Archives mensuelles : janvier 2013

Donald Fels à Neuilly-sur-Marne, entre les murs du collège Honoré de Balzac.

Donald Fels

Un accueil grandeur nature dans la cour de récréation, tout le collège était présent ce 7 Janvier pour Donald Fels.

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Welcome, M. Fels !

Collège Honoré de Balzac à Neuilly-sur-Marne. 

Donald Fels

M. Fels à devant l’atelier où il va travailler. Crédit photo / Léon Kharomon

Il est arrivé, Mr. Donald Fels! l’artiste américain a foulé le sol du collège Honoré de Balzac ce lundi 7 janvier 2013. Tout droit venu des USA, il a été présenté à tous les élèves et au personnel de l’établissement rassemblés dans la cour de récréation. Ici, ils ont pu voir en « live », cet artiste avec qui ils échangeaient par courriers et  visio-conférences depuis deux mois.  En joignant les deux rives de l’Atlantique, Donald Fels confirme ainsi la dimension internationale prise par le projet In Situ cette année. Son  travail, tout en s’inscrivant dans le prolongement de ce qu’il avait commencé au lycée français de Chicaco, nécessitera une orientation et une adaptation aux réalités locales. C’est pourquoi l’artiste disait « ne rien savoir encore exactement comment il va mener ce projet en France et préfère se concerter d’abord avec les élèves et le professeur en Arts plastiques. On sait néanmoins que sa résidence portera globalement sur l’impact du travail humain sur le paysage et l’environnement. Comme le fit, il y a deux siècles, l’impératrice Joséphine de Beauharnais en créant un jardin de roses avec le concours d’artistes et de botanistes. Alors que son Napoléon de mari guerroyait contre ses voisins européens, Joséphine collectionnait patiemment, au fil des campagnes, les différents types de roses, pour les remmener en France. Le témoignage  vivant de cette passion se trouve encore dans les jardins du Château de la Malmaison en région parisienne.

Les collégiens

Un accueil tout en rose par les collégiens.Crédit photo / Léon Kharomon

L’artiste dit avoir été « fasciné » par cette fabuleuse expérience.  Tout comme il l’est par celle de la création de la  ville de Chicago en 1877.  « Il n’y avait presqu’aucun arbre ici. Les habitants en ont planté des centaines de milliers, patiemment, durant des décennies. Aujourd’hui, Chicago est une ville dans le jardin » affirme t-il, et d’ajouter , « des gratte-ciels en acier et en béton cohabitent harmonieusement avec des milliers d’arbres ». Preuve que le progrès et le développement industriel ne riment pas forcément avec destruction de la nature.

Fels n’est pas seulement en résidence artistique au collège Honore de Balzac. Il y est aussi hébergé. Il ne viendra pas une ou deux fois par semaine. Il y est tous les jours pendant deux mois. Durant son séjour, il est prévu des rencontres avec des parfumeurs pour explorer la senteur de la rose et ses vertus émotionnelles. Quelques collégiens rencontrés sous le  préau étaient particulièrement enthousiastes  à l’idée de créer, avec l’aide de l’artiste, un parfum. Lequel ? Wait and see.  En revanche, on sait que dans le cadre du projet In situ, il est prévu qu’un groupe d’élèves puissent visiter la ville de Chicago l’automne prochain. En attendant, ils lui ont dit « bienvenu M. Fels », avec plein de « roses ».

Léon KHAROMON

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« L’objectif , c’est de porter un regard croisé de deux résidences. »

Interview de Wilfried Genetine, professeur d’Arts plastiques au collège Honoré de Balzac.

Wilfried Genetine : Je suis Wilfried Genetine, professeur en arts plastiques au collège Balzac depuis trois ans. Je m’occupe, entre autres, d’un groupe d’élèves qui font partie de l’option Arts créée l’année dernière. Ces élèves sont directement impliqués dans le projet de résidence avec l’artiste.

Q : Est-ce la première fois que vous recevez un artiste en résidence ?

W.G : De cette façon là, oui. Enfin, on a l’habitude de recevoir des artistes, mais qui vont venir dans le cadre d’un travail spécifique avec une classe, avec un projet… qui vont venir ponctuellement, une fois par semaine par exemple, mais de façon continue pendant 2 mois, c’est la première fois. L’idée, c’était d’avoir un artiste qui vienne faire un travail personnel dans le collège, et que ça puisse créer un évènement aussi, que ça puisse prendre sur tout un établissement. Il y a une sorte de défi.

Q : Que représente pour vous  le fait qu’un artiste soit en résidence permanente ici ?

W.G : La chose la plus importante, c’est de pouvoir travailler en équipe avec plusieurs personnes à tous les niveaux. Et puis  que cet évènement puisse créer une sorte d’élan citoyen-je ne sais pas comment dénommer- que l’école soit aussi un territoire, un laboratoire d’expériences, de recherches artistiques, de travail d’équipe, de vécu… faire et voir autre chose, découvrir  des personnes d’autres cultures aussi. C’est tout cela mélangé qui fait que c’est plus que riche. Moi, j’enseigne les arts plastiques, pour ma discipline, c’est formidable. Là, cette résidence va toucher non seulement les arts plastiques, mais aussi les mathématiques, toutes les disciplines qui sont enseignées.

Q : On va parler des roses. Mais comment cela peut il impliquer les mathématiques ?

W.G : Madame Bellanger qui s’occupe des  mathématiques avec les élèves travaille en anglais, et elle a traduit du vocabulaire en anglais. Mais surtout, ils ont élaboré des maquettes, ils utilisent des outils mathématiques pour faire des calculs. Le projet ne vas pas toucher directement les roses, mais c’est un ensemble de choses. C’est un élément dans le projet qui est beaucoup plus important. Avant l’arrivée de Donald, on a travaillé sur l’arrivée de l’artiste. Comment accueillir l’artiste ? Et puis, en parallèle, il ya l’échange avec les élèves qui sont au lycée de Chicago. Puisqu’il y a un partenariat avec le lycée français. Il était en résidence 6 semaines la bas avant de venir nous voir. Donc, il y a tout un travail d’échange de lettres envoyées par mail, des colis aussi qui ont été expédiés. Donc, la prof. de maths a travaillé sur des maquettes, avec des mesures, avec des plans avec le professeur de technologie qu’ils ont envoyés à Chicago. Donc, il y a un travail transversal qui se fait.

: Donc, le travail de Donald Fels s’inscrit dans la continuité de ce qu’il avait déjà commencé  à Chicaco ?

W.G : Oui, c’est ça. Même si cela n’a rien à voir, il a quand même des liens qui se font par la force de choses. Nous, on va continuer à échanger avec le lycée français de Chicago en envoyant des images, en envoyant des vidéos, des lettres, sous forme de  colis.  L’objectif , c’est de porter un regard croisé sur deux résidences. Celle de Chicago et celle qui est faite en France et qui est très différente. L’artiste est scientifique d’une certaine manière. C’est vrai que ça va être très technique, ce qu’on va faire. On va travailler sur l’œuvre de Joséphine de Beauharnais.  Il y a des spécialistes du parfum qui interviennent au collège. C’est quand même très différent de ce qu’ils ont fait à Chicago. Je crois qu’ils ont travaillé sur les arbres. Mais il y aura quand même un regard croisé.

Q : En fait, c’est un travail qui touche à l’environnement, à la nature…

W.G : oui, sur les échanges… déjà l’artiste est volontaire pour s’inscrire dans ce genre de projet qui est plus qu’intéressant. Et lui-même est intéressé et il est venu, ce qui est formidable. D’après ce qu’il dit, c’est introduire l’art en milieu scolaire. Aux USA, c’est très différent de ce que nous on fait en France. Je crois qu’il vient aussi découvrir notre fonctionnement. Dans les enseignements très différents, dans la façon d’enseigner. Dans le fonctionnement du système français qui n’est pas le même. C’est une curiosité pour son travail d’artiste. Il travaille sur les relations, les réseaux, les flux, les échanges, les cultures… C’est quelqu’un qui a vécu en Asie pendant plusieurs années. C’est quelqu’un intéressé par les cultures différentes de celles qu’il vit au quotidien à Seatle.

Propos recueillis par Léon  KHAROMON

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Collège Alfred Sisley: Thierry-Thieu Niang fait parler le corps

« Bien, Isabelle, c’est comme la ponctuation, quand on écrit… C’est bien quand tu aides l’autre à se lever ; Espace, prenez tout l’espace, ne soyez pas timide… Super, Super… Point  contre point,  fais confiance à tes camarades, Mehdi. …Tanya, tu sors, sans bruit ; Mohamed, les deux Mohamed, vous sortez, prenez votre temps, Mehdi, Mélanie…. »… Sur fond d’une musique douce, la voix de Thierry Thieu Niang résonne à ces élèves comme celle d’un ami, presqu’en  intimité. Comme s’il susurrait des mots à l’oreille de chacun. La voix d’un grand frère qui rassure plus qu’il ne dirige. Nous sommes pourtant  dans un lieu public. L’espace 1789, Saint-Ouen, où  l’artiste chorégraphe tient une séance de répétition avec sa classe de référence. Au collège Alfred Sisley à l’Ile Saint-Denis, on dit « classe d’accueil ». Laquelle porte bien son nom, puisqu’elle intègre, tout au long de l’année, des élèves venant des quatre coins du monde. Arrivés en France, tous ont un point commun : des difficultés en français. Un véritable écueil quand on veut poursuivre sa scolarité dans la langue de Molière. Comment Mehdi, l’Algérien et Tanya, la Cap-verdienne, deux élèves, que tout ou presque, à priori, semble opposer, de par leurs origines et leurs cultures, peuvent ils communiquer, partager des émotions ?

Thierry Thieû Niang

L’artiste et les collégiens emportés dans un élan lors de l’acte inaugural. Crédit photo / Léon Kharomon

La danse, langage commun

A défaut d’une langue commune, Thierry Thieu Niang propose un langage commun : la danse. « je trouve que c’était un beau pari d’imaginer que la danse, le corps allait réunir ces enfants qui nous viennent de différentes cultures. J’avais envie de montrer que la danse pouvait créer un lien social, de langage et d’expression ».

Ainsi, le chorégraphe conçoit-il son art. En stimulateur  d’émotions, en catalyseur de mouvements et gestes qui peuvent redonner confiance à chacun de ces  «corps empêchés ». Comme ceux dessinés par Emmanuelle Houdart dans l’album Saltimbanques et auxquels l’écrivain et scénariste Marie Desplechin a imaginé un destin fabuleux malgré leurs handicaps. Au bout de trois semaines de répétitions, ces élèves, souvent confrontés à l’anonymat qu’impose  une ville aussi immense et cosmopolite que Paris, commencent à se redécouvrir, tout en découvrant l’autre, venu de loin, de quelque part, avec son histoire, sa différence,  ses mœurs, mais aussi, parfois, ses blessures….

Dès lors, la danse cesse d’être un  mouvement corporel  anodin. Danser, c’est aussi libérer  le corps d’une emprise, d’un tourment.  C’est surmonter une pesanteur que peut imposer  la société et ses codes. La danse revêt un aspect quasi thérapeutique. Même si l’artiste s’en défend. Tout comme il refuse de se présenter en « professeur de danse » à ces élèves. «  Je leur ai donné confiance dans leurs mouvements. Je leur ai surtout demandé de ne pas danser une danse qui n’était pas la leur et qu’on allait pas apprendre des danses, mais qu’au contraire, on allait inventer des danses à eux, avec eux » ajoute t-il.

Avec ou sans musique

De la parole à l’acte, rendez-vous au collège Alfred Sisley le 13 décembre 2012. Ce jour là, la classe d’accueil, classe de référence s’associe avec les élèves d’Ulis pour une représentation. Toute en simplicité et en complicité. Entre Thierry et ses élèves, ce n’est pas encore l’osmose, mais ça ne devrait pas tarder à venir. Ils prennent les choses en main et dansent. Tantôt en musiques, tantôt sans. Tapi dans l’ombre,  l’artiste, avec sa voix, accompagne les élèves dans leurs mouvements, totalement improvisés.  Le Principal n’en revient pas de voir certains élèves, souvent rétifs à la prise de parole en public, se libérer totalement. D’autres, si  individualistes, se mouvoir dans des figures collectives sorties de l’imaginaire des enfants, se comprenant à « demi-mot »- à demi corps- devrait-on dire. Tous emportés dans un même élan, comme des maillons d’une même chaîne. Une heure de performance  dont on aimerait bien connaître le secret.  Mais, pour Thierry Thieu Niang, il n’y a point de mystère dans la réussite de ce spectacle. Pour lui, réussite rime avec  confiance en soi.  « La discipline » si chère à la vénérable institution qu’est  l’école, seule, ne suffit pas. « L’école , c’est pas que de l’intellectuel, mais c’est aussi une capacité à ressentir les choses physiquement et sensiblement qui peut nous faire apprendre. Du coup, il y a énormément de joie et d’écoute entre garçons et filles, entre différentes cultures. Des gens qui ne parlent pas la même langue. Et on est vraiment dans un bon projet ». estime t-il.

Léon KHAROMON

Portfolio: Lors des répétitions à l’espace 1789 (Saint Ouen) et de l’acte inaugural au collège, la danse renforce les liens entre les élèves. Crédit photo / Léon Kharomon.

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