qu’il y a des élèves qui ont envie de travailler les arts, l’architecture…ça permet de réfléchir. Et à partir du moment où il y a cette réflexion, c’est tout bénéfique pour eux, même si ce n’est pas visible…comme tout du reste. Ils découvrent  que l’art en fait, c’est un vrai métier, avec une vraie démarche intellectuelle et pas seulement, par exemple, une peinture abstraite à laquelle on ne comprend rien.

Porfoliot:

fabrique parfumdanse

 

 

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Un parfum made in collège Honoré de Balzac

Avec des navets, de patates douces et de pommes de terres étalés sur un plan de travail, on se croirait dans un atelier d’arts culinaires. Mais un rapide coup d’œil sur les étagères renseigne qu’il n’en est rien. Ici, sont aussi rangées plein d’objets en argile, dont de petites sculptures, toutes évoquant la rose. Bienvenus dans l’atelier que squatte depuis bientôt trois mois l’artiste américain Donald Fels au collège Honoré  de Balzac dans le cadre de sa résidence In Situ. Mais que viennent faire ces végétaux dans un atelier  d’arts plastiques ?  Ils vont servir de matériau pour la fabrication d’un objet d’art, notamment d’un tampon en forme de rose.  De la patate au tampon la transformation n’est pas évidente. Il fallait y penser. Pour y parvenir, l’artiste propose deux méthodes : On découpe la pomme de terre, on en extrait une partie au milieu et on crée la forme d’une rose ou alors on délimite la rose en creusant suffisamment sur la pomme de terre avec ce petit couteau en bois, ensuite, on coupe le tout pour qu’apparaisse le petit bout de rose. Et le tour est joué. L’utilisation de ces matériaux 100% naturels résonne comme un appel de l’artiste aux élèves à respecter la nature. A leur faire prendre conscience de la richesse  insoupçonnée dont regorge dame nature, pour peu qu’on y fasse attention. Le même souci de rester très proche de la nature se remarque aussi à travers l’utilisation de l’argile comme matériau principal dans la conception d’une maquette de flacon pour parfum. C’est le travail demandé aux élèves de la 4ème Segpa.  Accompagnés de leur professeur, les collégiens sont venus poursuivre le travail commencé une semaine plutôt. Mais l’argile, matériau 100% naturel, subit les aléas du climat. Quelques fissures sont apparues sur les objets. Donald Fels explique aux élèves comment restaurer ces maquettes avec délicatesse pour qu’elles ne se cassent pas. Car, il faudrait y ajouter des motifs décoratifs, évoquant une fois de plus… la rose ou la Martinique dont fut originaire Joséphine de Beauharnais.Par son esthétique, l’objet doit raconter une histoire, évoquer un moment et susciter le désir. On vend plus qu’un objet. On vend son histoire. C’est ce qui intéresse l’artiste, plus que l’aspect commercial. Aussi a-t-il proposé au début de sa résidence, une visite guidée au Château de Rueil Malmaison. Là même où vécut Joséphine de Beauharnais, au milieu de roses et de son impressionnante collection d’espèces animales venues du monde entier. Donald Fels voulait que les élèves s’imprègnent de cette histoire. Manque de bol. Ce jour là, la guide leur a plus parlé de Napoléon que de sa compagne. « Je pense que la guide était trop fan de l’empereur », ironise l’artiste.

De l’argile au flacon de rose

Donald Fels

Donald Fels donne quelques consignes aux élèves pour restaurer leurs maquettes en argile.                       ( Crédit Photo : Léon Kharomon)

Peu importe cette sortie un peu ratée, il en faudra plus pour le dissuader de sa passion pour les roses. La veille de notre visite à l’atelier, il a passé 7 heures à Lyon avec des scientifiques de l’INS à parler de cette fleur magique .C’est le fil conducteur de son projet. Wilfried Génetine, le prof d’arts plastiques est d’avis que c’est un « thème fédérateur et empreint de poésie pour des adolescents. ». ça leur permet de laisser libre cours à leur imagination.

 

L’usage des matériaux naturels dans ce projet l’a particulièrement « emballé ». Wilfried travaille depuis deux ans avec le musée Rodin, sur la réalisation de la « porte de l’enfer ».  Il utilise beaucoup l’argile dans ses ateliers d’arts plastiques. Il nous montre une grosse installation à laquelle ont participé les élèves l’année passée. Une façon de dire que le projet de l’artiste américain est bien en relation avec ce qu’ils font au niveau de la pratique au Collège Honoré de Balzac.  « Je pense que lui aussi s’imprègne de ce qu’il voit ici pour enrichir son travail. Par exemple il va partir des dessins des élèves pour dessiner lui-même, pour reprendre les motifs. je continue le travail en classe par exemple sur les machines ou sur autre chose par ce qu’ensuite il va les réutiliser et peut être les réorienter » affirme t-il.  Il y a une partie conception et l’autre d’exécution.

Leonard de Vinci à la rescousse

Dans celle-ci, il y a beaucoup des choses qui interviennent. Fels donne la thématique générale, après chacun prend ce qu’il a envie de prendre, mais toujours dans le cadre du projet. Imaginer un parfum est une chose, concevoir une machine pour le fabriquer en est une autre.

On s’inspire d’un dessin inédit de Léonard de Vinci pour fabriquer la machine à parfum. (Crédit photo : Léon Kharomon)

On s’inspire d’un dessin inédit de Léonard de Vinci pour fabriquer la machine à parfum.                (Crédit photo : Léon Kharomon)

Il y a un aspect scientifique dans le travail de l’artiste. D’où l’étude de cet environnement techno avec quelques machines. ça part de l’imaginaire de ce que les élèves ont en tête. Wilfried  leur montre des dessins de Léonard de Vinci sur des choses qui n’ont jamais été réalisées de son vivant. L’idée étant de leur montrer les mécanismes dont ils peuvent s’inspirer pour la fabrication des parfums. On est parti sur plein de machines, des formes, etc… Il y a une dimension poétique aussi qui lui  plait beaucoup en arts plastiques. « Ce sont des machines à faire rêver ». Le parfum, c’est sensoriel. Il ya des ingrédients pour fabriquer le parfum et les machines vont révéler comment prendre en compte ses ingrédients. On va essayer d’écraser par ex les roses, d’autres machines vont les dissoudre dans des produits. A chaque fois, c’est très différent.La physique et la chimie rentrent dans ce processus de fabrication. Il ya une professionnelle du parfum qui intervient. Elle fait partie d’une association qui s’appelle les « Cinq sens ». Ils font de la distillation le mardi matin. Ils utilisent des machines pour fabriquer des huiles essentielles. L’idée étant de créer un parfum pour Joséphine. On a voulu évoquer la mer, les fruits exotiques. Donc, ils vont fabriquer tout

ça à partir des techniques de distillation en laboratoire. En arts plastiques on conçoit des machines imaginaires, et en sciences physiques, ils vont vraiment utiliser différents matériaux pour fabriquer un parfum. Ce sera du parfum en petite quantité bien sur. Les élèves demandent à Donald Fels si ce parfum sera à vendre. Il n’en sait rien. Ce qui l’intéresse c’est que la résidence ait un impact sur tous les élèves du collège et sur d’autres disciplines aussi. Ce qui est important pour les élèves, c’est de savoir que ce qu’ils vont faire pourrait être regardé par l’artiste aussi ; ça les encourage de savoir que leur projet de machine à fabriquer le parfum pourrait  inspirer l’artiste. Un projet passionnant dont le bilan de la première phase sera restitué par Donald Fels lui-même ce vendredi 22 mars 2013 à 17h30.

Léon KHAROMON

Portfolio

Un élève explique son projet de machine à fabriquer le parfum à ses camarades. ( Crédits photo : Léon Kharomon)

Un élève explique son projet de machine à fabriquer le parfum à ses camarades.Des végétaux et de l’argile. Donald Fels et Wilfried Génetine privilégient l’usage de matériaux  100% naturels dans leurs ateliers. ( Crédits photo : Léon Kharomon)

Des végétaux et de l’argile. Donald Fels et Wilfried Génetine privilégient l’usage de matériaux 100% naturels dans leurs ateliers. ( Crédits photo : Léon Kharomon)

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Donald Fels à Neuilly-sur-Marne, entre les murs du collège Honoré de Balzac.

Donald Fels

Un accueil grandeur nature dans la cour de récréation, tout le collège était présent ce 7 Janvier pour Donald Fels.

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Welcome, M. Fels !

Collège Honoré de Balzac à Neuilly-sur-Marne. 

Donald Fels

M. Fels à devant l’atelier où il va travailler. Crédit photo / Léon Kharomon

Il est arrivé, Mr. Donald Fels! l’artiste américain a foulé le sol du collège Honoré de Balzac ce lundi 7 janvier 2013. Tout droit venu des USA, il a été présenté à tous les élèves et au personnel de l’établissement rassemblés dans la cour de récréation. Ici, ils ont pu voir en « live », cet artiste avec qui ils échangeaient par courriers et  visio-conférences depuis deux mois.  En joignant les deux rives de l’Atlantique, Donald Fels confirme ainsi la dimension internationale prise par le projet In Situ cette année. Son  travail, tout en s’inscrivant dans le prolongement de ce qu’il avait commencé au lycée français de Chicaco, nécessitera une orientation et une adaptation aux réalités locales. C’est pourquoi l’artiste disait « ne rien savoir encore exactement comment il va mener ce projet en France et préfère se concerter d’abord avec les élèves et le professeur en Arts plastiques. On sait néanmoins que sa résidence portera globalement sur l’impact du travail humain sur le paysage et l’environnement. Comme le fit, il y a deux siècles, l’impératrice Joséphine de Beauharnais en créant un jardin de roses avec le concours d’artistes et de botanistes. Alors que son Napoléon de mari guerroyait contre ses voisins européens, Joséphine collectionnait patiemment, au fil des campagnes, les différents types de roses, pour les remmener en France. Le témoignage  vivant de cette passion se trouve encore dans les jardins du Château de la Malmaison en région parisienne.

Les collégiens

Un accueil tout en rose par les collégiens.Crédit photo / Léon Kharomon

L’artiste dit avoir été « fasciné » par cette fabuleuse expérience.  Tout comme il l’est par celle de la création de la  ville de Chicago en 1877.  « Il n’y avait presqu’aucun arbre ici. Les habitants en ont planté des centaines de milliers, patiemment, durant des décennies. Aujourd’hui, Chicago est une ville dans le jardin » affirme t-il, et d’ajouter , « des gratte-ciels en acier et en béton cohabitent harmonieusement avec des milliers d’arbres ». Preuve que le progrès et le développement industriel ne riment pas forcément avec destruction de la nature.

Fels n’est pas seulement en résidence artistique au collège Honore de Balzac. Il y est aussi hébergé. Il ne viendra pas une ou deux fois par semaine. Il y est tous les jours pendant deux mois. Durant son séjour, il est prévu des rencontres avec des parfumeurs pour explorer la senteur de la rose et ses vertus émotionnelles. Quelques collégiens rencontrés sous le  préau étaient particulièrement enthousiastes  à l’idée de créer, avec l’aide de l’artiste, un parfum. Lequel ? Wait and see.  En revanche, on sait que dans le cadre du projet In situ, il est prévu qu’un groupe d’élèves puissent visiter la ville de Chicago l’automne prochain. En attendant, ils lui ont dit « bienvenu M. Fels », avec plein de « roses ».

Léon KHAROMON

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« L’objectif , c’est de porter un regard croisé de deux résidences. »

Interview de Wilfried Genetine, professeur d’Arts plastiques au collège Honoré de Balzac.

Wilfried Genetine : Je suis Wilfried Genetine, professeur en arts plastiques au collège Balzac depuis trois ans. Je m’occupe, entre autres, d’un groupe d’élèves qui font partie de l’option Arts créée l’année dernière. Ces élèves sont directement impliqués dans le projet de résidence avec l’artiste.

Q : Est-ce la première fois que vous recevez un artiste en résidence ?

W.G : De cette façon là, oui. Enfin, on a l’habitude de recevoir des artistes, mais qui vont venir dans le cadre d’un travail spécifique avec une classe, avec un projet… qui vont venir ponctuellement, une fois par semaine par exemple, mais de façon continue pendant 2 mois, c’est la première fois. L’idée, c’était d’avoir un artiste qui vienne faire un travail personnel dans le collège, et que ça puisse créer un évènement aussi, que ça puisse prendre sur tout un établissement. Il y a une sorte de défi.

Q : Que représente pour vous  le fait qu’un artiste soit en résidence permanente ici ?

W.G : La chose la plus importante, c’est de pouvoir travailler en équipe avec plusieurs personnes à tous les niveaux. Et puis  que cet évènement puisse créer une sorte d’élan citoyen-je ne sais pas comment dénommer- que l’école soit aussi un territoire, un laboratoire d’expériences, de recherches artistiques, de travail d’équipe, de vécu… faire et voir autre chose, découvrir  des personnes d’autres cultures aussi. C’est tout cela mélangé qui fait que c’est plus que riche. Moi, j’enseigne les arts plastiques, pour ma discipline, c’est formidable. Là, cette résidence va toucher non seulement les arts plastiques, mais aussi les mathématiques, toutes les disciplines qui sont enseignées.

Q : On va parler des roses. Mais comment cela peut il impliquer les mathématiques ?

W.G : Madame Bellanger qui s’occupe des  mathématiques avec les élèves travaille en anglais, et elle a traduit du vocabulaire en anglais. Mais surtout, ils ont élaboré des maquettes, ils utilisent des outils mathématiques pour faire des calculs. Le projet ne vas pas toucher directement les roses, mais c’est un ensemble de choses. C’est un élément dans le projet qui est beaucoup plus important. Avant l’arrivée de Donald, on a travaillé sur l’arrivée de l’artiste. Comment accueillir l’artiste ? Et puis, en parallèle, il ya l’échange avec les élèves qui sont au lycée de Chicago. Puisqu’il y a un partenariat avec le lycée français. Il était en résidence 6 semaines la bas avant de venir nous voir. Donc, il y a tout un travail d’échange de lettres envoyées par mail, des colis aussi qui ont été expédiés. Donc, la prof. de maths a travaillé sur des maquettes, avec des mesures, avec des plans avec le professeur de technologie qu’ils ont envoyés à Chicago. Donc, il y a un travail transversal qui se fait.

: Donc, le travail de Donald Fels s’inscrit dans la continuité de ce qu’il avait déjà commencé  à Chicaco ?

W.G : Oui, c’est ça. Même si cela n’a rien à voir, il a quand même des liens qui se font par la force de choses. Nous, on va continuer à échanger avec le lycée français de Chicago en envoyant des images, en envoyant des vidéos, des lettres, sous forme de  colis.  L’objectif , c’est de porter un regard croisé sur deux résidences. Celle de Chicago et celle qui est faite en France et qui est très différente. L’artiste est scientifique d’une certaine manière. C’est vrai que ça va être très technique, ce qu’on va faire. On va travailler sur l’œuvre de Joséphine de Beauharnais.  Il y a des spécialistes du parfum qui interviennent au collège. C’est quand même très différent de ce qu’ils ont fait à Chicago. Je crois qu’ils ont travaillé sur les arbres. Mais il y aura quand même un regard croisé.

Q : En fait, c’est un travail qui touche à l’environnement, à la nature…

W.G : oui, sur les échanges… déjà l’artiste est volontaire pour s’inscrire dans ce genre de projet qui est plus qu’intéressant. Et lui-même est intéressé et il est venu, ce qui est formidable. D’après ce qu’il dit, c’est introduire l’art en milieu scolaire. Aux USA, c’est très différent de ce que nous on fait en France. Je crois qu’il vient aussi découvrir notre fonctionnement. Dans les enseignements très différents, dans la façon d’enseigner. Dans le fonctionnement du système français qui n’est pas le même. C’est une curiosité pour son travail d’artiste. Il travaille sur les relations, les réseaux, les flux, les échanges, les cultures… C’est quelqu’un qui a vécu en Asie pendant plusieurs années. C’est quelqu’un intéressé par les cultures différentes de celles qu’il vit au quotidien à Seatle.

Propos recueillis par Léon  KHAROMON

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